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Ces Romandes fréquentent des hommes plus jeunes

«Avant, c’était faire l’amour par habitude. Aujourd’hui, c’est un vrai plaisir partagé.»
«Avant, c’était faire l’amour par habitude. Aujourd’hui, c’est un vrai plaisir partagé.»Image: watson

«On peut parler sexe»: ces Romandes fréquentent des hommes plus jeunes

Elles ont entre 35 et 53 ans. Ces trois Romandes préfèrent désormais les hommes plus jeunes. Elles expliquent pourquoi elles trouvent, chez eux, une écoute, une liberté et une sexualité qu’elles n’avaient jamais connues auparavant.
23.02.2026, 05:3123.02.2026, 11:42

«Je sais très bien ce que je ne veux plus». A 42 ans, Claire est mère célibataire de deux enfants et travaille dans le secteur des assurances en Suisse romande. Elle n’est pas en quête d’une nouvelle histoire stable, encore moins d’un couple traditionnel.

«Je ne cherche pas à me remettre en ménage»

Ce qu’elle ne veut plus, justement, elle l’a longtemps accepté sans vraiment le questionner. «J’ai grandi avec l’idée que la sexualité, c’était quelque chose de très codifié. Une relation sexuelle commence quand l’homme bande, et elle se termine quand il a joui. Le reste, c’est presque un bonus.» Un schéma intériorisé, reproduit, rarement discuté.

Depuis quelques années, Claire fréquente des hommes plus jeunes qu’elle, généralement entre 25 et 30 ans. Et la différence est flagrante.

«Ils sont beaucoup plus ouverts. Sur le sexe, sur les émotions, sur les types de relations possibles. On peut parler avec eux, sans malaise, sans gêne.»

Ce qui la frappe le plus, c’est leur rapport au plaisir féminin. «Ils sont attentifs, généreux. Pas dans un sens performatif, pas pour se donner bonne conscience, mais parce que ça leur semble normal.» Elle évoque aussi la disparition de certains tabous, longtemps présents dans ses relations passées. «La masturbation féminine, par exemple. Pendant des années, c’était un non-sujet. Aujourd’hui, ça ne choque personne.»

Pour Claire, cette différence n’est pas individuelle, elle est générationnelle. «Les hommes de ma génération ont été éduqués avec l’idée que le plaisir féminin, ce n’était pas central. Je ne leur en veux pas, mais aujourd’hui, je n’ai plus envie de faire avec.»

«Je pensais que c’était presque interdit»

Giulia, 35 ans, n’aurait jamais imaginé se reconnaître dans ce discours. Active dans le marketing à Lausanne, elle a toujours fréquenté des hommes plus âgés. «C’était une évidence. Deux, cinq, parfois dix ans de plus. Je n’ai jamais remis ça en question.»

«En fait, c’est comme si les hommes plus jeunes que moi n’existaient pas. Ceux qui me proposaient de m'offrir un verre, j’avais presque l’impression que c’était uniquement pour rire, parce qu’ils avaient perdu un pari...»

Jusqu’au jour où, après une relation de huit ans avec un homme de 43 ans, elle se retrouve célibataire. Puis elle rencontre un homme plus jeune. Il en a 26, elle 33. Sept ans d’écart. «Sur le papier, ce n’est rien. Mais pour moi, c’était énorme. J’avais l’impression de faire quelque chose d’un peu transgressif.» Elle sourit en repensant à ce sentiment presque adolescent. «Comme si je faisais un truc interdit.»

Ce qui la rassure rapidement, c’est que, pour lui, la question de l’âge ne se pose même pas. «Il s’en fichait complètement. Ça m’a obligée à regarder mes propres peurs, mes propres clichés.» Elle découvre aussi une manière d’être radicalement différente.

«Il parlait de ses vulnérabilités, de ses faiblesses, du fait qu’il pouvait pleurer. Ça m’avait désarçonnée. Dans le bon sens!»

Car avant cet épisode, avec les hommes plus âgés que Giulia avait connus, c’était inimaginable. «Pour eux, pleurer, c’était honteux, point.»

Cette déconstruction chez son jeune amoureux ne signifie pas pour autant une absence de repères ou de présence. Alors qu’ils passent une soirée à danser, un homme devient insistant avec Giulia. «Je me sentais mal à l’aise. Mon compagnon, qui était au bar à ce moment-là, est intervenu immédiatement.» Pas de violence, pas d’agressivité.

«Il a expliqué à l’intrus que j’étais avec lui et qu’on voulait continuer la soirée tranquillement. Il a eu des mots très doux à mon égard, c’est ça qui a fait partir l’autre homme, plutôt que des menaces d’en venir aux mains.»

La scène la marque profondément. «C’était protecteur sans être écrasant ou infantilisant pour moi, du genre "je dois protéger cette petite chose fragile qu'est ma copine". C'était rassurant sans être dominateur. Je me suis dit: mais en fait, c’est ça que j’attendais depuis des années.»

Une sexualité débarrassée de la performance

Sur le plan intime, Giulia parle d’un véritable basculement. «Ce n’était pas une sexualité centrée sur la performance. Pas ce truc où l’écoute devient un objectif à atteindre.» Elle décrit plutôt un espace de partage, sans scénario préécrit, où l'orgasme de l'un comme de l'autre compte, «sans en faire une montagne s'il n'est pas systématiquement atteint».

Après cette expérience, elle tente brièvement de renouer avec un homme plus âgé. Le contraste est brutal. «Plein de clichés. Le côté très “mâle”, très rigide. Et là, j’ai réalisé à quel point j’avais accepté ça pendant des années.» Aujourd’hui, elle fréquente à nouveau un homme plus jeune. «Et encore plus déconstruit», dit-elle en souriant.

«Il n’y a pas cette masculinité toxique que je pensais normale»

Elle ne prétend pas que tous les hommes plus jeunes sont ainsi. «Mais revenir en arrière serait difficile. Il faudrait vraiment quelqu’un de très conscient de ces enjeux.»

«Pourquoi est-ce que je m’interdirais ça?»

A 53 ans, Sylvie incarne une autre facette de cette évolution. Travaillant dans le tourisme en Valais, elle a longtemps suivi ce qu'elle appelle «le chemin tout tracé»: mariage à 25 ans, deux enfants, une vie de famille stable. «Je n’étais pas malheureuse. Mais je vivais un peu par automatisme.»

Le choc survient lorsqu’elle découvre que son mari la trompe avec une femme plus jeune. «Curieusement, je ne lui en ai pas voulu. Je m’en suis voulu à moi-même d’avoir accepté une vie qui ne me remplissait plus.» Le divorce se fait sans conflit majeur. Une question persiste pourtant: pourquoi l’attirance pour la jeunesse serait-elle réservée aux hommes?

A 49 ans, deux ans après son divorce, elle rencontre un homme de 37 ans. Douze ans d’écart. La relation est assumée, visible. «D’avoir fait ce qu’on attendait de moi pendant plus de 20 ans m’a vaccinée. Plus envie de faire semblant pour faire plaisir aux autres.»

Ses deux fils, un «presque adulte» et un jeune adulte, acceptent cette nouvelle relation sans aucune difficulté.

«Eux, que ce soit grâce à leurs fréquentations, l'évolution du monde ou ce qu'ils voient passer sur les réseaux sociaux étaient déjà plus déconstruits que je ne l'aurais cru!»

En revanche, l’extérieur a été beaucoup plus dur. «J’ai eu droit à des commentaires que mon ex-mari n’a jamais eus.» La relation s’arrête au bout d’une «belle année de redécouvertes», mais elle a permis à Sylvie de lui ouvrir les yeux.

Aujourd’hui, elle est en couple avec un homme de 28 ans. Vingt-cinq ans de différence. «L’âge n’est pas un sujet entre nous.» Les regards insistants au restaurant les font sourire. «On se dit que si ça peut faire réfléchir certains, tant mieux.»

Dans la famille de son compagnon, en revanche, les résistances sont plus fortes. «Sa mère, qui est à peine plus âgée que moi, a du mal à comprendre. Pour elle, à 28 ans, il faut "arrêter de déconner", se poser, faire des enfants.» Sylvie, elle, n’impose rien. Son compagnon, de toute façon, ne veut pas d’enfant. «Pour l’instant en tout cas.»

«Mais s’il décide de mettre un terme à notre histoire pour fonder une famille, je ne lui en voudrai pas. J’ai déjà vécu tout ça et je ne regrette ni ma vie de maman et d’épouse, ni ma vie de femme libérée de ces carcans.»

Sur le plan intime, elle parle d’une redécouverte. «Avant, c’était faire l’amour par habitude. Aujourd’hui, c’est un vrai plaisir partagé.» Elle évoque une sexualité plus libre, plus alignée, débarrassée des injonctions.

Pas une question d’âge, mais plutôt d’époque

Ni Claire, ni Giulia, ni Sylvie ne disent chercher activement des hommes plus jeunes. Toutes parlent plutôt d’un déclic. D’un moment où elles ont cessé de s’interdire certaines possibilités. «Ce n’est pas l’âge qui compte», résume Claire.

«C’est la manière d’être»

A travers les récits de ces trois Romandes, une même conclusion se dessine: ce ne sont pas qu'elles ont changé de préférence; d'ailleurs aucune n'évoque le physique de leurs jeunes amants comme critère.

En revanche, toutes parlent de déclic. «Les hommes plus jeunes ont grandi avec d’autres références, d’autres modèles, d’autres acquis sociaux», soulignent Giulia et Sylvie. «Ils ont mûri, construit leur identité à une époque plus ouverte, dans une société moins binaire, qui vise l’égalité entre les femmes et les hommes», appuie Claire.

Et pour certaines, cette vision plus déconstruite du monde n’est plus négociable. Il n’y a tout simplement plus de retour en arrière possible.

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