Suisse
Médecine

Grands-brûlés: la Suisse manque d'une banque nationale de peau

Ces 9 mètres carrés de peau pointent une faille du système de santé suisse

Les Pays-Bas viennent de livrer neuf mètres carrés de peau humaine à la Suisse. Ça soulève une question: pourquoi la Suisse ne dispose pas de banques de peau? Réponses.
18.01.2026, 18:5818.01.2026, 22:40

L’incendie de Crans-Montana a mis en évidence une fragilité peu connue du système de santé suisse: l’absence d’une banque nationale de tissus cutanés. Comme le raconte 24 Heures, cette lacune a contraint certains hôpitaux à s’approvisionner à l’étranger pour traiter les blessés les plus gravement brûlés.

Si la chaîne de sauvetage a fonctionné, les défis se sont surtout manifestés dans les jours suivants, lors du traitement des brûlures étendues. Chez les grands brûlés, la peau détruite doit être retirée. En attendant une greffe définitive, les plaies doivent être couvertes afin d’éviter infections et pertes de liquide. Pour cela, les médecins utilisent des substituts synthétiques ou de la peau humaine prélevée sur des donneurs décédés. Or, cette pratique n’existe pas en Suisse:

«Il manque dans notre pays une banque de tissus où des morceaux de peau pourraient être stockés.»
Franz Immer, directeur de Swisstransplant, à 24 Heures

Et, face à l’urgence, certains hôpitaux ont dû se tourner vers l’étranger. L’Hôpital universitaire de Zurich a ainsi reçu environ neuf mètres carrés de peau en provenance des Pays-Bas, selon des informations confirmées par Keystone-SDA.

L’établissement disposait de petites réserves avant la fin de l’année, mais celles-ci se sont rapidement épuisées. L’Hôpital pédiatrique de Zurich reconnaît également que des stocks supplémentaires auraient été utiles et qu’un approvisionnement suisse aurait été préférable.

En Suisse romande, le CHUV affirme ne pas avoir connu de pénurie, privilégiant les produits artificiels. Pour faire face à la forte demande, d’autres hôpitaux romands ont d’ailleurs cédé leurs réserves à l’établissement lausannois.

Selon Swisstransplant, l’absence de banque de tissus cutanés s’explique par des raisons structurelles. Une telle infrastructure est coûteuse, soumise à des règles strictes et doit être autorisée par Swissmedic. Elle nécessite des équipes spécialisées et des procédures complexes. A plusieurs reprises, la création d’une banque nationale a été étudiée, sans aboutir, faute de rentabilité.

Florence, technicienne en analyse biomedicales au CHUV, renouvelle les bains de culture ou la peau se multiplie, ce jeudi 8 janvier 2026 au centre de production cellulaire du CHUV, a Epalinges (VD). L ...
Dans ce laboratoire du Chuv, on cultive la peau de onze victimes de l'incendie du Constellaton.Keystone

«Le soutien de l’étranger a été immense», souligne enfin Franz Immer dans 24 Heures. Si la qualité des soins a pu être maintenue, la catastrophe montre les limites du système lors d’événements exceptionnels.

A plus long terme, les patients reçoivent une greffe de leur propre peau. Dans la région lausannoise, un centre spécialisé peut produire de la peau neuve à partir des cellules du patient. Mais c'est un processus qui nécessite toutefois du temps. Les spécialistes transforment ainsi 10cm2 de peau en 2600 cm2, en quatre semaines, relate le média vaudois. (hun)

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source: sda / michael buholzer
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