Ces entreprises suisses veulent que Trump leur rende leur argent
C’est un revers pour Donald Trump: nombre de ses droits de douane ont été déclarés illégaux par la plus haute juridiction des Etats-Unis.
Le président américain ne semble — malgré cela — pas envisager de revoir sa politique économique, ayant annoncé samedi sa décision, ou plutôt volonté, pour l'heure, d’imposer un droit de douane mondial de 15% quoi qu'il en soit.
Alors que le flou persiste pour l'heure, le verdict de la Cour suprême n'est pour le moins pas passé inaperçu. Des sociétés américaines, mais aussi des groupes internationaux agissant en tant qu’importateurs directs via des filiales aux États-Unis, et ayant dû verser des surtaxes à l’administration, pourraient formuler des revendications afin d’obtenir des remboursements. Parmi elles figurent également plusieurs entreprises suisses.
L'industrie horlogère en pole position
Ainsi, deux noms renommés évoquent d’ores et déjà ouvertement des projets de restitution. C’est le cas du fabricant de montres de luxe Breitling, basé à Granges (Soleure), comme l’a confirmé son directeur général Georges Kern à la NZZ am Sonntag: «Nous allons tenter de récupérer les droits de douane auprès du gouvernement américain.»
L’industrie horlogère suisse a été particulièrement affectée par la guerre commerciale menée par Trump, la production étant majoritairement réalisée en Suisse avant exportations. Les entreprises ont adopté des stratégies différentes pour naviguer dans ce champ de mines de politique économique.
Alors que le patron de Swatch, Nick Hayek, s’est illustré comme l’un des plus fervents partisans d’une ligne de confrontation avec l’administration Trump, le dirigeant de Rolex, Jean-Frédéric Dufour, a tenté d’adoucir le président américain, avec une approche plus conciliante. Dufour était par exemple présent lors de la visite controversée d’entrepreneurs suisses dans le Bureau ovale, et avait remis au président américain une montre de luxe.
Le chocolatier glaronnais Läderach entend lui aussi s’adresser aux autorités américaines. «Si la possibilité se présente de réclamer le remboursement de montants payés en trop, nous le ferons», a déclaré un porte-parole à la NZZ.
Les politiques temporisent
En politique, en revanche, l'on ne souhaite pas prendre de décisions trop hâtives. Malgré le revers judiciaire de Trump dans son propre pays, le Conseil fédéral entend surtout poursuivre les négociations avec le gouvernement américain — déjà amorcées dans le contexte général des droits de douane.
Cette prudence s’explique notamment par l’incertitude persistante. Trump n'a en effet pas l'air de vouloir mettre un terme à sa politique économique agressive, comme l’ont démontré ses premières réactions au jugement. Il a d’abord envisagé, samedi, dans la foulée de la décision de la Cour suprême, d’instaurer un taux de droit de douane mondial de 10%, en s’appuyant sur d’autres bases légales qu'auparavant. Avant de relever rapidement ce taux à 15%.
Selon le président de la Confédération, Guy Parmelin, l’objectif de la Suisse demeure inchangé: conclure un accord juridiquement contraignant garantissant la stabilité «indépendamment des évolutions juridiques et politiques aux Etats-Unis». (con) (adpt. dal)
