Suisse
Economie

La Suisse connaît la pire pénurie de logements depuis 2014

Les ménages modestes paient le prix de la pénurie de logements.
Les ménages modestes paient le prix de la pénurie de logements.Image: montage watson

Logement: «la pire pénurie depuis 2014» frappe la Suisse

Le marché suisse du logement reste sous forte tension. Les locataires, surtout les ménages modestes, affrontent la pire pénurie depuis plus de dix ans.
16.03.2026, 11:4816.03.2026, 12:29

La situation sur le marché suisse du logement reste tendue: «les ménages à la recherche d’un logement à louer affrontent la pire pénurie depuis 2014», constate lundi l'Office fédéral du logement dans un relevé annuel.

S'appuyant sur l'évolution des dernières années, l'OFL doute en outre d'un rééquilibrage de l'offre et de la demande dès l'année en cours.

Les experts fédéraux expliquent:​

«L’amélioration de la situation pour les personnes à la recherche d’un logement dépend essentiellement de la croissance du nombre de ménages. Or celle-ci devrait se situer en 2026 dans une fourchette similaire à celle de l’année précédente.»

Certains locataires en profitent

Le phénomène complique la recherche de logements abordables pour les ménages à revenus faibles ou moyens notamment, aussi bien en milieux urbains que dans les zones de montagne. Sont cités comme critiques les régions de Zurich, Genève, Lucerne, Zoug, Saint-Moritz, Coire ou encore Interlaken Zweisimmen.

Les ménages établis de longue date dans leur foyer en revanche ont bénéficié d'un effet stabilisateur de la baisse des coûts de financement sur les loyers des baux en cours, qui s'est également répercutée sur les coûts d'utilisation.

L'accès à la propriété se complique

Jusqu’à un ratio prix/revenu de 6 pour 1, l’achat d’un logement est généralement considéré comme finançable pour un ménage en Suisse. Au-delà de ce seuil, lorsque le prix d’un bien dépasse six fois le revenu annuel, il devient en principe difficile de réunir les fonds propres nécessaires dans un délai raisonnable et la capacité de financement n’est plus garantie.

«Par exemple, un ménage disposant d’un revenu brut de 120 000 francs ne sera pas en mesure de financer un bien de plus de 720 000 francs»
Office fédéral du logement

Pour les ménages de la classe moyenne inférieure, les prix de l’immobilier ne restent accessibles que dans un nombre limité de régions. Devenir propriétaire suppose alors souvent de longues années d’épargne, beaucoup de persévérance et d’importantes concessions, aussi bien sur l’emplacement que sur les caractéristiques du logement.

La situation est un peu plus favorable pour les ménages de la classe moyenne supérieure. Mais dans l’Arc lémanique ainsi que dans les régions de Zurich et de Bâle-Campagne, eux aussi se heurtent fréquemment aux limites de leur capacité financière.

Est-ce que ça ira mieux?

Au vu de l’évolution observée ces dernières années, rien n’indique que la croissance du parc de logements pourra rattraper la demande en 2026. Une amélioration pour les personnes à la recherche d’un logement dépend surtout de l’évolution du nombre de ménages. Or celui-ci devrait augmenter cette année dans des proportions comparables à celles de l’an dernier. (jah)

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