L'UDC pourrait franchir une barre symbolique en 2027
Tandis que les Verts peinent, l’UDC enchaîne les victoires. Depuis 2023, le premier parti de Suisse a gagné 42 sièges lors des élections aux parlements cantonaux, davantage que n’importe quel autre parti. Il enregistre des gains même dans des villes traditionnellement à gauche comme Zurich et Lausanne.
Seul bémol: les élections aux exécutifs. Les scrutins majoritaires restent un problème pour le parti. Ainsi, ce mois-ci, l’UDC a été éjectée du gouvernement d’Obwald, alors qu’elle devenait simultanément la première force au parlement.
Le travail de terrain paie
Obwald et Nidwald, où le parti détient désormais lui aussi le plus de sièges, illustrent une tendance: l’UDC dépasse Le Centre dans ses bastions historiques et consolide sa position de première force dans les parlements cantonaux. Actuellement, il s'agit du parti le plus représenté dans douze cantons. Le Centre en domine sept, le PLR cinq, dont quatre en Suisse romande et au Tessin. Le Parti socialiste n’arrive en tête qu'à Bâle-Ville.
Responsable des campagnes électorales de l'UDC, le conseiller national Manuel Strupler salue l'engagement de ses troupes:
Pas question toutefois de se reposer. Comme le montre la dernière votation sur l'imposition individuelle, l’électorat s'est plus mobilisé et à gauche et dans les villes qu’à la campagne. Cela vaut aussi en vue des élections fédérales de 2027.
Le chef de campagne se dit confiant: avec la votation du 14 juin sur l’initiative UDC pour une Suisse à 10 millions d’habitants, et le débat lancé sur les accords avec l’UE, les thèmes de la sécurité, de la liberté, de l’indépendance et de la migration continueront de dominer l’agenda. Selon lui:
Des moments décisifs approchent
Lukas Golder, codirecteur de l’institut gfs.bern, constate que l’UDC organise ses campagnes de manière rigoureuse jusque dans les communes. Par des thèmes posés à l’avance et sa planification d’initiatives, elle oblige les autres partis à réagir, selon lui. Il tempère cependant:
D’ici aux élections fédérales, plusieurs moments décisifs pourraient casser l’élan de l’UDC. Les élections cantonales à Berne fin mars feront figure de baromètre. Le résultat de la votation du 14 juin sera tout aussi important.
Si l’UDC franchit ces obstacles et parvient aussi, comme cela se dessine actuellement, à s’ancrer davantage en Suisse romande, elle sera alors presque impossible à arrêter, prévient Lukas Golder. Le parti agrarien avait obtenu 27,9% aux élections fédérales 2023. Le politologue l'affirme:
(btr/az)
