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Des propalestiniens forcent l’Unige à annuler une réunion

Des militants propalestiniens forcent l’Unige à annuler une réunion

Sous la pression d’étudiants mobilisés pour Gaza, l’Université de Genève renonce à exposer son bilan et sa stratégie en public.
03.06.2025, 15:5203.06.2025, 15:52
Le projet laur
Keystone

L'Université de Genève (Unige) a annulé, mardi, une rencontre annuelle destinée à ses principaux bailleurs de fonds en raison de la présence, sur les lieux, d'étudiants propalestiniens. Le rectorat a estimé que la réunion ne pouvait se dérouler sereinement.

Les médias avaient aussi été invités à cette présentation qui devait se tenir au Palais Eynard, siège de l'exécutif de la Ville de Genève. L'Unige aurait dû évoquer, lors de cette rencontre, son bilan de l'année écoulée et ses perspectives. L'alma mater devait aussi exposer sa position sur son rôle dans le débat public.

C'est ce dernier objet qui a fait réagir les militants propalestiniens. Ces derniers estiment que l'Unige doit dénoncer tous ses partenariats avec des universités et des instituts de recherche israéliens à cause du comportement «génocidaire» de l'armée de l'Etat hébreu dans la bande de Gaza.

Les militants condamnent également l'attitude de l'Unige et sa politique des deux poids deux mesures face aux crises. Lorsque la Russie a envahi l'Ukraine, l'université a immédiatement coupé les ponts avec les instituts de recherche russes. Rien de semblable ne s'est produit avec Israël, soulignent-ils.

Après une demi-heure de palabres, la réunion de l'Unige a été annulée, le rectorat considérant que les conditions n'étaient pas réunies pour une présentation sereine, a indiqué le porte-parole de l'institution Marco Cattaneo. L'Uni ne voulait pas non plus d'une rencontre exclusivement focalisée sur la question palestinienne.

L'uni dans le débat public

En mai 2024, en réponse à l'occupation d'un de ses bâtiments par des militants propalestiniens qui demandaient la rupture des liens académiques avec des instituts de recherche israéliens, l'Unige avait demandé à un comité scientifique un rapport sur le rôle des universités dans le débat public.

Dans un communiqué publié mardi, le rectorat a indiqué avoir décidé de suivre la conclusion principale de ce rapport concernant la réserve institutionnelle. L'université «ne doit pas être partie prenante des débats qui se déroulent en son sein». Il s'agit d'une «condition essentielle» à la liberté d'expression.

L'Unige a aussi annoncé, mardi, renoncer à la notion de partenariats stratégiques qui ne répond plus «aux besoins des facultés». Cinq des sept partenariats stratégiques de l'institution genevoise sont inactifs ou échus et deux autres, avec l'Université hébraïque de Jérusalem et Yonsei (Corée du Sud) ont été dénoncés récemment.

L'Unige rappelle avoir plus de 400 institutions partenaires dans près de 70 pays. Ces accords, aux yeux du rectorat, «participent à renforcer la qualité de l'enseignement et de la recherche, à favoriser la mobilité académique et permettent à l'université de contribuer à des projets majeurs sur des enjeux mondiaux». (jah/ats)

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