Voici qui dépense le plus pour influencer les électeurs suisses
Plus de 130 millions de francs ont été investis dans une vingtaine de campagnes politiques depuis l'entrée en vigueur des nouvelles règles de transparence fin 2023, rapporte ce mercredi la RTS. Et sur ce montant, 61 millions ont un contributeur clairement identifié dans le registre du Contrôle fédéral des finances.
Le média public a analysé les différents donateurs. Il en a recensé près de 400 et dégagé un top 10 dont ressort un dominant duo de tête.
Avec respectivement près de 11 et 9 millions de francs investis, economiesuisse et l'Association suisse des propriétaires fonciers sont les deux principaux groupes d'intérêt sur la période. Ces sommes excluent en outre les contributions versées aux partis politiques en dehors des campagnes, précise la RTS.
Pour ce qui est d'economiesuisse, elle a effectué des dons pour 16 objets soumis à votation. Et le montant des contributions diffère fortement selon ceux-ci: le média public évoque ainsi 2,9 millions engagés pour combattre la 13e rente AVS contre 18 500 francs pour la révision du droit du bail.
Dans le cas de la 13e rente, les millions n'ont d'ailleurs pas suffi puisque l'objet a finalement été accepté. Mais depuis 2024, la faîtière des entreprises a enregistré dix victoires pour six défaites en votation.
Une campagne déséquilibrée
Selon la RTS, l'Association suisse des propriétaires fonciers (HEV), deuxième de la liste, a de son côté misé une grande partie de ses jetons sur trois objets, à savoir l'abolition de la valeur locative et les deux modifications du droit du bail. Pour faire supprimer la valeur locative, elle a ainsi investi pas moins de 5,7 millions de francs.
Selon la RTS, c'est plus de 80% des fonds déclarés dans le cadre de cette campagne. Le média public souligne que, pour la votation de ce texte, finalement accepté par les Suisses, 92% des fonds dépensés l'ont été dans le camp du oui.
De nouveaux acteurs apparaissent
A noter qu'une seule personne physique figure dans ce top 10 en la personne de Carmita Burkard. Héritière du groupe Sika, la milliardaire neuchâteloise avait notamment soutenu les Verts lors des élections fédérales de 2023.
Pour rappel, les organisations et partis doivent désormais déclarer l'identité des donateurs lorsque leurs contributions dépassent les 15 000 francs. Mais lorsque les dons passent par une organisation, les noms restent inconnus.
De plus, certaines entités dirigent parfois elles-mêmes les campagnes, relève la RTS. Dans le registre du Contrôle fédéral des finances, ces investissements apparaissent comme des comptes de campagne et ne figurent pas dans la liste des donations.
Emergent alors de nouveaux acteurs, parfois politiquement classés plus à gauche, comme l'Union syndicale suisse (USS), l'Association transport et environnement (ATE) ou encore l'Asloca. (jzs)
