Cette école romande retire ses machines à cigarettes et refuse d'en parler
L’Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) a récemment retiré les distributeurs automatiques de cigarettes de son campus à Lausanne. Une décision justifiée en interne par des raisons éthiques et de santé publique.
Selon une récente newsletter adressée aux employés, et consultée par watson, l’établissement explique que la vente de cigarettes «n’est pas alignée avec [son] Code d’éthique et de conduite» et affirme vouloir «être plus attentif et sélectif quant aux industries avec lesquelles [il] choisit de collaborer». L’EHL évoque également sa volonté de «contribuer à un environnement plus sain pour tous» sur ses campus.
Contactée pour préciser la date du retrait des distributeurs, les motivations exactes de cette décision ou encore l’éventuelle évolution de son code éthique, l’école n’a pas souhaité répondre.
Une question de transparence
L’affaire s’inscrit dans un contexte plus large de questionnement sur les liens entre institutions académiques suisses et industrie du tabac. Comme l’a révélé récemment le journal 24heures, l’association OxySuisse a sollicité 31 universités et hautes écoles afin d’obtenir des informations sur leurs éventuels contrats avec des cigarettiers depuis 2019.
Plus d’un tiers des institutions interrogées ont déclaré avoir eu ou avoir encore des liens avec ce secteur, sous forme notamment de stages, de travaux de recherche ou de financements ponctuels. En Suisse romande, seules deux hautes écoles n’ont pas souhaité communiquer leurs éventuels partenariats: l’EHL et la Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture (Hepia) de Genève.
Dans le cas de l’EHL, la justice vaudoise devra se prononcer. L’établissement a en effet recouru contre une décision du préposé cantonal à la protection des données qui lui demandait de transmettre certaines informations à OxySuisse.
Dans une réponse écrite adressée à watson, l’EHL confirme qu’«une procédure judiciaire est actuellement en cours» entre elle et l’association OxySuisse, engagée dans la lutte contre le tabagisme.
Un message interne qui interroge
Le retrait des distributeurs de cigarettes sur le campus et le discours interne sur la cohérence éthique soulèvent des questions sur la politique globale de l’école vis-à-vis de l’industrie du tabac.
La communication interne évoque notamment la nécessité d’«être plus attentifs et sélectifs» quant aux partenariats industriels. Mais faute de commentaires officiels, impossible à ce stade de savoir si cette orientation se traduit concrètement par une rupture ou une révision des collaborations avec des acteurs du tabac.
Ni si ces volontés nouvelles sont la conséquence des interventions d’OxySuisse, ou si l’EHL avait déjà prévu avant cela de prendre ses distances avec certaines industries.
