Ce canton a un mode de calcul unique pour ses élections
Pour occuper le siège au gouvernement bernois que lui réserve la Constitution, le représentant du Jura bernois doit obtenir non seulement la majorité absolue mais aussi la meilleure moyenne géométrique. Ce système de calcul accorde plus de poids à une voix obtenue dans la partie francophone que dans le reste du canton.
Avec la moyenne géométrique, les électeurs du Jura bernois peuvent donc peser de tout leur poids dans le choix de leur représentant. Ce chiffre est obtenu en multipliant les suffrages recueillis dans tout le canton avec ceux qui sont obtenus dans le cercle électoral du Jura bernois puis en calculant la racine carrée de ce produit.
Un candidat doit donc être populaire dans sa région et soutenu dans l'ensemble du canton. Si le candidat au fauteuil réservé au Jura bernois obtient au 1er tour la majorité absolue et la meilleure moyenne géométrique, mais qu'il termine à la 8e place, il éjecte alors le candidat classé devant lui.
En 2014, l'UDC Manfred Bühler avait terminé à la 7e place avec 94'957 voix devançant d'un rang le socialiste Phillipe Perrenoud qui en avait obtenu que 86'469. Mais il n'avait pas été élu en raison de sa plus mauvaise moyenne géométrique, accusant un retard de près de 1000 voix dans le Jura bernois.
Cette procédure introduite en 1995 empêche qu'un ministre ne soit désigné par les électeurs alémaniques au mépris du Jura bernois. Ce fut le cas en 1986. La PLR Geneviève Aubry avait alors été battue par un inconnu de la Liste Libre, Benjamin Hofstetter, alors qu'elle avait obtenu plus du double de voix dans le Jura bernois. (dal/ats)
