«Où est la justice?» Une victime du Constellation déballe
Mélanie Van de Velde passait la soirée du Nouvel An au Constellation, à Crans-Montana. Une nuit qui a bouleversé sa vie à jamais. La jeune femme de 32 ans fait partie des 115 blessés graves qui ont échappé de justesse à la mort. Sur Facebook, elle a publié une lettre ouverte, dans laquelle elle raconte son histoire bouleversante.
«Je suis Mélanie, je suis cette fille dont on parle parfois sans jamais dire le nom», écrit-elle dans une publication mise en ligne dimanche soir. Elle poursuit: «
Elle conclut ce premier passage par ces mots: «Depuis ce jour, je ne vis plus, je survis.»
«Le visage que je voyais dans le miroir n’existe plus»
Elle décrit ensuite à quel point cette survie est difficile: «Mon corps est devenu un champ de bataille. Chaque pansement, tous les deux jours, est une épreuve. La douleur ne disparaît jamais vraiment. Elle s’installe. Elle use. Elle envahit tout.»
Au-delà des souffrances physiques, la jeune femme évoque aussi les séquelles psychiques laissées par la tragédie. L’un des défis les plus lourds à porter est de ne presque plus se reconnaître elle-même: «Mon visage ne sera plus jamais le même. Celui que je reconnaissais dans le miroir n’existe plus. Celui que ma fille connaissait non plus.» Pour cette jeune mère, il s’agit d’une perte intime et silencieuse, difficilement exprimable.
Mélanie Van de Velde a d’abord été soignée dans un hôpital à Zurich, avant d’être transférée à Nantes, en France. Ce déplacement rend sa convalescence encore plus éprouvante:
Mélanie Van de Velde vit à Angers, en France, à plus d’une heure de route de Nantes.
«J’écris parce que le silence est une seconde brûlure»
Dans son texte, Mélanie laisse également transparaître des critiques explicites. Elle écrit notamment: «Pendant que je subis des interventions lourdes, pendant que je réapprends à habiter un corps profondément abîmé, d’autres continuent de vivre normalement. Libres. Sans brûlures. Sans cicatrices. Sans nuits hantées.» Elle affirme également que son corps ne sera plus jamais comme avant et que sa peau gardera à jamais la mémoire de cette nuit.
Dans les commentaires, nombreux sont ceux qui estiment qu’elle vise, par ces mots, les exploitants du bar «Le Constellation». La victime semble appeler de ses vœux une prise de responsabilité:
Malgré sa détresse palpable, la jeune femme précise qu’elle n’a pas écrit ce texte par esprit de vengeance: «J’écris parce que le silence est une deuxième brûlure. Parce que l’oubli est insupportable quand on vit avec des cicatrices permanentes. Parce que survivre ne devrait jamais signifier se taire.» Elle espère aussi que son message permettra enfin d’entendre la voix de celles et ceux qui ont payé le prix le plus lourd dans cette tragédie. A la fin de sa publication, Mélanie a mentionné son avocate, avec laquelle elle a rédigé le texte.
«Tu es une battante»
En peu de temps, la publication Facebook a déjà touché plus de 7000 personnes et a été partagée à 1000 reprises. Dans les commentaires, Mélanie reçoit de nombreux messages de soutien: «Tu es une battante, Mélanie», écrit un internaute. Un autre ajoute:
(sav/hun)
