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Washington: l'ambassadeur suisse Ralf Heckner a vécu l'attaque

Ralf Heckner, ambassadeur de Suisse au Etats-Unis
Ralf Heckner, ambassadeur de Suisse aux Etats-Unis.Image: EDA

«Nous nous sommes cachés sous les tables»: ce Suisse était au gala

L'ambassadeur suisse Ralf Heckner a été témoin direct de l'attaque lors du gala de la presse samedi soir à Washington. Dans un entretien, il revient pour nous sur cette soirée agitée.
27.04.2026, 07:0827.04.2026, 08:39
Renzo Ruf

Ralf Heckner représente la Suisse aux États-Unis depuis septembre 2024. Originaire de Davos, il a auparavant été ambassadeur au Kenya et en Inde.

Le diplomate revient pour nous sur les événements survenus samedi soir à Washington et explique comment il a su garder son sang-froid lorsque Donald Trump a dû être évacué.

Monsieur l’ambassadeur, vous étiez samedi au gala à Washington, où des coups de feu ont été tirés. Comment allez-vous?
Ralf Heckner: «Je suis soulagé que nous soyons tous indemnes après l’attaque. Et heureux que le président Trump et son épouse, les membres du gouvernement ainsi que tous les autres invités n’aient rien subi.»

C’était la deuxième fois que vous participiez à ce gala. Pouvez-vous nous décrire le déroulement de la soirée?
«La salle de réception était pleine, l’ambiance était bonne. Le président Trump se trouvait déjà dans la pièce. Les gens attendaient la soirée avec impatience. Puis j’ai entendu un bruit sourd, sans pouvoir en identifier l’origine. Ensuite, quelque chose est tombé au sol et, partout dans la salle, les agents de sécurité se sont levés d’un bond, ont couru sur les tables et ont d’abord évacué le président, le vice-président et les membres du gouvernement.»

«Tout s’est déroulé à une vitesse folle»

Ce que vous avez entendu, c’était l’assaillant, maîtrisé par le Secret Service un étage plus haut. Vous étiez à ce moment-là dans la salle de réception. Où étiez-vous assis précisément?
«Très près de la tribune, à environ dix mètres du président Trump.»

Qu’avez-vous pensé à ce moment-là? Avez-vous imaginé qu’un assaillant se trouvait dans la salle?
«Je suis resté calme. J’ai déjà été ambassadeur au Kenya et j’ai pris l’habitude, lors d’événements réunissant beaucoup de monde, de toujours repérer les sorties de secours. J’étais bien placé, juste à côté d’une porte importante, celle-là même par laquelle le président a été évacué. Je connaissais donc mon itinéraire de fuite. Nous nous sommes ensuite cachés sous les tables et j’ai demandé à un agent de sécurité s’il savait ce qu'il se passait. Il m’a répondu que oui. Je lui ai alors demandé s’il pensait que nous étions désormais en sécurité. Il m’a également répondu par l’affirmative. J’ai compris à ce moment-là qu’il fallait simplement attendre.»

La situation s’est ensuite détendue, puisque le suspect avait déjà été maîtrisé. À quel moment avez-vous eu le sentiment que le danger était écarté?
«J’ai eu l’impression que la situation avait été très rapidement maîtrisée. Mais beaucoup de personnes étaient très inquiètes. Il y avait aussi de nombreux journalistes dans la salle, qui couvraient les événements en direct.»

Après le gala, une «after-party» s’est tenue dans la résidence de l’ambassadeur de Suisse, organisée par le magazine Time. Pouvez-vous nous décrire l’ambiance ?
«Washington est une ville de dîners de gala et de fêtes. Les organisateurs des quatre grandes soirées prévues après l’événement se sont concertés après son interruption et ont décidé soit de toutes les maintenir, soit de toutes les annuler. Ensemble, nous avons choisi de poursuivre. Nous avons alors renforcé les mesures de sécurité, en coordination avec les autorités fédérales compétentes. J’ai eu le sentiment que de nombreuses personnes venues à la résidence tard dans la soirée ont apprécié la fête.»

«Mais ce n’était pas une célébration particulièrement animée»

Avez-vous pu vous détendre depuis?
«Chacun réagit différemment en situation de crise. J’ai moi-même été gestionnaire de crise et je suis habitué à ce que des événements imprévus puissent survenir. Dans ces situations, je reste très calme — et cela s’est révélé utile samedi, car beaucoup de personnes autour de moi étaient nerveuses.»

Une dernière question: Donald Trump a adopté un ton plutôt conciliant dans sa déclaration samedi, condamnant clairement la violence politique. Un tel message vous paraît-il positif, au vu des profondes divisions dans le pays?
«C’était le bon message que le président Trump a envoyé. Et il était également important qu’il se présente devant les médias immédiatement après l’attaque.»

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