Interdite d'exercer dans son canton, cette médecin pratique toujours
Au printemps 2021, une médecin avait administré un vaccin contre le Covid à plus de 100 personnes à Ibach (SZ). Après la révélation que les doses étaient, en fait, périmées, le canton de Schwyz avait ouvert une procédure pénale, et lui avait interdit d’exercer.
Mais, désormais, elle pratique sous un autre nom à Bienne, dans le canton de Berne, et cela en toute légalité, rapporte Blick. D’anciens collaborateurs mettent en doute ses compétences professionnelles et s’interrogent sur l’inaction des autorités, via les plateformes de nos confrères.
Tout commence (ou plutôt remonte à la surface) quand une nouvelle infirmière prend ses fonctions comme assistante médicale dans un cabinet biennois, le 1ᵉʳ mars 2026. Très rapidement, cette dernière constate des lacunes dans le travail de sa supérieure.
La médecin ne savait ni ce que signifiait NaCl (chlorure de sodium, solution saline), ni poser de manière fiable une perfusion intraveineuse. L’infirmière évoque également, auprès de Blick, le cas d’un patient souffrant de problèmes cardiaques, à qui la médecin aurait prescrit de la Ritaline, ce qui peut être très dangereux.
Par ailleurs, après l’apparition d’une éruption cutanée, l’employée rapporte avoir fait examiner ses enfants par sa patronne. Celle-ci aurait diagnostiqué une dermatite atopique. «En réalité, c’était une scarlatine, qu’un autre médecin a immédiatement reconnue, par la suite», explique-t-elle.
Ainsi, moins d’un mois après son entrée en fonction, l’infirmière a déposé une plainte contre la médecin auprès de la Direction de la santé du canton de Berne.
Une autre infirmière s’est également exprimée au sujet de la praticienne. Elle devait commencer à travailler dans le cabinet biennois en juin, mais affirme avoir déjà constaté l’incompétence de sa future cheffe lors de ses journées d’essai. Elle dit même douter que cette dernière ait réellement suivi des études de médecine, écrivent nos confrères.
Des accusations anciennes
Aussi, lorsque la médecin a voulu reprendre le cabinet de Bienne, l’été dernier, ses qualifications professionnelles ont bel et bien été mises en question d'entrée de jeu.
Les propriétaires des locaux connaissaient le scandale des vaccins survenu dans le canton de Schwyz, et étaient même au courant de l’interdiction d’exercer qui en avait découlé, toujours d'après Blick.
Dans des échanges de courriels, que le média dit avoir consultés, la médecin s'est attelée à dissiper ces réserves (de toute évidence avec succès).
Et, en effet, dans le canton de Berne, la médecin est officiellement toujours autorisée à exercer.
Les deux infirmières disent ne pas comprendre cette situation. «Les autorités savent depuis des mois qui est cette femme et, malgré cela, elle continue d’être mise au contact des patients», déclare par exemple l’une d’elles.
Interrogées elles aussi, les autorités bernoises ont invoqué la protection des données. «Les autorités compétentes examinent les signalements dans le cadre de leurs obligations légales de surveillance et prennent, si nécessaire, les mesures appropriées», rétorque la Direction de la santé, des affaires sociales et de l’intégration du canton de Berne. (nil)
