Suisse
Vaud

Ce rapport épingle les tentatives d'ingérence de Valérie Dittli

L'enqu
Le Grand Conseil vaudois regrette les «vérités alternatives» de Valérie Dittli.Keystone

Ce rapport épingle les «vérités alternatives» de Valérie Dittli

Une commission du Grand Conseil vaudois pointe les manquements de la conseillère d'Etat. Il lui est notamment reproché de tenter d'«imposer un narratif».
29.04.2026, 14:0229.04.2026, 16:04

La Commission de gestion (COGES) du Grand Conseil a dévoilé mercredi son habituel rapport annuel sur le fonctionnement de l'Etat de Vaud. Il contient 26 observations, dont plusieurs portent sur un manque de coordination et de transparence entre les différentes entités étatiques. La COGES épingle aussi Valérie Dittli, regrettant ses «vérités alternatives».

Le passage en revue assez rapide des sept départements cantonaux a cédé la place à une multitude de questions. Et notamment sur la conseillère d'Etat centriste, après que la présidente de la COGES, Oriane Sarrasin, a parlé de «tentatives d'ingérence» de Dittli sur le rapport annuel et les remarques de la commission.

Oriane Sarrasin, vice-presidente de la delegation des commissions de surveillance parle lors d'une conference de presse de la Delegation des commissions de surveillance du Grand Conseil vaudois a ...
Oriane SarrasinImage: KEYSTONE

«Ces tentatives d'ingérence concernent une volonté de modifier certains faits ou remarques, de s'y opposer en évoquant des justifications ou des preuves qui ne nous parviennent finalement jamais, bref d'imposer un narratif», a expliqué Sarrasin.

«Cette pratique n'existe pas avec les autres membres du gouvernement. C'est la seule ministre qui agit ainsi»

Si la présidente de la COGES n'a pas souhaité reprendre le terme de «mensonges» utilisé vendredi dernier par le Conseil d'Etat à la suite du rapport Meylan, elle a néanmoins admis que la commission avait fait face à «des versions contradictoires, des informations lacunaires ou vagues». Elle a plutôt pointé du doigt des «vérités alternatives».

Une problématique récurrente relevée

Plus globalement, Sarrasin a relevé à quel point «l'année 2025 avait été très particulière et mouvementée, et c'est un euphémisme». Affaire Dittli, rapport Studer, bouclier fiscal, rapport Paychère, dysfonctionnements, Délégation des commissions de surveillance (DELSURV), tensions budgétaires et démission de Rebecca Ruiz: les institutions ont subi de «fortes turbulences».

Et pour résumer, la COGES souligne «la nécessité de renforcer l'agilité de l'Etat pour faire face aux changements, retrouver la stabilité et assurer les prestations à la population».

«Davantage de coordination et de transparence entre les entités étatiques et en leur sein sont indispensables»

La réorganisation départementale en cours de législature – «nécessaire» selon la COGES – a mis en exergue une problématique structurelle récurrente relevée par la commission depuis plusieurs années: l'Etat fonctionne trop en silo. Par exemple, des dossiers pourtant déjà bien avancés ont «généré des surcroîts de travail et subi des retards lors de leur transmission entre départements».

«Dans certains cas, cela freine même des projets de décrets ou de lois. C'est une perte d'énergie, de temps et d'argent», a affirmé Sarrasin. La commission a aussi jugé trop courts les délais de démission (trois mois) des hauts cadres de l'administration, afin d'assurer la meilleure transition possible à ces postes-clés.

Inquiétudes pour le climat de travail au CHUV

Le passage en revue des sept départements de l'Etat de Vaud a donné lieu à 26 observations. Deux ont particulièrement attiré l'attention.

La COGES demande une clarification et un renforcement de plusieurs processus étatiques. Elle relève par exemple que les procédures de nomination des médecins-chefs au CHUV ne garantissent pas pleinement l'égalité des chances entre candidats. Pour éviter «l'opacité, un manque d'impartialité, du copinage ou des conflits d'intérêts», elle demande la révision de ces procédures et leur application rigoureuse. Elle s'inquiète aussi du climat de travail au CHUV.

La COGES appelle également à renforcer ou repenser le travail en réseau dans les politiques publiques impliquant plusieurs intervenants. Exemple: la prise en charge des mineurs entre les écoles, la protection de la jeunesse, la santé, la justice, voire la police, «nécessite davantage de coordination, de communication et une clarification des rôles».

Toutes les observations de la COGES sont contraignantes et le gouvernement devra répondre à chacune d'entre elles d'ici la fin mai. Ses réponses seront ensuite discutées et votées par le Parlement avant la fin juin 2026. (jzs/ats)

On a testé Rollers, ce nouveau mini-golf-bar ultra kitsch à Lausanne
Video: watson
Ceci pourrait également vous intéresser:
Avez-vous quelque chose à nous dire ?
Avez-vous une remarque ou avez-vous découvert une erreur ? Vous pouvez nous transmettre votre message via le formulaire.
2 Commentaires
Votre commentaire
YouTube Link
0 / 600
2
Le nombre d'habitants explose dans ces 6 villes romandes
La population de certaines villes suisses a augmenté de plus de 40% au cours des dix dernières années. Si l'écrasante majorité des centres urbains comptent toujours plus d'habitants, certains affichent la tendance opposée.
La Suisse est de plus en plus urbanisée. Près de quatre millions de personnes travaillent aujourd'hui dans les villes helvétiques, rappelle ce mardi l'Office fédéral de la statistique (OFS) dans une publication consacrée à ce sujet. Cela correspond à près de sept personnes actives sur dix.
L’article