Parmelin a écrit à Macron pour lui dire «tout le mal qu'il pense» du G7
Le G7 se profile à Evian-les-Bains du 15 au 17 juin, et à Genève, le souvenir des débordements du G8 de 2003 reste vif. Cette fois, le Conseil d'Etat genevois a autorisé une manifestation anti-G7 sur la rive droite le 14 juin, mobilisant un important dispositif sécuritaire. Les commerçants, eux, craignent le pire et sont invités à protéger leurs vitrines à leurs frais, rapporte la Tribune de Genève.
Le contexte est sensible: contrairement à 2003, où un village alternatif avait été installé à Annemasse, les autorités françaises se montrent réticentes à accueillir un espace de contestation sur leur sol. Une situation qui nourrit des tensions organisationnelles entre Paris et Berne.
Une lettre qui met de l'huile sur le feu
C'est dans cette atmosphère tendue que le président de la Confédération, Guy Parmelin, a écrit personnellement à Emmanuel Macron début mai, relate la RTS. Berne n'a pas souhaité rendre publique cette missive, son département indiquant n'être «pas en mesure de commenter».
Le courrier, lui, a en revanche fuité en France, finissant entre les pattes du Canard enchaîné. Parmelin y aurait dit «tout le mal qu'il pense» de l'organisation du sommet, soulevant notamment les coûts de sécurité, les risques de débordements et la demande suisse d'un espace de contestation côté français. Cette missive aurait «fortement agacé» l'Elysée, selon l’hebdomadaire satirique.
Des tensions croissantes
Les tensions entre les deux pays durent depuis plusieurs mois, les autorités françaises semblant ignorer les demandes helvétiques avec des arguments jugés condescendants, selon des informations du Temps. Paris prétend d'ailleurs «en toute mauvaise foi» que le risque de grabuge à Genève serait dû non au G7, mais à la votation fédérale du 14 juin sur l'initiative UDC «Pas de Suisse à dix millions», souligne Le Canard enchaîné.
Le président français, Emmanuel Macron, aurait de surcroît décalé le sommet d'un jour pour l'anniversaire de Donald Trump. Le Canard enchaîné conclut ainsi non sans ironie:
(ysc)
