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Plaintes contre la RTS après le commentaire aux JO sur Israël

Des plaintes visent la RTS après un commentaire sur Israël.
Le commentaire RTS sur Israël déclenche une vague de plaintes.Image: montage watson

La RTS visée par des plaintes après le commentaire aux JO sur Israël

Plusieurs réclamations ont été adressées à l'organe de médiation de la SSR Suisse Romande suite aux critiques d'un journaliste de la RTS sur un bobeur israélien et le «génocide» à Gaza. En janvier, l’Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP) a justement tranché sur l'emploi du mot «génocide» dans une émission de la SRF en lien avec Israël.
19.02.2026, 17:1620.02.2026, 13:33

Suite aux propos tenus par le journaliste sportif Stefan Renna, lundi lors de la descente du bob à deux israélien à Cortina à l'occasion des JO, des plaintes ont été adressées à l’organe de médiation de la SSR Suisse romande, a appris watson jeudi. Sa responsable, Raymonde Richter, confirme la réception de réclamations en lien avec cette affaire.

Lundi en direct, le journaliste a porté la critique contre le pilote du bob israélien, Adam Edelman. S’appuyant sur le rapport d’une commission d'enquête de l'ONU, il a qualifié de «génocide» la guerre menée par Israël à Gaza.

Nous reproduisons ses propos:

«Adam Edelman, première participation aux Jeux olympiques, qui s'autodéfinit "sioniste jusqu'à la moelle", je le cite, et qui a posté plusieurs messages sur les réseaux sociaux en faveur du génocide à Gaza.»
«Je vous rappelle que "génocide", c'est le terme employé par la commission d'enquête de l'ONU sur la région. Adam Edelman a notamment dit de l'intervention militaire israélienne qu'elle était, là aussi je cite, "la guerre la plus moralement juste de l'histoire".»

La séquence 👇

Vidéo: twitter

Le commentateur sportif interrogeait notamment la cohérence de la présence d’Adam Edelman aux Jeux en rappelant que le Comité international olympique avait exclu certains athlètes russes ayant exprimé publiquement un soutien à la guerre en Ukraine, tout en sanctionnant par ailleurs les messages politiques sur les sites de compétition.

Excuses demandées à la RTS par Israël

Mercredi, le Comité olympique d'Israël (COI) a demandé dans un communiqué des «excuses claires et publiques de la part de la RTS» et appelé à la suspension du journaliste de la couverture des Jeux olympiques. Le COI a estimé, dans le même communiqué:

«Les remarques faites pendant la diffusion étaient partiales, politiques et incendiaires, et n'avaient pas leur place sur une plateforme olympique.»
Le Comité olympique d'Israël

Que se passe-t-il avec les plaintes en Suisse?

Quant aux réclamations envoyées à l’organe de médiation de la SSR pour les propos du journaliste de la RTS exposés plus haut, celles-ci devant être adressées dans les vingt jours à compter du moment litigieux, elles devront être jugées recevables pour connaître une suite.

Si tel est le cas, dans un premier temps, une tentative de médiation aura lieu au sein de l'organe correspondant pour tenter de mettre les parties d’accord sur une sortie de crise. Si la médiation échoue, les plaintes jugées recevables seront transmises à l’Autorité indépendante d'examen des plaintes en matière de radio-télévision (AIEP), composée essentiellement de juristes.

Régie une loi fédérale, l’AIEP examine des récriminations de citoyens mécontents de contenus d’émissions.

«Génocide»: un précédent tranché par l'AIEP

A ce sujet, l’AIEP a rendu le 29 janvier de cette année une décision concernant l’emploi du terme «génocide» en rapport avec Israël et la guerre à Gaza.

Déposée après la diffusion le 6 août 2025 de l’émission radiophonique Rendez-vous de la SRF (Médecins sans frontières: la bande de Gaza est l'enfer sur terre), une plainte visait l’usage de ce mot, prononcé à cette occasion:

«Pendant plusieurs minutes, rapporte l’AIEP dans un communiqué daté du 2 février, le directeur général du centre d'opérations de Médecins sans frontières Suisse (MSF) a été interviewé et a qualifié à plusieurs reprises l'action d'Israël de génocide.»
«La rédaction de la SRF a ajouté une note sous le podcast de l'émission indiquant qu'elle se distançait de l'affirmation selon laquelle il s'agissait d'un génocide et que cette question n'était pas clarifiée.»

Rejetée à 4 contre 3

Le communiqué rend compte alors de la décision prise par l’AIEP:

«Trois des membres présents ont partagé l'avis de la plaignante, selon lequel cette mention aurait dû être faite au cours de l’émission ou directement à la suite de l’interview. La majorité de l'AIEP est toutefois parvenue à la conclusion qu'une distanciation (réd: avec le terme de génocide) dans l'émission n'était pas obligatoire d'un point de vue juridique. La plainte a été rejetée à une courte majorité, par 4 voix contre 3.»

Lorsque l’AIEP admet une plainte, elle n'ordonne généralement pas directement de rectificatif, mais constate les violations du droit. Le diffuseur doit alors informer l'AIEP des mesures prises pour remédier au manquement, ce qui peut inclure la diffusion d'une rectification. Le traitement d'une plainte peut prendre plusieurs mois.

De son côté la direction de la RTS a désavoué avec modération son journaliste Stefan Renna:

«Une telle information, bien que factuelle, est inappropriée dans le cadre du commentaire sportif en raison sa longueur. Pour cela, nous avons retiré la séquence de notre site»
La direction de la RTS
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