Les jeunes Romands ne sont pas assez nombreux à terminer l'école
Les cantons romands sont à la traîne sur la formation du secondaire II. Ils n'atteignent pas l'objectif qui prévoit que 95% des jeunes de 25 ans disposent d'un diplôme de secondaire II, montre un rapport. L'apprentissage, encore trop boudé en Suisse romande, joue un rôle primordial.
L'implantation de l'apprentissage selon les régions explique la disparité entre Suisse romande et alémanique, montre le rapport 2026 sur l'éducation publié lundi.
Le président de la Conférence des directeurs cantonaux de l'instruction publique (CDIP), Christophe Darbellay, a déclaré l devant la presse:
Le conseiller d'Etat valaisan le constate dans son propre canton bilingue. Il a expliqué:
Les chiffres varient fortement en Suisse
Le taux de certifications dans les cantons romands oscille entre 85 et 92%. Le Valais est celui qui s'en sort le mieux et Genève le moins bien. Les cantons alémaniques se situent eux entre 92 et 96%. Sur le plan national, ce taux a légèrement baissé. Il est passé de 91,5% à 90,1% entre 2016 et 2022.
Gouvernement et cantons constatent une différence culturelle face à l'apprentissage. Le ministre de la formation, Guy Parmelin, a déclaré:
S'ajoute à cette perception de l'apprentissage un système de formation différent en Suisse romande. Christophe Darbellay a donné en exemple les formations transitoires. Il a déclaré:
L'apprentissage doit être mieux valorisé
Pour l'Union suisse des arts et métiers (usam), le taux de diplômés reste «élevé et stable depuis des années, mais ne doit en aucun cas reculer davantage». Dans un communiqué lundi, elle demande un renforcement de la formation professionnelle.
Pour l'usam, cela constitue une «exigence prioritaire dans le but d’améliorer l’employabilité et de renforcer l’attrait du parcours professionnel passant par la formation professionnelle supérieure jusqu’à l’entrepreneuriat».
Le taux de résiliation des contrats d'apprentissage est élevé, indique lundi l'Union syndicale suisse (USS). Dans une prise de position, l'USS explique qu'un quart des apprentis résilie son contrat avant terme. Après cette résiliation, 20% d'entre eux ne reprennent pas une formation. Cela révèle un «problème de qualité massif» aux yeux de l'USS. Le mythe de la «formation professionnelle parfaite» ne résiste pas à la réalité.
L'USS a donc réclamé des améliorations concrètes pour les apprentis, notamment davantage de vacances et une meilleure protection de la santé. En outre, selon l'USS, le salaire des apprentis ne devrait pas être inférieur à 5000 francs. Elle souhaite responsabiliser davantage les entreprises formatrices en proposant notamment des normes minimales contraignantes, des contrôles et des mesures visant à garantir une offre suffisante de places d'apprentissage.
L'enjeu est aussi de sensibiliser les enseignants et de rendre l'apprentissage attractif également pour les entreprises. Nombre d'entre elles se plaignent actuellement de la densité du travail requis pour former les jeunes à la suite des réformes des dernières années.
L'université est également en cause
Le Conseil fédéral et la CDIP entendent inverser la tendance aussi en harmonisant les plans d'étude en Suisse. Ils comptent également renforcer l'accès aux hautes écoles et universités. Le rapport montre un taux élevé de décrochage dans les hautes écoles universitaires (15%).
Questionné sur la qualité de l'enseignement dans les gymnases, Christophe Darbellay a déclaré que le gymnase ne préparait jamais assez pour l'université, admettant que du travail était encore nécessaire. Le Valaisan en est convaincu: les compétences fondamentales sont primordiales pour garantir le succès de la formation dans le futur.
La publication du rapport intervient un an après la publication d'une étude qui montrait un niveau de français insuffisant chez les élèves romands. Des mesures ont été prises depuis. Mais il est trop tôt pour évaluer leurs effets, a précisé Christophe Darbellay lundi. (ats)
