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Economie

Trump fait grimper les prix de l'essence et des patates

ABD0068_20260313 - GÄNSERNDORF - ÖSTERREICH: ++ THEMENBILD ++ ZU APA0136 VOM 13.3.2026 - Illustration zu den Themen Tankstelle / Tanken / Zapfhan / Zapfsäule / Sprit / Spritpreis / Benzin / Diesel / E ...
La hausse des prix frappe de plein fouet la Suisse, notamment en ce qui concerne l'essence, le diesel et le mazout.Image: APA/APA

Une flambée des prix frappe la Suisse

Une dangereuse accumulation de crises met l’économie mondiale à l’épreuve. Certains prix connaissent une réelle flambée en Suisse.
07.09.2026, 17:4407.09.2026, 18:30
Niklaus Vontobel

Le monde semble nettement plus volatil et incertain qu’autrefois. C’est ce que constate la Banque des règlements internationaux dans son dernier rapport:

«Les chocs négatifs sont devenus plus fréquents et plus violents – une situation qui devrait perdurer»

De nouveaux chiffres montrent que les récents chocs frappent aussi la Suisse, et plus durement qu’on ne le pensait. Les prix à la consommation repartent à la hausse: en août, ils ont augmenté de 0,8% sur un an, comme l'a annoncé la Confédération. Il s’agit de la plus forte hausse depuis deux ans. Pour la famille moyenne, cette poussée des prix produit le même effet qu'un salaire amputé de près de 1%.

Et cette inflation ressemble à une loterie, mais à laquelle on ne souhaiterait pas gagner. En effet, tous les prix n’augmentent pas de manière comparable, et tous les consommateurs ne sont pas affectés de la même façon. Au contraire, quelques produits seulement ont subi de très fortes hausses: l’essence, le diesel et le mazout.

Une facture nettement plus élevée menace ainsi tous les ménages qui chauffent leur maison au mazout. C’est ce dernier qui a enregistré, et de loin, le plus gros bond de prix, avec une hausse de 53,1%. En revanche, si vous vous chauffez ou cuisinez au gaz, vous êtes épargné pour cette fois. En moyenne, les prix du gaz sont même inférieurs de 3% à ceux d’il y a un an.

Pas de chance non plus pour ceux qui roulent à l’essence ou au diesel. L’essence coûte 15,8% plus cher, le diesel 23,3% plus. Selon les chiffres du TCS, les automobilistes paient aujourd’hui exactement 36 centimes de plus par litre pour leur «sans-plomb 95» qu’au début de l’année. Pour le diesel, la hausse atteint 48 centimes.

En revanche, les propriétaires d’une voiture électrique ont jusqu’ici été épargnés cette année: le prix de l’électricité a encore baissé récemment.

Mais la grande roue de la loterie inflationniste continue de tourner: les mêmes acteurs qui l’ont mise en mouvement en déclenchant des crises veulent continuer à remodeler le monde. Il pourrait donc y avoir de nouveaux perdants, avec des conséquences économiques lourdes.

Guerres et flambée des prix

La tentative de Vladimir Poutine d’étendre son empire russe à l’Ukraine a déclenché une crise énergétique mondiale en 2022, avant que ses effets ne s’atténuent. Cette guerre fait maintenant à nouveau bouger les prix de l’énergie.

Depuis des mois, l’Ukraine bombarde régulièrement les raffineries russes. Les dégâts sont désormais si importants que la Russie doit importer du diesel, alors qu’elle figurait auparavant parmi les principaux exportateurs mondiaux. Selon certains experts, cette situation pourrait avoir davantage contribué à la hausse mondiale du prix du diesel que la guerre en Iran.

Le président américain Donald Trump a de nouveau fait tomber des missiles sur l’Iran. Téhéran, de son côté, a une nouvelle fois attaqué dans la région des pays alliés aux Etats-Unis. Donald Trump a récemment affirmé:

«Je me fiche complètement qu’ils signent un accord»

Mais l’industrie pétrolière ne s'en fiche pas. L’escalade a de nouveau fait grimper le prix du pétrole brut. Parallèlement, le «crack spread» a explosé: il s’agit de la marge réalisée par les raffineries encore en activité. En Europe, elle dépasse désormais 100 dollars par baril, un niveau encore jamais été atteint.

Dans ces conditions, de nouveaux records pourraient être enregistrés dans les stations-service du monde entier. C’est déjà arrivé aux Etats-Unis la semaine dernière. L’association nationale des automobilistes y a annoncé le prix du diesel le plus élevé jamais enregistré.

D’autres ménages sont eux aussi entraînés dans la loterie de l’inflation. Ceux qui se chauffent ou cuisinent au gaz ont jusqu’ici eu de la chance. Les prix n’ont pas connu les flambées spectaculaires de la crise énergétique de 2022. Mais la roue pourrait tourner.

Des réserves de gaz dangereusement basses

L’Union européenne aborde l’hiver avec des réserves de gaz naturel à un niveau plus bas que jamais depuis quinze ans. Les experts mettent donc en garde à l’approche de l’hiver: une pénurie de gaz est certes jugée improbable, mais les prix pourraient augmenter fortement. Cela dépendra beaucoup de la rigueur du froid.

Une hausse des prix se profile également du côté de l’alimentation. Ceci notamment à cause de la guerre en Iran, selon Thomas Dvorak, économiste chez Oxford Economics. Avant la guerre, le détroit d’Ormuz ne servait en effet pas uniquement au transport du pétrole, mais aussi à celui des engrais. D’énormes quantités, représentant une grande partie des exportations mondiales. Désormais, peu de marchandises peuvent passer, ce qui fait fortement grimper le prix des engrais. La conséquence, selon l'économiste: des récoltes moins abondantes.

Mais la chaleur et la sécheresse de cet été pèsent encore davantage, estime Thomas Dvorak. Des récoltes plus faibles sont donc inévitables pour les céréales, les fruits et les légumes – et, par conséquent, des prix plus élevés.

En Suisse, l’agriculture devrait enregistrer des pertes de récoltes historiques. L’association professionnelle Swisspatat a ainsi annoncé cette semaine que la récolte était inférieure de près de 20% à la moyenne enregistrée entre 2020 et 2025, atteignant ainsi un niveau «jamais vu auparavant».

L’Union suisse des paysans réclame des prix plus élevés afin de compenser les dégâts financiers. Les négociations sont en cours et ont abouti à une hausse de 2 centimes par kilo, ce qui, selon l’organisation paysanne, «est loin de suffire».

Des récoltes pauvres

On devrait entendre des constats similaires dans de nombreux autres secteurs. Selon les «estimations approximatives» de l’Union suisse des paysans, environ 5% de la récolte de fruits frais ont été perdus, contre 25% pour les betteraves sucrières et même 30% et 50% pour le maïs ensilage et le maïs grain.

Reste à voir comment ces pertes retentiront dans les rayons des magasins. Pour les pommes de terre, par exemple, l’association professionnelle s’attend à une hausse des prix et à une augmentation des importations. Une consolation toutefois: il n’y a pas de pénurie de pommes de terre en vue.

Dans l’ensemble, il faut s’attendre à un bousculement des prix alimentaires. Pour la zone euro, l’économiste Thomas Dvorak estime que l’inflation alimentaire a certes été relativement modérée ces derniers temps, «mais cela ne durera plus longtemps. Au contraire, elle va fortement accélérer en 2027».

L’économie mondiale s’est montrée étonnamment résistante, selon les économistes de la Banque des règlements internationaux. Malgré toutes les guerres, les droits de douane et les vagues de chaleur. Ils avertissent toutefois:

«Cette résistance est de plus en plus mise à l’épreuve et poussée dans ses derniers retranchements»

Adapté de l'allemand par Tanja Maeder

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