Suisse
Vaud

Valérie Dittli refuse de démissionner malgré la pression

La Conseillere d'Etat vaudoise Valerie Dittli, pose dans les couloirs de son Departement le mercredi 13 mai 2026 a Lausanne. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)
La conseillère d'Etat vaudoise Valérie Dittli réfute le reproche qu'elle ne démissionne pas pour toucher la rente à vie de 39 000 francs par anKeystone

Valérie Dittli refuse de démissionner malgré la pression

Visée par une instruction pénale pour abus d’autorité et fragilisée par plusieurs rapports critiques, la conseillère d’Etat vaudoise Valérie Dittli affirme qu’elle n’entend pas quitter ses fonctions avant la fin de la législature.
17.05.2026, 07:5117.05.2026, 07:51

La conseillère d'Etat vaudoise Valérie Dittli, épinglée dans plusieurs rapports et visée par une instruction pénale pour abus d'autorité, redit dimanche qu'elle n'entend pas démissionner. Elle assure qu'elle ne reste pas à son poste pour toucher une rente à vie.

«J'aimerais finir cette législature en remettant au centre les vrais enjeux, ceux qui intéressent la population», déclare dans un entretien diffusé par Le Matin Dimanche Dittli, soulignant qu'elle a «un bilan, aussi bien pour l'agriculture, le numérique ou la durabilité».

Elle réfute le reproche qu'elle ne démissionne pas pour toucher la rente à vie de 39 000 francs par an, si elle était à nouveau candidate l'an prochain sans être élue. «Si les circonstances faisaient que j'y ai droit, je renoncerais de toute façon à cette rente».

«J'ai 33 ans. J'ai une bonne formation. J'ai encore l'essentiel de ma vie professionnelle devant moi», ajoute-t-elle.

«L'idée que je me maintienne dans ma fonction pour toucher une rente ne correspond ni à mes convictions ni aux valeurs libérales du Centre»
Dittli

Ministre sous pression

La conseillère d'Etat vaudoise est plus que jamais sous pression depuis la publication en avril du rapport de l'ancien juge cantonal Jean-François Meylan. Selon celui-ci, la ministre a bel et bien conclu un accord confidentiel avec l'ancien président de la commission foncière rurale pour qu'une plainte pénale à son encontre – pour calomnie et abus d'autorité – soit retirée, sans en avertir le Conseil d'Etat.

La convention prévoyait aussi l'octroi de 10 000 francs d'argent public au plaignant. Epinglée pour avoir menti et caché des informations, elle n'a ainsi plus toute la confiance du gouvernement, qui souligne même qu'elle sera difficile à rétablir.

Concernant les frais d'avocats à la charge de l'Etat, Dittli relève dans Le Matin Dimanche qu'elle est visée non pas en tant que citoyenne, mais comme cheffe de département dans l'exercice de ses fonctions. «Il est donc logique que l'Etat prenne en charge les frais du litige».

Selon la présidente du Conseil d'Etat Christelle Luisier, le montant assumé par le canton s'élève à 79 956,85 francs. Ce montant comprend les frais du litige avec l'ancien président de la commission foncière rurale et ceux de la procédure pour abus d'autorité.

Résolution du Grand Conseil

Dittli dit vouloir «simplement gouverner, faire [son] travail avec un leadership responsable et oser poser des questions dans une structure habituée à fonctionner autrement». «Mon rôle n'est pas simplement de préserver des habitudes, mais aussi de demander des clarifications lorsque cela s'avère nécessaire», ajoute-t-elle.

Le Grand Conseil vaudois a voté une résolution en avril appelant formellement la conseillère d'Etat âgée de 33 ans à démissionner. Même si le texte est avant tout symbolique, il voulait être «un message fort» pour que la ministre prenne cette décision par elle-même. (tib/ats)

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