Tchernobyl: le Tessin moins radioactif qu'il y a 40 ans
Le canton italophone ne présente plus de concentrations aussi importantes qu'avant. Et ce, grâce à la désintégration physique, ont expliqué les autorités lors d'une conférence de presse jeudi à Bellinzone. Actuellement, il reste encore 40% des dépôts de l'époque.
Le 3 mai 1986, de fortes pluies s'étaient abattues sur le Tessin et les vallées méridionales des Grisons, ce qui avait favorisé le dépôt de substances radioactives, a expliqué Cristina Poretti. Elle dirige l'organisation nationale chargée des prélèvements et des mesures pour la Centrale nationale d'alarme de l'Office fédéral de la protection de la population. On devait les premiers indices de dépôts potentiels à des spécialistes suédois.
Ces particules provenaient d’un nuage qui s’était répandu sur l’Europe après l’accident nucléaire. Là où il a plu, les particules ont été lavées de l’air et ramenées au sol. Au Tessin, des dépôts de césium 137 ont ensuite été détectés dans plus de 5000 échantillons de lait, de viande, de fruits et de poisson, a expliqué Cristina Poretti. Selon le chimiste cantonal tessinois Nicola Forrer, la région de Lugano avait été particulièrement touchée.
Focus sur les champignons sauvages
Le laboratoire cantonal a été officiellement reconnu comme l’un des sept centres de compétence nationaux pour la mesure de la radioactivité dans les denrées alimentaires. Depuis 1986, plus de 100 prélèvements ont été effectués sur 59 types d’échantillons.
Les champignons sauvages comestibles font l'objet d'une attention particulière, car ils constituent d’excellents indicateurs environnementaux. L’analyse de 791 échantillons provenant de tous les districts tessinois a confirmé une nette diminution de la teneur en césium 137 au cours des 40 dernières années, a expliqué Forrer.
Aujourd’hui, les concentrations dans pratiquement tous les champignons sont presque toujours inférieures aux valeurs limites fixées par l’ordonnance sur Tchernobyl. Les mesures effectuées sur l’herbe, le sol et le lait ont également montré que le transfert de radioactivité dans la chaîne alimentaire est désormais considéré comme négligeable.
Depuis 1986, l’organisation des mesures en Suisse a fait d’énormes progrès, a déclaré Cristina Poretti. Un système précis, couvrant l’ensemble du territoire et automatisé a été mis en place.
Parallèlement, les technologies de pointe et les modèles perfectionnés de MétéoSuisse ont permis d’établir des prévisions sur la propagation d’éventuels nuages radioactifs ainsi que des simulations quantitatives pour faciliter la prise de décisions visant à protéger la population.
Echange rapide garanti
Les bases légales ont été améliorées et la coordination entre la Confédération et les cantons s'avère par ailleurs nettement plus efficace désormais. Au Tessin, un groupe de travail s’occupe de la mise en œuvre de mesures spécifiques en cas d’événements futurs, ont expliqué les responsables.
«Aujourd’hui, nous pouvons garantir à la population une détection précoce et la consommation d’aliments absolument sûrs».
La rapidité d’intervention reste une priorité, a conclu De Rosa. Les événements remontent à longtemps. «Pourtant, ils nous accompagnent encore aujourd’hui». (ats/vz)
