La Suisse n'est plus «championne du monde de l’emploi»: ce qui va changer
Ces derniers temps, les nouvelles en provenance du marché du travail suisse ont été exclusivement mauvaises. Le taux de chômage s’établissait à 3% en décembre 2025, comme l’a indiqué le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). Il est ainsi en légère hausse continue depuis 2023.
Selon la Banque Raiffeisen, le taux de chômage a donc davantage augmenté en Suisse que dans la plupart des autres pays. Il aurait en outre progressé presque aussi fortement que lors de la grande crise financière de 2008.
La situation n’est pas plus réjouissante en comparaison internationale. Pour cela, il faut considérer le taux de chômage calculé par l’Organisation internationale du travail (OIT). Selon cet indicateur, le taux n’est pas de 3% comme celui du Seco, mais de 5%.
La Suisse perd ainsi une place de choix. Longtemps, selon l’Institut KOF de l’EPF Zurich, elle a été la meilleure en comparaison internationale, la «championne du monde de l’emploi». Ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’Allemagne fait mieux. Les Pays-Bas aussi.
Mais les signes d’un retournement se multiplient désormais. Deux indicateurs de l’Institut KOF pointent tous deux vers le fait que le taux de chômage ne devrait bientôt plus augmenter, voire pourrait à nouveau reculer.
Le baromètre conjoncturel est au-dessus de la moyenne
La semaine dernière, le KOF a annoncé que son baromètre conjoncturel se situait en janvier pour le quatrième mois consécutif au-dessus de la valeur moyenne à moyen terme de 100 points. Les évolutions positives ont été observées principalement dans l’industrie manufacturière ainsi que dans les services financiers et d’assurance.
La Banque cantonale de Zurich commente ces résultats ainsi, le baromètre confirme l’image d’une conjoncture en amélioration:
Celle-ci finirait par se répercuter également sur le marché du travail.
Cette semaine, l’Institut KOF a indiqué que son indicateur de l’emploi avait progressé de 1,1 point au premier trimestre 2026 et se situait ainsi à nouveau au-dessus de la moyenne de long terme. La légère reprise de l’indicateur, amorcée avec la valeur du trimestre précédent, s’est donc poursuivie. En résumé, cela signifie selon le KOF:
Après son pic atteint à la mi-2022, l’indicateur a reculé de manière continue pendant environ trois ans et est passé pour la première fois en territoire négatif au troisième trimestre 2025 depuis la pandémie de Covid. Mais avec la hausse actuelle, la reprise se poursuit désormais pour le deuxième trimestre consécutif. L’indicateur a ainsi atteint une valeur de 2,4 points au premier trimestre 2026.
Les secteurs qui créeront de l'emploi en Suisse
L’indicateur repose sur des enquêtes auxquelles participent environ 4500 entreprises. Selon l’Institut KOF, la hausse de l’indicateur s’explique principalement par l’amélioration des attentes. Dans l’ensemble, davantage d’entreprises anticipent une création de postes qu’il n’y en a qui prévoient des suppressions d’emplois. L’indicateur suggère ainsi de meilleures perspectives d’emploi pour le trimestre en cours et le prochain.
Toutefois, les différences entre les branches restent importantes. Dans le commerce, par exemple, les perspectives demeurent moroses, tout comme dans le commerce de détail. Dans l’industrie manufacturière et l’hôtellerie-restauration, l’indicateur s’est quelque peu redressé, mais reste en territoire négatif. Une évolution positive est observée principalement dans le secteur de la construction, où l’indicateur atteint son niveau le plus élevé depuis plus de deux ans.
