Le Valais peut éliminer tous les individus d'une seule meute de loups (celle de Nanz) alors qu'il avait fait la demande pour en tirer quatre. «Fâché» et «déçu», il annonce analyser les recours possibles. Parallèlement un premier loup a été abattu dans la nuit.
Le canton du Valais voulait éliminer complètement quatre meutes de son territoire, soit environ 25 loups cette année et avait fait une demande allant dans ce sens à l'Office fédéral de l'environnement (Ofev) à la mi-août. Mercredi, il a indiqué par communiqué que la Confédération lui avait octroyé le droit d'éliminer uniquement celle de Nanz dans le cadre de la régulation proactive qui s'étalera jusqu'au 31 janvier 2025.
L'Ofev a autorisé «sous réserve» le tir d'une deuxième meute, celle des Toules. Mais pour obtenir ce «oui», «le canton doit apporter la preuve que des animaux de rente supplémentaires ont été tués par la meute depuis le 21 août, date de l’envoi de la demande», écrit-il. Celui-ci continuera de tenir un décompte et «effectuera une nouvelle demande le moment venu», ajoute-t-il.
En revanche, la Confédération a refusé d’autoriser les tirs de régulations pour les meutes d’Augstbord et d’Hérens-Mandelon. Pour ces deux meutes, l'Ofev estime que:
«Nous sommes déçus et fâchés, c'est une incompréhension totale», réagit auprès de Keystone-ATS Nicolas Bourquin, chef du service valaisan de la chasse, de la pêche et de la faune (SCPF).
L'an passé, le service estimait que les démarches s'étaient améliorées, mais cette année «on se rend compte que ce n'est pas le cas. On marche en arrière et on veut des clarifications», poursuit-il. Il rappelle aussi que «rien qu’en Valais la présence de onze meutes a été confirmée et trois sont en attente de l'être».
Le SCPF en étroite collaboration avec le Service cantonal de l’agriculture «analyse actuellement tous les moyens possibles pour faire recours à ces décisions».
Avec l'autorisation obtenue, le canton peut «procéder au prélèvement complet de la meute de Nanz, soit un prélèvement total d’environ neuf loups au minimum», écrit-il. La décision a été publiée dans le Bulletin officiel de ce mercredi ouvrant directement la possibilité de tirer. «Un premier loup a été prélevé cette nuit par le gardiennage professionnel», indique Nicolas Bourquin.
Pour abattre les loups sur son territoire, les organes d’exécution du canton compte sur le soutien des chasseurs formés dans les secteurs autorisés pendant la période de la chasse haute, de la chasse aux petits prédateurs et au sanglier ainsi que sur certains chasseurs spécialisés intégrés dans le groupe de soutien chasse sous la responsabilité du SCPF.
La population de loups en Valais est estimée entre 90 et 120 individus. (lal/ats)