La réaction de la Suisse à l'opération Trump agace
Les Etats-Unis ont attaqué le Venezuela dans la nuit de vendredi à samedi et capturé son chef d'Etat Nicolas Maduro. Celui-ci doit désormais être jugé à New York.
La réaction du Conseil fédéral reste mesurée, le DFAE écrivait ceci, samedi:
Lundi, le Conseil fédéral a tenu une séance extraordinaire. Et il a bloqué d’éventuels avoirs du président vénézuélien détenus sur des comptes suisses.
«Une guerre d’agression» des Etats-Unis au Venezuela
Par cette décision, la Suisse complète les sanctions existantes contre le Venezuela, selon le Conseil fédéral. Avec la perte de pouvoir de Nicolas Maduro, le Venezuela pourrait tenter de récupérer des fonds potentiellement acquis illégalement. Les membres du gouvernement actuellement en fonction ne sont pas concernés par ce blocage.
La conseillère nationale verte Christine Badertscher se dit «irritée» par le fait que le Conseil fédéral se montre peu critique à l’égard des Etats-Unis. Il est certes judicieux et, en principe, habituel de bloquer d’éventuels avoirs lors d’un changement de pouvoir. Mais, selon elle, des violations manifestes du droit international ont été commises par les Etats-Unis, que la Suisse ne nomme pas. Certes, la Suisse est dépendante des Etats-Unis en raison des négociations douanières en cours:
Fabian Molina (ZH/PS) soutient que la déclaration de la Suisse sur la situation au Venezuela se résume essentiellement à:
A ses yeux, cette attitude est extrêmement préjudiciable au pays.
D’autant plus que le Venezuela est désormais encerclé par des troupes américaines et que Donald Trump n’exclut pas une offensive terrestre:
Il faut donc une condamnation immédiate et des mesures pour préserver l’ordre international.
Ce que dit le Centre et l'UDC sur le Venezuela
La conseillère nationale du Centre Elisabeth Schneider-Schneiter modère le ton. Pour elle, la prise de position du Département des affaires étrangères est «formulée de manière diplomatique». Sur le fond, le Conseil fédéral constate toutefois clairement que le droit international a été violé.
La Centriste comprend que la Suisse fasse preuve de retenue. Après tout, les négociations douanières en cours représentent aussi un enjeu important pour la Suisse: «Nous ne devrions pas prendre cela à la légère». Le Conseil fédéral doit analyser la situation en profondeur et décider ce qu’il convient de faire, comme le font aussi les pays européens. Il s’exprimera alors plus fermement, elle en est convaincue.
Le président du groupe UDC Thomas Aeschi porte un regard tout différent. A ses yeux, c'est en reprenant unilatéralement les sanctions de l'UE contre la Russie, qui n’étaient pas soutenues par le Conseil de sécurité de l’ONU, que la Suisse a commis une erreur. Ce faisant, la Suisse aurait violé sa neutralité séculaire, mais il a un espoir:
Thomas Aeschi exige qu'à l'avenir le Conseil fédéral se tienne à l’écart des conflits et fasse preuve de retenue, en toutes circonstances.
Traduit de l'allemand
