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Genève: cette enquête pointe le racisme aux HUG

Le logo des Hopitaux Universitaires de Geneve (HUG) est photographie avant un point de presse sanitaire au vu de l'aggravation alarmante de la situation de la pandemie COVID-19 a Geneve, ce mercr ...
Les HUG avaient annoncé l'année dernière deux dénonciations pénales dans cette affaire.Image: KEYSTONE

Cette enquête pointe le racisme aux Hôpitaux de Genève

Selon un sondage interne, plus de 120 employés d'une unité des HUG se disent victimes de racisme. L'établissement genevois annonce des mesures.
18.02.2026, 14:3918.02.2026, 14:39

Plus de 120 collaborateurs et collaboratrices du Département de réadaptation et de gériatrie (DRG) des HUG à Genève se disent victimes de racisme. Après un sondage interne dévoilé mercredi, l'établissement veut renforcer le dispositif de signalement et de suivi.

Au total, 487 personnes ont répondu à la consultation menée en fin d'année dernière, soit 29% du personnel du DRG aux Hôpitaux universitaires genevois (HUG). Un quart d'entre elles (26,5%) disent avoir subi du racisme dans le cadre professionnel. Ce taux monte à près de 45% pour les personnes racisées, contre moins de 20% chez les non racisés. L'étude va être élargie cette année à toute l'institution.

«Ces expériences sont bien réelles, elles sont douloureuses», a affirmé à la presse le directeur général Robert Mardini, exprimant les «profonds regrets» des HUG. Elles «ne seront jamais acceptables» et les résultats «nous obligent en tant qu'institution, en tant qu'employeur, en tant qu'acteur de confiance». «Nous ne tolérons aucun acte» raciste ou discriminatoire, insiste le directeur.

Robert Mardini, directeur general des Hopitaux universitaires de Geneve (HUG), s'exprime le master plan du projet "Site de Belle-Idee" a Thonex, lors du point de presse du conseil d&#03 ...
Robert MardiniKeystone

Dans un tiers des cas, les patients sont en cause. Les collègues sont responsables de 31% des situations et la part tombe à 20% pour les supérieurs hiérarchiques. Alors que des violences physiques sont rarement mentionnées, des préjugés, des déclarations ou des attitudes dévalorisantes sont épinglés.

Plus de 40% des répondants affirment en outre avoir été témoins de racisme. En revanche, ils sont deux tiers à considérer que celui-ci n'est pas systémique dans leur environnement de travail.

Les frontaliers très ciblés

Parmi les principales discriminations observées chez les personnes racisées, la couleur de peau devance un peu l'origine ethnique et la nationalité. Chez les non racisés, la nationalité rassemble 61% des cas. Les HUG partent du principe que les frontaliers sont notamment très ciblés.

Un peu plus de 20% du personnel répondant dit également avoir vu des patients victimes de racisme. La prise en charge est affectée, estime l'établissement. Selon lui, les résultats de ce sondage sont cohérents avec ceux obtenus par l'Office fédéral de la statistique (OFS) au niveau national.

Dès les premiers signalements, l'établissement avait annoncé l'année dernière deux dénonciations pénales. Des sanctions disciplinaires ont été prises contre deux personnes, mais les faits n'étaient pas suffisamment avérés pour justifier un licenciement, précise Mardini. Et des ateliers de formation ont été lancés pour 680 collaborateurs.

Une campagne institutionnelle a été menée, de même qu'un accompagnement du personnel. Les mécanismes d'alerte ont été renforcés. Les déclarations en cause peuvent faire l'objet de poursuites administratives ou pénales, ajoutent les HUG. «Il faut aller plus loin», a dit Mardini qui annonce le renforcement de la prévention. Des référents seront nommés cette année dans chaque département.

Une «tendance lourde» observée

Une procédure judiciaire est par ailleurs en cours après un recours de l'ancienne responsable des soins du DRG. Confrontée à des menaces «inacceptables» sur son lieu de travail, de l'aveu même de l'établissement, celle-ci s'est vu proposer un poste équivalant dans un autre département, pour sa protection.

L'institution se distancie toutefois de certaines déclarations publiques ces derniers mois et a proposé une médiation. Une nouvelle responsable des soins a repris, au moins provisoirement, le travail mis en place depuis août, explique-t-elle.

Plus largement, Mardini affirme avoir été étonné comme directeur général que les attaques contre le personnel de santé ne se limitent pas aux zones de conflit où il oeuvrait quand il était au Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Il y a une «tendance lourde» à une augmentation des violences contre les travailleurs de santé, y compris aux HUG, déplore-t-il. (jzs/ats)

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