Temu et Hornbach accusés de saboter le système de recyclage suisse
Lorsque l’on achète un appareil électronique chez Coop, Migros ou Fust, une taxe d’élimination est déjà incluse dans le prix. Grâce à cet argent, la branche finance le recyclage depuis plus de 30 ans. Et le système fonctionne: les appareils électriques sont rapportés avec un taux de retour supérieur à la moyenne.
Certains acteurs du marché profitent toutefois de ce système. Plusieurs entreprises basées en Suisse ainsi que de grands distributeurs en ligne comme Temu ne versent aucune contribution au fonds de recyclage. Résultat: ce sont leurs concurrents qui prennent en charge les coûts d’élimination des appareils, rapporte Blick. Dans le même temps, ces entreprises peuvent proposer leurs produits à des prix plus bas et s’octroyer un avantage concurrentiel.
Le recyclage sous pression
En Suisse, le recyclage des appareils électroniques est assuré par Sens eRecycling. Sur son site internet figure une liste de plus d’une centaine d’entreprises qui ne versent aucune contribution. On y trouve de nombreuses sociétés suisses, mais aussi la chaîne allemande de bricolage Hornbach ou encore le groupe autrichien d’ameublement XXXLutz.
Le directeur de Sens eRecycling, Pasqual Zopp, qualifie ce comportement d’«irritant» dans les colonnes de Blick. Il demande que tous les fournisseurs vendant des appareils en Suisse participent aux coûts du recyclage.
Les plateformes étrangères dans le viseur
Les grandes plateformes étrangères contribuent elles aussi à mettre le système sous pression. Temu et Alibaba contournent ainsi les accords en vigueur dans la branche, écrit Blick. Elles ne versent pas non plus de contributions anticipées, alors même que leurs produits finissent dans le système de recyclage suisse.
Sens eRecycling appelle donc les consommatrices et consommateurs à payer eux-mêmes la contribution pour les appareils achetés, afin de couvrir les coûts de recyclage en fin de vie. Mais, selon Pasqual Zopp, beaucoup ne le font pas.
Un vide juridique
Le Parlement s’est déjà penché sur la question il y a deux ans, afin d’instaurer une réglementation uniforme. La loi sur la protection de l’environnement a depuis été révisée pour permettre d’imposer légalement les bénéficiaires du système. Les modalités concrètes sont actuellement en cours d’élaboration au niveau des ordonnances.
Les plateformes étrangères restent toutefois exclues de ce dispositif et ne peuvent pas être contraintes par cette révision. Il s’agit d’une lacune juridique, explique Pasqual Zopp à Blick.
Des parlementaires ont déjà déposé des interventions pour pousser ces plateformes à agir. Mais il faudra encore du temps avant qu’une solution politique soit trouvée. (hkl)
