Le début de l’année 2025 est marqué par une pression accrue sur les établissements de santé en Suisse romande. Entre les blessures liées aux sports d’hiver, les virus respiratoires et le Covid-19, la grippe figure parmi les principales causes d’hospitalisation.
Cependant, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la situation varie d’un canton à l’autre, écrit Le Temps. Si Vaud et Neuchâtel comptabilisent respectivement 43,74 et 48,8 cas déclarés pour 100 000 habitants lors de la première semaine de janvier, Fribourg en compte moitié moins.
A Neuchâtel, le Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe) évoque une «surcharge exceptionnelle du dispositif en lits». Cette situation résulte d’une accumulation inhabituelle de facteurs.
La structure démographique du canton, avec une population relativement âgée et isolée, exacerbe ces difficultés. Les autorités incitent les habitants à privilégier les consultations en dehors des urgences pour les cas non vitaux, afin d’éviter de reporter un trop grand nombre d’interventions programmées. Un décalage qui prolongerait la crise.
Dans le canton de Vaud, la situation reste tendue. Les services d’urgences connaissent une affluence record. Pourtant, selon Karim Boubaker, médecin cantonal, «rien ne laisse penser que la grippe actuelle est plus sévère ou plus contagieuse qu’habituellement». Il rappelle que le pic majeur de la grippe en Suisse remonte à la saison 2022-2023 et insiste notamment sur la vaccination, encore possible aujourd’hui.
En Valais, Delphine Berthod, infectiologue et responsable de l’Unité cantonale des maladies transmissibles, observe une relative stabilisation.
Les complications graves demeurent limitées, mais des pathologies comme les bronchites chroniques obstructives augmentent les risques pour certains patients.
Bien que relativement épargné par la grippe, Fribourg fait face à une fréquentation record de ses urgences. Avec un taux d’occupation des lits atteignant 98% le 7 janvier, bien au-delà du seuil optimal de 85% pour absorber les urgences, les hôpitaux sont à la peine. Sans parler de la pénurie de généralistes et la fermeture de certains cabinets pendant les fêtes, selon Catherine Favre Kruit, porte-parole de l’Hôpital fribourgeois.
Dans le Jura, Olivier Guerdat, porte-parole de l’Hôpital cantonal, décrit une situation plus maîtrisée. «Nous avons mis en place une permanence à Delémont pour désengorger les urgences. Cela fonctionne bien, même si certains patients continuent de venir pour des affections légères.»
A Genève, la grippe est officiellement au stade épidémique depuis quatre semaines. «Le nombre de cas est élevé pour cette période de l’année, mais reste sous les niveaux observés en 2022-2023», explique Alessandro Cassini, médecin cantonal. En décembre, 219 personnes ont été hospitalisées à cause de la grippe dans le canton, contre plus de 300 admissions hebdomadaires au pic du Covid-19 en 2020.
D’après les experts interrogés par Le Temps, cette crise résulte davantage d’une convergence exceptionnelle de facteurs que d’une mutation particulière du virus. Les autorités rappellent que la vaccination et les gestes barrières restent les meilleures armes pour limiter les complications et éviter une surcharge des hôpitaux.