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L'ambassadeur d'Italie quitte la Suisse: «incident diplomatique»

Crans Italie
Après l'annonce de l'Italie de rappeler son ambassadeur en Suisse, à la suite de la libération de Jacques Moretti, des conseillers fédéraux et la procureure générale du Valais réagissent. (Image d'illustration) keystone

L'ambassadeur d'Italie quitte la Suisse: un «incident diplomatique»?

Alors que l'Italie a annoncé samedi rappeler son ambassadeur en Suisse, en réaction à la décision de la justice de remettre Jacques Moretti — prévenu dans l'affaire de l'incendie de Crans-Montana — en liberté, des conseillers fédéraux et la procureure générale du Valais s'expriment et s'expliquent.
24.01.2026, 16:0324.01.2026, 16:06

Le propriétaire du Constellation à Crans-Montana, théâtre du dramatique incendie du Nouvel An qui a coûté la vie à 40 personnes, Jacques Moretti, a été remis en liberté vendredi en Valais.

Une décision qui a fortement déplu à l'Italie: dans un communiqué publié samedi, le gouvernement a déclaré que la décision du tribunal constituait une grave insulte et une nouvelle source de douleur pour les familles des victimes. La Première ministre Giorgia Meloni et le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani ont donc rappelé l'ambassadeur italien en Suisse Gian Lorenzo Cornado à Rome, afin d'examiner les suites à donner.

«Je ne souhaite pas être tenue responsable»

Une annonce qui n'a pas manqué de déclencher des réactions dans le pays du drame: à commencer par celle de la procureure générale valaisanne en charge de l'affaire, Béatrice Pilloud.

Elle a confirmé à l'agence de presse Keystone-SDA avoir été contactée samedi matin par l'ambassadeur d'Italie en Suisse. Elle l'a informé que la décision de libérer le propriétaire de bar de Crans-Montana n'avait pas été prise par le parquet. Elle lui a par ailleurs conseillé de contacter le tribunal ou les autorités fédérales pour obtenir de plus amples informations.

«Je ne souhaite pas être tenue responsable d'un incident diplomatique entre nos deux pays»
Béatrice Pilloud, procureure générale du Valais

«Je ne céderai pas à une éventuelle pression des autorités italiennes, raison pour laquelle j’ai conseillé Monsieur l’Ambassadeur de s’adresser aux autorités politiques suisses», a-t-elle ajouté.

Parmelin réagit

Alors que le jour de cette réaction de l'Italie coïncide avec celui de la réunion des délégués de l'Union démocratique du centre (UDC) à Näfels, dans le canton de Glaris, nos confrères de Blick y ont interrogé le président de la Confédération Guy Parmelin à ce propos.

«Nous comprenons l'indignation», a-t-il déclaré au média. «Nos procédures en Suisse ne sont pas les mêmes qu'en Italie.» La Suisse applique le principe de séparation des pouvoirs. «Ce principe doit être respecté », a expliqué le président fédéral. La justice doit désormais mener l'enquête en toute transparence.

«Si des erreurs ont été commises, des sanctions doivent être appliquées»
Guy Parmelin

Dans le même temps, les responsables politiques doivent désormais examiner comment apporter au mieux leur soutien aux familles des victimes. Parmelin a déclaré avoir été personnellement en contact avec Giorgia Meloni.

«Comme l'Italie, la Suisse pleure les 40 victimes»

Le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis a assuré samedi son homologue italien Antonio Tajani que la Suisse «veut de la clarté» sur l'incendie de Crans-Montana. «Nous suivons attentivement les travaux de la justice valaisanne», a-t-il écrit sur X.

«Comme l'Italie, la Suisse pleure les 40 victimes et les nombreux blessés de la tragédie de Crans-Montana», a-t-il ajouté. Lors de leur entretien, Cassis et Antonio Tajani ont réitéré la volonté de la Suisse et de l'Italie de se soutenir mutuellement«, a-t-il dit.

Un peu plus tôt, Tajani avait indiqué lors d'une conférence de presse avoir «longuement discuté» avec Cassis et lui avoir fait part de la «profonde indignation du peuple italien» face à la décision de la justice valaisanne.

«Une enquête qui présente des lacunes»

Selon lui, le ministère public valaisan «est responsable d'une enquête qui présente des lacunes à tous les niveaux. Elle a démarré tardivement et a permis aux deux principaux responsables de tenter de s'enfuir, de polluer les preuves et d'accuser d'autres personnes de responsabilités qui leur incombent», a-t-il accusé Tajani.

Il a jugé «inacceptable» la décision de remettre en liberté Jacques Moretti, «une personne qui est objectivement responsable de ce qui s'est produit». On ne peut pas compenser la mort de tant de personnes par une caution de 200'000 francs, a-t-il poursuivi.» La cheffe du gouvernement (Giorgia Meloni) et moi-mêmes sommes indignés, non seulement en tant que membres du gouvernement italien, mais aussi en tant que parents et grands-parents», a-t-il dit devant la presse.

(ats/dag)

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