L'épouse d'un oncle décédé du président syrien déchu Bachar al-Assad ne sera pas rayée de la liste suisse des sanctions. Le Tribunal administratif fédéral (TAF) a rejeté un recours de cette femme de 76 ans.
La plaignante est la première épouse de Mohammed Makhlouf, un oncle de Bachar al-Assad. L'un de ses quatre fils, Rami Makhlouf, était considéré comme l'un des hommes les plus riches et les plus influents du pays lorsque la guerre civile a éclaté en Syrie.
La femme a fait valoir que seule son appartenance familiale l'a fait figurer sur la liste des sanctions de l'Union européenne (UE) et donc de la Suisse. Elle aurait organisé sa vie de manière autonome depuis le mariage de son mari avec une autre femme et n'aurait eu aucune activité politique ou économique.
Dans son arrêt publié lundi, le TAF explique que la septuagénaire n'a en aucun cas démontré comment elle avait réorganisé sa vie sur le plan social et économique. De plus, elle n'a pas pu montrer qu'elle a coupé les ponts avec ses fils, qui figurent également sur la liste des sanctions. Sa proximité avec la famille Assad est avérée.
Il ressort encore de l'arrêt que le mari de la plaignante a tenté, en 2011, après l'introduction de sanctions par l'UE, de faire verser à sa femme une contribution de 10 millions de dollars à la banque HSBC à Genève. L'homme avait amassé une immense fortune. Il contrôlait notamment les gisements de pétrole syriens, était à la tête de l'autorité du tabac et de la Syrian Land Bank. Il est décédé en septembre 2020. (ats)