Suisse
Incendie

Immobilier: la sécurité incendie serre la vis pour les PPE

Après le drame de Crans-Montana, les ordres donnés aux particuliers en matière de règles anti-incendie sont des plus stricts. Exemple dans une commune du canton de Neuchâtel.
Image: watson

Crans-Montana oblige les Romands à faire de l'ordre dans leur immeuble

Après le drame de Crans-Montana, les ordres donnés aux particuliers en matière de règles anti-incendie sont des plus stricts. Exemple dans une commune du canton de Neuchâtel.
23.04.2026, 05:3023.04.2026, 10:36

Les habitants d’un immeuble d’une localité neuchâteloise ont jusqu’au 10 mai pour débarrasser paliers, couloirs et cages d’escalier d’éléments qu’ils ont pu y entreposer: meubles, plantes et autres décorations. De même doivent-ils retirer du garage commun à voitures, en l’occurrence fermé, des objets analogues à ceux précités, en particulier en bois ou en carton.

Peuvent demeurer à cet endroit un jeu de pneus, des skis, bâtons de ski, luges, coffres de toit, échelles ou objets transportables similaires, pour peu qu’ils soient entreposés dans un contenant empêchant ou limitant les risques d’incendie.

Ces directives sont émises par la commune en question, située dans le bas du canton. Comme toutes ses homologues suisses, elle est responsable de l’application des lois et règlements relatifs à la prévention contre les incendies. Les ordres transmis font suite à un contrôle effectué courant février par la police du feu, quelques semaines après le drame de Crans-Montana. Il s’agit dans le cas présent de faire en sorte que les voies d’évacuation ne soient pas obstruées et que les parties communes ne comportent pas de matériaux inflammables dépourvus de protection.

Jointe par watson, la commune neuchâteloise ayant ordonné ces corrections assure qu’elles ne sont pas liées à la tragédie de Crans-Montana. «Elles entrent dans le cadre des contrôles périodiques anti-incendie», affirme la cheffe de la sécurité de cette localité. Pourtant, jusqu'ici, les occupants de l'immeuble concerné, vieux de plusieurs dizaines d'années, n'avaient jamais reçu ce type d'instructions.

Le rôle de Crans-Montana

A l’échelon du canton, c’est l’Etablissement cantonal d’assurance et de prévention (ECAP) qui constitue la référence technique en matière de protection incendie. Son chef du secteur Prévention, Olivier Schuppisser, rappelle à watson que les communes neuchâteloises, comme celles de toute la Suisse en principe, n’ont pas attendu le drame valaisan pour effectuer les contrôles «incendie» prévus par la loi. Il rappelle également que la prévention contre les incendies incombe aux communes dans le canton de Neuchâtel. Mais le responsable reconnaît:

«Il est clair qu’un événement comme celui de Crans-Montana suscite une vigilance accrue, pas seulement en Suisse, d’ailleurs. Cela avait été le cas pour les tunnels après l’incendie survenu dans celui du Mont-Blanc en 1999 (le bilan avait été de 39 morts).»
Olivier Schuppisser, responsable de la prévention «incendie» à l'ECAP

Par ailleurs, «à la suite du tragique incendie de Crans-Montana, le Conseil d’Etat neuchâtelois a accru la périodicité des contrôles pour les établissements publics», relate Olivier Schuppisser.

«Effectués avant cela tous les cinq à dix ans, les contrôles le seront à présent tous les deux à quatre ans, selon l’exposition aux dangers de ces établissements»
Olivier Schuppisser, responsable de la prévention «incendie» à l'ECAP

S’agissant des autres établissements, la périodicité des contrôles de sécurité en lien avec la prévention incendie ne change pas. Elle reste de cinq à dix ans. «Le canton n’a pas donné d’instructions aux communes après Crans-Montana, mais il y a eu des échanges entre les échelons cantonal et local», rapporte le responsable neuchâtelois de la prévention contre les incendies.

«Chaque commune est souveraine, certaines sont plus à jour que d’autres»
Olivier Schuppisser, responsable de la prévention «incendie» à l'ECAP

Olivier Schuppisser reprend:

«Il est certain, et c’est bien normal, que les responsables communaux se sont spontanément posé la question des normes et prescriptions incendie après un drame comme celui qui s’est produit en Valais.»
Olivier Schuppisser, responsable de la prévention «incendie» à l'ECAP

Les contrôles anti-incendie sont cruciaux non seulement pour la sécurité des personnes, mais aussi en termes de coûts et de responsabilités devant la loi et les assurances. watson a demandé Comparis, spécialisée dans la comparaison d'assurances, de déterminer les risques et conséquences liés à l’entreposage d’objets dans les parties communes d’un bâtiment en cas d’incendie. Harry Büsser, expert en finance et en immobilier, répond:

«En cas de sinistre, les biens endommagés relèvent d’abord de l’assurance de leur propriétaire, mais si une personne a aggravé le risque ou le dommage par un comportement fautif, elle peut être tenue responsable. Les règles ne sont pas nouvelles en Suisse, mais elles sont aujourd’hui rappelées avec davantage d’insistance.»
Harry Büsser, expert en finance et en immobilier chez Comparis

Peut-on parler d’un effet Crans-Montana?

«Oui, on constate un net renforcement de la communication et de la sensibilisation. Certaines assurances cantonales de bâtiments ont rappelé explicitement les règles applicables après ce drame. En revanche, à ma connaissance, il n’existe pas de nouvelle règle spéciale uniforme à l’échelle suisse qui aurait été créée spécifiquement depuis Crans-Montana pour les habitants d’immeubles. Ce qui change surtout, c’est que des règles déjà existantes sont davantage rappelées et que les contrôles font l’objet d’une attention accrue.»
Harry Büsser, expert en finance et en immobilier chez Comparis
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