«Le choix d'un site comme Evian pour le G7 ne doit rien au hasard»
Et si ça comptait pour beaucoup dans l’histoire? L’imposant massif du Chablais au sud, le Léman dans toute sa largeur au nord, le verrou de Saint-Gingolph à l’est, la montagne du Salève à l’ouest: Evian-les-Bains est le lieu idéal pour organiser un G7. Le choix de la station thermale pour abriter un sommet de cet acabit, outre que cette dernière dispose d'un parc hôtelier d’importance, semble en effet des plus indiqués en termes sécuritaires.
Autant de barrières naturelles facilitent les contrôles aux points d’entrée. Les contestataires qui entendent dire leur fait aux puissances occidentales réunies du 15 au 17 juin en Haute-Savoie ne pourront en aucun cas approcher d’elles. Mais pas loin, il y a la Suisse…
Genève ne dit pas merci au président Macron pour avoir remis le couvert du G7 à Evian, sachant que la précédente édition à cet endroit, en 2003, un G8 avec la Russie, avait provoqué une casse mémorable dans les Rues Basses de la cité de Calvin. Des autonomes et autres black-blocs alors émergents avaient détruit des vitrines par dizaines.
Evian la «planquée»
La donne apparaît encore plus critique aujourd’hui. Non seulement la colère de la gauche radicale à l’encontre des Etats-Unis n’a jamais semblé aussi forte que depuis que Donald Trump en est le dirigeant, mais en plus, sur un plan pratique, la France n’a jusqu’ici pas autorisé l’organisation sur son sol d’un village alternatif qui pourrait délester Genève d’une partie de la pression exercée par les opposants au sommet. En 2003, les autorités françaises avaient accepté l’installation d’un tel campement sur l’aérodrome d’Annemasse, à la frontière genevoise.
Comment ne pas penser que la France se déleste aujourd’hui sur la Suisse, sur le canton de Genève en l’occurrence, des risques de troubles majeurs liés à son G7? Les deux derniers qu’elle a accueillis, en 2011 à Deauville et 2019 à Biarritz, l’étaient dans des lieux là aussi à l’écart des grands centres d’agitation. Pas de chance pour Genève et la Suisse: Evian la «planquée» se trouve tout près.
A flanc de falaise
En juin 2024 lors du sommet sur la paix en Ukraine, la Confédération, pays hôte, avait aussi choisi son «Evian »: le Bürgenstock, dans le canton de Nidwald. Mais on était en pleine Suisse centrale, loin de toute frontière avec un pays étranger.
L’expert en sécurité Alexandre Vautravers, rédacteur en chef de la Revue militaire suisse, l'affirme:
Pour quelles raisons?
L'expert militaire d'ajouter: «Le lieu bénéficiait d’une protection naturelle qui doit en principe faciliter la gestion sécuritaire de l’événement.»
La Suisse pourrait-elle fermer Genève-Cointrin?
Cet avantage géographique peut avoir ses inconvénients, nuance Alexandre Vautravers: «Un endroit confiné par des éléments naturels peut être plus difficile d’accès en cas de mauvais temps. La pose des hélicoptères est rendue plus difficile. L’éloignement d'un aéroport international ou d’installations sanitaires peut être un désavantage.»
La question de l’aéroport ne se pose pas avec Evian. Celui de Genève-Cointrin, qui s'étend en partie sur le territoire français, est tout proche. Le transfert des délégations du G7 jusqu’à la station thermale se feront, là encore, sous haute sécurité, si ces dernières atterrissent bien sur le tarmac genevois. A ce propos, Alexandre Vautravers rappelle la règlementation:
