Suisse
Technologie

Pourquoi la fonction Easyride de l'app CFF a besoin du Bluetooth

D'un simple glissement du doigt, l'enregistrement démarre et l'application CFF affiche un billet valide. Depuis avril, cette fonctionnalité ne fonctionne plus que si le Bluetooth est ac ...
D'un simple glissement du doigt, l'enregistrement démarre et l'application CFF affiche un billet valide. Depuis avril, cette fonctionnalité ne fonctionne en revanche plus que si le Bluetooth est activé.Image: Christian Beutler / Keystone

Pourquoi l'application CFF veut vous faire activer votre Bluetooth

Avec la fonction Easyride de l'application CFF, il est possible de payer ses trajets en train d'un simple mouvement du pouce. Cependant, pour fonctionner, le module requiert désormais une connexion Bluetooth. Voici pourquoi.
16.04.2026, 16:5616.04.2026, 20:05
Pascal Ritter

Voyager comme avec un abonnement général (AG), mais ne payer que pour la distance effectivement parcourue. Voici ce que promet la fonction Easyride de l'application CFF. Elle crée, en un glissement du pouce, un billet provisoire, valable dans le périmètre de l'AG. Après être descendu du train, on désactive la fonction et l'on ne paie que le trajet réellement effectué.

La fonction de l'application CFF est populaire. Chaque jour, 150 000 voyageurs l'utilisent. Selon le rapport annuel des CFF, 16,5% de tous les billets vendus l'an dernier ont été facturés via cette fonction.

Les utilisateurs d'Easyride ne profitent toutefois de ce service qu'avec une preuve de leur bonne foi. L'offre ne fonctionne en effet que si l'application se voit accorder l'accès à la position de l'utilisateur. Jusqu'ici, celle-ci était transmise principalement via les données GPS. Désormais, cela ne suffit plus.

Depuis début avril, Easyride ne fonctionne plus que si on lui accorde également l'accès au système Bluetooth de l'appareil. Ceux qui ne le souhaitent pas ne peuvent plus utiliser la fonction. Mais alors, comment en est-on arrivé là, qu'est-ce que cela apporte aux CFF et qu'en est-il de la protection des données? On fait le point.

Que se passe-t-il avec l'accès à Bluetooth?

Jusqu'ici, le trajet parcouru était calculé principalement via la fonction de localisation du smartphone. Ces données étaient par exemple combinées avec celles des capteurs de mouvement du smartphone, capables de détecter si l'on se déplace à pied. Désormais, l'application et le smartphone communiquent en outre via la fréquence Bluetooth, via des émetteurs situés dans les trains, les bus et les trams.

Ces émetteurs, appelés «beacons» dans le jargon technique, se trouvent le plus souvent hors de portée visuelle, par exemple derrière des revêtements.

L'application CFF peut ainsi savoir, via cette fréquence, dans quel bus, quel tram ou quel train se trouve un voyageur.

Pourquoi cette nouvelle obligation?

Selon les CFF, l'objectif de ce changement est d'améliorer l'expérience utilisateur. Les points de montée et les trajets pourraient ainsi être enregistrés avec plus de précision. Le signal Bluetooth fonctionne également là où le signal GPS est faible, par exemple dans les tunnels ou les gares souterraines.

L'utilisation de la fonction Bluetooth fait partie des conditions générales de l'application depuis un certain temps déjà. Jusqu'ici, son utilisation était toutefois facultative.

Les personnes qui ont désactivé le Bluetooth ou qui n'autorisent pas l'accès à l'application CFF ne peuvent plus utiliser la fonction Easyride.
Les personnes qui ont désactivé leur Bluetooth ou qui n'autorisent pas l'accès à l'application CFF ne peuvent plus utiliser la fonction Easyride.Image: Capture d'écran watson

Existe-t-il des alternatives sans Bluetooth?

Oui. L'application Fairtiq fonctionne presque exactement comme Easyride, mais ne rend pas le Bluetooth obligatoire. La technologie peut aussi être utilisée dans l'application Fairtiq pour calculer le trajet, mais son activation reste facultative pour les voyageurs.

Fairtiq est une alternative viable à l'application des CFF.
Fairtiq est une alternative viable à l'application des CFF.Image: Keystone

Que dit l'autorité compétente?

Lorsque des données supplémentaires circulent, comme c'est le cas ici via le Bluetooth, la question de la protection des données se pose. Selon la loi sur la protection des données, le traitement des données personnelles doit être licite, proportionné, orienté vers un but précis et transparent.

Les CFF tiennent à souligner que les émetteurs Bluetooth (beacons) ne peuvent ni recevoir, ni stocker, ni traiter de données personnelles. Autrement dit: il n'est stocké nulle part de registre indiquant qui a pris un train ou un bus à quel arrêt. De plus, la règle reste la même: les données saisies via l'application servent uniquement à la facturation des trajets et ne sont pas transmises à des tiers.

En Suisse, le respect de la protection des données est surveillé par le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT). Celui-ci est en contact régulier avec les entreprises de transports publics, les conseille et intervient si nécessaire en tant qu'autorité de surveillance. Les CFF ont fait part de leur décision de rendre le Bluetooth obligatoire à l'autorité de protection des données.

Il n'existe actuellement aucun indice que les beacons Bluetooth seraient utilisés à d'autres fins que la détermination du trajet parcouru et donc du prix du billet, déclare Katja Zürcher-Mäder, cheffe de la communication de l'autorité de protection des données PFPDT, en réponse à notre demande.

Quid de la différence entre 1ᵉ et 2ᵉ classe?

Grâce au contact avec les émetteurs Bluetooth, l'application CFF peut théoriquement aussi reconnaître dans quelle partie du train se trouvent les utilisateurs.

Dans la Preview-App, au sein de laquelle les nouvelles fonctions sont testées avant d'être déployées pour le grand public, il est possible de partager sa position dans le véhicule avec d'autres voyageurs. L'application ne détecte pas seulement la position à l'intérieur du wagon, mais aussi si quelqu'un se trouve en haut ou en bas d'un train à deux niveaux.

L'application est-elle maintenant capable de déterminer si l'on se trouve dans un wagon de 1ᵉ ou de 2ᵉ classe? Non, répondent les CFF. Sabrina Schellenberg, porte-parole, indique:

«Cette fonction n'est actuellement pas utilisée pour l'enregistrement des trajets. La classe doit, si nécessaire, être modifiée manuellement.»

Les fraudeurs ont-ils favorisé ce changement?

L'introduction de la fonction Easyride a ouvert de nouvelles possibilités aux voyageurs qui ne souhaitent pas payer, ou seulement pour une partie du trajet parcouru. Voyager sans titre de transport valable représente un problème important pour les entreprises de transport. Les CFF évoquent 200 millions de francs qui échappent chaque année aux transports publics en raison de la fraude.

En 2024, un groupe de recherche de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) est parvenu à tromper le système Easyride à l'aide de données GPS manipulées. Tout en effectuant un trajet en train sur une longue distance, les chercheurs ont altéré le système de localisation GPS de telle sorte qu'un trajet bien plus court était facturé.

Les contrôleurs de billets n'ont rien remarqué et sur le décompte est apparu le tarif local avantageux au lieu du long trajet en train réellement effectué. L'expérience a servi de base à une étude qui formulait également des recommandations à l'intention des entreprises de transport. L'une de ces recommandations coïncide justement avec l'obligation d'activer le Bluetooth.

Toutefois, après le signalement des chercheurs de l'EPFZ, les CFF avaient déjà adapté leur système, permettant ainsi de détecter les manipulations après coup et de les porter à la connaissance des autorités. C'est ce que les CFF ont communiqué lors de la parution de l'étude.

La nouvelle obligation d'activer le Bluetooth n'aurait aucun lien avec les voyages sans titre de transport valable, déclare la porte-parole des CFF Sabrina Schellenberg en réponse à notre demande.

D'ailleurs, les chercheurs de l'EPFZ ne voyageaient pas réellement sans titre de transport à l'époque. Ils soulignent avoir été en possession d'un billet valide sur eux.

Que pourrait permettre à l'avenir le Bluetooth?

L'utilisation de la technologie Bluetooth jouera un rôle plus important à l'avenir. Alliance SwissPass, l'organisation faîtière de toutes les entreprises de transports publics de Suisse, testera, à partir du 27 avril, une fonction qui reconnaît automatiquement si l'on utilise un moyen de transport public. Avec la nouvelle fonction baptisée «Be in – Be out», en abrégé Bibo, il ne sera même plus nécessaire de s'enregistrer via un système analogue à Easyride.

La fonction sera intégrée au test sur le terrain «MyRide», déjà en cours. Environ 3500 personnes participent actuellement à ce test. Jusqu'ici, celles-ci devaient activer l'enregistrement au départ du trajet. Désormais, tout devrait se faire automatiquement.

Si le système s'impose, les avantages d'un abonnement général deviendront accessibles aux personnes qui n'en possèdent pas. Et ce, à l'avenir, sans glissement du doigt à l'entrée et à la sortie des transports.

Ces 17 lieux de tournage abandonnés sont fascinants
1 / 22
Ces 17 lieux de tournage abandonnés sont fascinants

Hobbiton, Nouvelle-Zélande – The Lord of the Rings & The Hobbit

source: reddit
partager sur Facebookpartager sur X
Les retrouvailles spatiales de Christina Koch et de sa chienne Sadie
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
0 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
Un ancien élu auditionné sur le drame de Crans-Montana
Une deuxième audition à caractère politique se déroule ce mercredi à Sion (VS) avec l'interrogatoire d'un ex-conseiller communal en charge de la sécurité publique.
L'ancien conseiller communal de Crans-Montana en charge de la sécurité publique (2021-2024) est entendu mercredi dans le cadre de l'incendie du bar «Le Constellation». L'homme a choisi de répondre aux questions qui lui sont posées.
L’article