«Cassez-vous sinon ça va péter»: pourquoi le G7 les fait enrager
La colère risque fort de gronder le 14 juin prochain dans les rues de Genève. En cause? La tenue du G7 à Evian. Le sommet réunit les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, le Canada et le Japon, soit les sept grandes puissances industrielles qui définissent des priorités internationales communes. L'appel à manifester a été lancé par la coalition NoG7, composée d'une cinquantaine d’associations et de groupements politiques.
Depuis quelques semaines, la Fédération des Entreprises Romandes (FER) et trente associations professionnelles s'inquiètent donc des débordements violents que pourraient causer les manifestants. De son côté, Carole-Anne Kast, conseillère d’Etat du canton de Genève en charge de la sécurité citée par la RTS, assure que les autorités anticipent les risques sécuritaires et déclare que «si les menaces sont trop élevées, en dernier recours, le Conseil d’Etat n’exclut pas une interdiction de manifester».
Alors, pourquoi les opposants au G7 sont-ils en colère? Une partie de la réponse se trouve dans les slogans scandés en avant-première lors du cortège genevois pour la Fête du Travail, le 1er mai dernier.
Petit aperçu:
Les dessous de la colère
Vous l'aurez compris: la contestation vise les sept chefs d'Etat, considérés comme «les dirigeants les plus puissants du monde qui mettent en danger les peuples, la planète et favorisent un extractivisme débridé», s'indignait Françoise Nyffeler, membre de la coalition NoG7, dans La Tribune de Genève.
Parmi les critiques formulées sur le site internet des opposants, on retrouve notamment «la crise qui secoue le capitalisme mondial» et engendre «la radicalisation des membres du G7 dans le but de conserver leur hégémonie». Cette «recomposition de l’ordre mondial nourrit directement la prise de pouvoir de l’extrême droite», considèrent-ils.
Les guerres, dont celles à Gaza et en Ukraine, sont également pointées du doigt, ainsi que l'absence de sanctions à l'encontre d'Israël. Et à la coalition d'ajouter:
La répartition inégale des richesses – «1% des plus fortunés détient près de 50% des richesses au détriment des droits fondamentaux d’une grande partie de la population» et de l'environnement – vient conclure la liste des protestations.
Les fantômes de 2003
A l'heure actuelle, la mobilisation s'annonce importante – plusieurs milliers, voire dizaine de milliers de personnes sont attendues. Un rassemblement qui ravive les mauvais souvenirs du G8 d'Evian de 2003. Souvenez-vous: une quarantaine de sites avaient été pillés, incendiés ou cassés pour un montant total de plusieurs millions de francs de dégâts, rappelle Le Temps. Sur le plateau de Léman Bleu, le patron de l’UDC genevois Lionel Dugerdil parlait même de «traumatisme».
De leur côté, les autorités avaient toutefois estimé à l'époque que la manifestation s'était «globalement bien déroulée, malgré de la casse sur le chemin du retour».
Le Conseil fédéral pourrait intervenir
Face à ces craintes, Françoise Nyffeler se veut rassurante. Même si elle prévient que les organisateurs «se retireront complètement de tout échange avec le canton et la police en cas d'interdiction de manifester», elle insiste sur le fait que «pour que le moment soit fort, il faut qu'il y ait du monde». Le rassemblement se doit donc d'être «pacifiste». Et de poursuivre:
Néanmoins, s'il devait y avoir des menaces sur l'ordre public, le Conseil fédéral pourrait augmenter le dispositif sécuritaire aux frontières en fermant des passages, notamment. Une question sur laquelle il pourrait d'ailleurs se prononcer ce mercredi 6 mai.
