Une Romande raconte l'enfer qu'elle a vécu en Israël
Coupée du monde depuis quatre jours suite à l'interception de la flottille pour Gaza, la Suissesse Anne Rochat témoignait dans l'émission Forum de la RTS jeudi soir. Elle a raconté l'enfer et la violence vécus en Israël par les membres de la «Global Sumud Flotilla» («sumud» signifie «résilience» en arabe)
Embarqués en Turquie, quelque 430 militants à bord d'une cinquantaine de bateaux voulaient attirer l'attention sur la situation humanitaire dans la bande de Gaza, dévastée par plus de deux ans de guerre, en brisant le blocus maritime imposé par Israël. La flottille a été arraisonnée, lundi, par l'armée israélienne en Méditerranée, au sud-ouest de Chypre.
L'arrestation
Après l'interception des navires par Israël, les militants ont été emmenés vers une première prison flottante. «C'est là que l'enfer a commencé», raconte, jeudi soir, sur les ondes de la RTS, depuis Istanbul, l'artiste lausannoise Anne Rochat: «On a passé deux jours trois nuits sur ce bateau-prison.» Elle continue:
Plus tard les militants sont contrôlés et fouillés. La Romande raconte la vérification de son passeport. Elle dit avoir été fouillée et maintenue par un homme:
Après le contrôle de passeport, les militants se sont retrouvés dans un hall, avec une seule toilette pour deux cents personnes, selon la représentante de la délégation suisse de la flottille:
Elle raconte que durant ces trois jours, il y aurait eu une quarantaine de suspicions de fractures de bras ou de côtes. La Suissesse poursuit:
Une dizaine de prisonniers auraient été victimes de coups de taser et de balles en caoutchouc, rapporte Anne Rochat.
Menaces de mort et viols
«Quand nous sommes arrivés sur terre, les violences et intimidations ont continué», a ajouté la Suissesse sur la RTS: les militants passent la journée à genoux. Les images de cet événement font le tour du monde depuis mercredi.
Ce jour-là, le ministre de la Sécurité nationale israélienne, Itamar Ben Gvir, figure de l'extrême droite, a provoqué un tollé à l'étranger, mais également au sein de son gouvernement, en publiant une vidéo choquante de ces exactions contre les prisonniers.
La vidéo en question 👇
La Suissesse l'assure: «On était là»». Et de poursuivre: «On essaye de se rassurer, mais dès que l'on bouge, on peut recevoir un coup ou être traîné par terre, ou encore on vous tire par les cheveux d'un endroit à l'autre. Vous ne savez jamais où vous êtes».
Ensuite, certains militants ont pu voir des avocats, puis un bus les a transportés «dans le noir total», selon la Lausannoise, à la prison de Ktziot. Là, Anne Rochat raconte les intimidations des soldats israéliens, elle parle de menace de mort et de viol, durant ces 24 dernières heures.
Ce n'est pas la première fois qu'Anne Rochat vit cette expérience. Elle avait déjà été capturée par l'armée israélienne lors d'une précédente tentative de passage vers Gaza sur une autre flottille. Mais l'artiste lausannoise assure qu'elle se doit d'agir, même si elle est consciente que «cela reste symbolique».
D'autres suisses impliqués
Selon le Département fédéral des affaires étrangères, huit ressortissants suisses ont participé à l'expédition. Ils ont été rapatriés vers la Turquie. Mardi soir, un message posté sur Instagram par Global Sumud Switzerland montrait au total sept Suisses qui auraient tous été arrêtés. Au départ, neuf Helvètes faisaient partie de l'expédition, mais deux ont préféré ne pas continuer «après les attaques au large de la Grèce».
L'artiste lausannoise Anne Rochat et la conseillère générale sédunoise Marie Morard figuraient notamment parmi les Suisses interceptés en mer. Le Conseil municipal sédunois s'est dit, jeudi, préoccupé par les conditions de détention de la politicienne valaisanne. Dans un communiqué, Sion appellait les autorités suisses, dépositaires des Conventions de Genève, à intervenir avec la plus grande fermeté auprès des autorités israéliennes afin de garantir le respect de la dignité humaine. (jah/avec ats)
