Une admission provisoire en Suisse pour ces personnes évacuées de Gaza
L’automne dernier, sous la conduite du ministre de la Justice Beat Jans (PS), la Suisse a organisé l’évacuation de 20 enfants grièvement blessés depuis la bande de Gaza. A ceux-ci se sont ajoutés 78 membres de leurs familles – dont 42 enfants – accompagnant les jeunes patients.
Les frais de vol, à hauteur de 600 000 francs, ont été pris en charge par le Département fédéral des affaires étrangères, tandis que les dépenses médicales sont couvertes par les dix cantons d’accueil, dans la mesure où les hôpitaux ou les assurances maladie ne les assument pas. Cette opération humanitaire avait suscité des réactions mitigées dans le monde politique.
Un retour n'est pas exigible
Les 98 personnes originaires de la bande de Gaza ont déposé une demande d’asile et Beat Jans part du principe qu’elles resteront en Suisse pendant une période prolongée. En raison de la situation catastrophique à Gaza, un retour n’est actuellement pas exigible, avait-il déclaré en décembre devant le Conseil national. Une trêve fragile règne actuellement dans la bande de Gaza.
Dans sa réponse à une interpellation du conseiller national Mike Egger (UDC/SG), le Conseil fédéral a présenté un premier bilan des demandes d’asile des réfugiés de Gaza. Trente-sept personnes ont obtenu une admission provisoire. Cela signifie que si la situation dans la bande de Gaza se stabilise, ces personnes devront rentrer. Pour 61 autres personnes, la procédure d’asile est encore en cours.
Certains sont apatrides
Cinq requérants sont apatrides et ont donc droit à une autorisation de séjour. Il s’agit d’un titre de séjour ordinaire qui offre plusieurs avantages par rapport à l’admission provisoire, notamment des prestations sociales plus élevées, mais surtout une meilleure protection contre l’expulsion. L’autorisation de séjour facilite également l’accès au marché du travail.
Les Palestiniens qui déposent une demande d’asile ne sont pas automatiquement considérés comme apatrides. De nombreux requérants possèdent par exemple la nationalité syrienne ou israélienne. Il est toutefois possible que d’autres apatrides figurent parmi les 61 personnes dont la demande n’a pas encore été traitée.
Une amputation évitée au Tessin
La Confédération ne tient pas de bilan de santé au sujet des enfants blessés et de leurs proches. Les Hôpitaux universitaires de Genève ont cependant indiqué qu’au début du mois de mai, seize enfants et adolescents venus de Gaza étaient encore suivis en ambulatoire. Au micro de la RSI, la tante de la petite Jena, âgée de huit ans, a déclaré:
Après un traitement à l’Ospedale San Giovanni Bellinzona, Jena peut désormais à nouveau marcher. Elle a pris du poids et a même appris un peu d’italien. (btr/az)
