«On se retrouve les mains vides»: Ces Suisses sont privés d'AVS
Depuis le 1er février 2026, une soixantaine de ressortissants suisses vivant en Russie ou en Biélorussie ne reçoivent plus leur rente AVS, rapporte Infosperber. En effet, les sanctions de l'Union européenne contre ces deux pays ont conduit les banques à bloquer les transferts, même lorsque ceux-ci sont autorisés par le droit suisse.
La Centrale de compensation (CdC), chargée d'acheminer les rentes aux quelque 170 bénéficiaires établis dans ces pays, a informé les concernés début 2026 qu'elle se voyait contrainte de suspendre les paiements. Postfinance, son intermédiaire financier pour ces virements, a cessé tout transfert vers la Russie et la Biélorussie à partir de fin janvier.
Un blocage sans réel fondement
La CdC l'affirme sans ambiguïté: ces versements ne sont soumis à aucune sanction en Suisse et sont légalement admissibles. Mais les banques tiennent également compte de dispositions juridiques étrangères (notamment américaines) pour des raisons stratégiques et de gestion des risques. Cette «interprétation parfois extensive des sanctions» aboutit à bloquer des paiements que le droit helvétique autorise pourtant, relate Infosperber.
Sur les 170 bénéficiaires, une centaine possède encore un compte en Suisse ou dans un pays non sanctionné et continue de recevoir sa rente. Les quelque 60 restants, qui ne disposent que d'un compte dans leur pays de résidence, se retrouvent ainsi privés de tout versement.
Traverser le continent pour retirer son argent
Hans Rudolf Knecht, 76 ans, installé en Biélorussie depuis une dizaine d'années, illustre l'illogisme de la situation. Postfinance lui avait déjà fermé son compte à l'automne 2023, estimant que son profil ne correspondait pas à «l'orientation de la stratégie d'entreprise». Une autre banque suisse lui a finalement ouvert un compte à grands frais, mais les virements vers la Biélorussie restent impossibles. Pour accéder à ses fonds, il doit désormais prendre l'avion jusqu'en Suisse, via la Lituanie ou la Turquie.
La CdC recommande aux personnes concernées d'ouvrir un compte en Suisse si elles le peuvent. En cas extrême, des bons de paiement peuvent être émis, mais doivent être «retirés en personne à Genève avec dix jours de préavis». Ayant cotisé toute sa vie, Hans Rudolf Knecht s'agace de la situation et résume:
(ysc)
