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Tesla: cette décision d'Elon Musk ne va pas plaire à tout le monde

Le constructeur automobile Tesla ne propose son pack d'assistance que sous forme d'abonnement.
Le constructeur automobile Tesla ne propose son pack d'assistance que sous forme d'abonnement.Image: Shutterstock

Tesla a pris une décision controversée pour la conduite autonome

Dès février, Tesla fait passer son système d'assistance à la conduite «Full Self-Driving» (FSD) à un modèle exclusivement par abonnement. Parallèlement, les clients européens attendent toujours son lancement.
20.01.2026, 16:5520.01.2026, 16:55
Christopher Clausen / t-online
Un article de
t-online

Tesla fait passer son système d’assistance à la conduite Full Self-Driving (FSD) à un modèle par abonnement aux Etats-Unis, tandis que son lancement en Europe demeure incertain.

Le patron du groupe, Elon Musk, a annoncé la semaine dernière sur la plateforme X que le système ne serait plus proposé à l'achat à partir du 14 février et ne serait désormais accessible que moyennant une redevance mensuelle.

Pas autorisé en Suisse

Jusqu'à présent, les clients américains pouvaient choisir entre un paiement unique de 8000 dollars ou un abonnement à 99 dollars par mois. En Suisse, le FSD n'est actuellement pas autorisé, mais il apparaît dans le configurateur au prix de 7300 francs.

Le logiciel est censé assister le conducteur lors des changements de voie, reconnaître les panneaux de signalisation et se repérer en circulation urbaine. Il ne remplace toutefois pas le conducteur, qui doit rester attentif et être en mesure d'intervenir à tout moment.

Un changement sans justification précise

Tesla n'a donné aucun détail sur les raisons de ce changement de modèle. Elon Musk s'est contenté de déclarer:

«Tesla cessera de vendre le FSD après le 14 février. Il ne sera ensuite plus disponible que sous forme d'abonnement mensuel.»

Des spécialistes évoquent une réorientation stratégique: grâce à des revenus récurrents issus des abonnements, Tesla pourrait générer des liquidités supplémentaires dans un contexte de marges en baisse, de concurrence accrue et de recul des ventes.

Le fait que la rémunération d'Elon Musk, pouvant atteindre jusqu'à un billion de dollars, soit en partie liée à la croissance de l'activité FSD pourrait également jouer un rôle. Son méga-plan de rémunération, approuvé par les actionnaires, prévoit notamment d'atteindre dix millions d'abonnements FSD actifs.

L'Europe reste à l'écart

En Europe, le FSD est annoncé depuis des années et a été repoussé à plusieurs reprises. A l'automne 2024, Tesla évoquait encore un lancement au premier trimestre 2025. Par la suite, il n'était plus question que de «quelques mois». Plus récemment, un démarrage éventuel en février 2026 a été avancé, sur la base d'échanges avec l'autorité d'homologation néerlandaise RDW.

A ce stade, rien de plus concret n'a émergé. Certes, des trajets de démonstration avec «FSD Supervised» ont eu lieu à la fin de l'automne 2025 dans plusieurs villes européennes, mais uniquement avec des employés de Tesla au volant et des clients installés sur le siège passager. L'homologation proprement dite se fait toujours attendre. Un porte-parole de la RDW néerlandaise a souligné que Tesla devait d'abord prouver que le FSD respecte l'ensemble des prescriptions en vigueur.

Ce n'est qu'ensuite qu'une demande de dérogation pourra être déposée au niveau de l'Union européenne, et encore faudra-t-il qu'un comité européen l'approuve.

Mécontentement chez les payeurs anticipés

Ce que la transition vers le modèle par abonnement signifie pour les clients Tesla ayant déjà acheté le FSD en Europe reste incertain. Beaucoup d'entre eux ont payé le package il y a plusieurs années, sans avoir jusqu'à présent la possibilité de l'utiliser.

Tesla n'a pas encore précisé s'ils pourront accéder aux fonctionnalités sans frais supplémentaires une fois le FSD lancé, ou s'ils devront également souscrire un abonnement.

Un système sous surveillance

Le FSD ne fait pas l'unanimité non plus aux Etats-Unis. Les autorités enquêtent pour savoir si Tesla a exagéré les capacités du système par le passé. En Californie, une suspension temporaire de la licence de vente pourrait être envisagée.

Elon Musk a lui-même reconnu que les véhicules plus anciens pourraient devoir être adaptés pour rester compatibles avec le FSD. «Ce sera douloureux et difficile, mais nous le ferons», a-t-il déclaré au début de 2025, ajoutant qu'il se réjouissait rétrospectivement que si peu de clients aient acheté le package. Aux Etats-Unis également, seul un très faible pourcentage de clients Tesla opte effectivement pour le FSD, malgré la réduction du prix de 15000 à 8000 dollars.

Le logiciel d'aide à la conduite de Tesla a déjà joué un rôle dans plusieurs accidents graves.
Le logiciel d'aide à la conduite de Tesla a déjà joué un rôle dans plusieurs accidents graves.Image: AP / KTVU

Une voie technologique particulière

Tesla adopte une approche particulière en matière de conduite autonome. Contrairement à de nombreux concurrents, le groupe mise exclusivement sur des caméras et l'intelligence artificielle, sans recourir au radar, au LiDAR (laser) ni aux cartes HD. Tesla qualifie son système de «vision only», s'inspirant du fonctionnement de la perception humaine.

Les réseaux neuronaux sont entraînés à partir de vidéos provenant de la flotte mondiale de véhicules en circulation; plus de six millions de voitures, qui ont parcouru, selon Tesla, plusieurs milliards de kilomètres sur les routes.

Beaucoup de concurrence

Le géant des puces Nvidia a présenté début janvier une intelligence artificielle open source pour la conduite autonome. Un service de robotaxis est prévu, mais la technologie pourrait également être utilisée par des véhicules particuliers. Nvidia entre ainsi en concurrence directe avec Tesla.

Elon Musk tente depuis des années de proposer le FSD à d'autres constructeurs automobiles, qui se montrent jusqu'à présent peu intéressés, car il s'agit d'un logiciel propriétaire de Tesla. L'entreprise conserverait donc le contrôle exclusif du développement du FSD, et tout constructeur qui y recourrait deviendrait dépendant de Tesla.

De grands constructeurs comme Volkswagen ont donc développé leurs propres systèmes d'assistance avancés, capables, par exemple, de détecter automatiquement les feux de circulation et de s'arrêter à un feu rouge.

Des taxis électriques autonomes de Volkswagen circulent déjà dans plusieurs villes européennes et devraient, en coopération avec Uber, être lancés cette année également aux Etats-Unis.

La start-up de voitures électriques Rivian, quant à elle, concurrence Tesla en pratiquant des prix attractifs pour la conduite autonome. Son partenaire Volkswagen souhaite rendre sa prochaine génération de véhicules entièrement autonomes (niveau 4, conduite totalement automatisée). L'entreprise prévoit de proposer la fonction Autopilot moyennant un paiement unique de 2500 dollars ou sous forme d'abonnement à environ 50 dollars par mois.

En Chine, certains constructeurs automobiles tels que BYD proposent déjà des systèmes d'assistance avancés sans frais supplémentaires.

Traduit et adapté par Noëline Flippe

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