Il y a une suite pour le facteur viré pour une histoire de colis
L'affaire du facteur licencié après 42 ans de service pour avoir continué à livrer des colis jusqu'aux appartements prend une tournure politique. Deux élus fédéraux demandent désormais des explications au Conseil fédéral sur la gestion du personnel à La Poste Suisse.
Le conseiller aux Etats Pierre-Yves Maillard (PS/VD) et le conseiller national Benoît Gaillard (PS/VD) ont chacun déposé une interpellation après la médiatisation du licenciement de Jean-Daniel Taverney, rapporte le quotidien 24 Heures. L'ancien facteur affirme avoir été sanctionné pour avoir continué à monter les colis dans les étages afin d'éviter les vols, malgré des consignes internes privilégiant le dépôt dans les halls d'immeubles.
Dans son texte, Pierre-Yves Maillard s'interroge notamment sur les moyens utilisés par La Poste pour vérifier que ses employés respectent les consignes. Il demande au gouvernement comment l'entreprise sait qu'un facteur monte dans les étages, quel système de contrôle est utilisé et quel en est le coût. Le sénateur dénonce ce qu'il qualifie de «niveau ubuesque de surveillance».
Le socialiste estime également qu'un employé ne devrait pas être licencié pour avoir privilégié la qualité du service rendu aux clients. Auprès du média payant, il dénonce «la gestion maniaque des ressources humaines»:
Interrogée par nos confrères, La Poste rejette toutefois l'idée d'un suivi des déplacements de ses facteurs. L'entreprise affirme ne disposer d'«aucun système de surveillance» des tournées et précise que seules les opérations de distribution, comme le scan d'un colis ou d'un recommandé, sont enregistrées.
En tant qu'entreprise détenue à 100% par la Confédération, La Poste est placée sous la surveillance du Conseil fédéral. Son président du conseil d'administration, Christian Levrat, a été informé de l'affaire et «suit l'évolution de la situation», selon la porte-parole de l'entreprise. Le licenciement a suscité une vive émotion, notamment du côté du syndicat Syndicom, qui conteste la décision et envisage une procédure devant le Tribunal des prud'hommes. L'affaire dépasse désormais le cadre d'un conflit individuel et relance le débat sur les conditions de travail au sein de La Poste et sur l'équilibre entre exigences de productivité et qualité du service public. (hun)
