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votations 2024

Autoroutes: La Suisse a «peur de grandir»

«Peur de grandir»: comment la presse perçoit le non aux autoroutes

La presse voit dans le rejet des projets d'extension des autoroutes un échec de l'UDC et de son ministre des transports Albert Rösti.
L'UDC et de son ministre des transports Albert Rösti ont subi un revers ce dimanche.keystone/watson
La presse romande voit dans le rejet des projets d'extension des autoroutes un message en faveur du climat, mais aussi contre la croissance. En Suisse alémanique, les éditoriaux ne manquent pas d'évoquer l'échec de l'UDC et de son ministre des transports Albert Rösti.
25.11.2024, 06:32
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Le rejet des projets d'extensions des autoroutes constitue un message en faveur du climat, estime La Liberté. Plutôt que dans des aménagements autoroutiers superflus, la Confédération doit investir davantage dans les transports publics, note le quotidien fribourgeois.

«Pointée du doigt pour son manque d'ambition en faveur du climat, la Suisse démontre par ce vote n'avoir pas renoncé à toute action politique dans ce domaine»
La Liberté

Si ce résultat est un «bon choix», relève le Blick francophone, qui parle d'un projet au «sérieux goût de rance», le problème reste cependant entier: «l'urgence est bien là», entre le réchauffement climatique et nos besoins en matière de mobilité, souligne le site. Le problème, c'est que la Suisse n'a aucun plan pour y faire face et que «ce n'est pas près de changer».

Mais ce «non» est aussi celui d'«une Suisse qui a peur de grandir», estime Le Temps. Les autorités doivent prendre au sérieux ce signal, alors qu'on devrait voter, en 2026 ou 2027, sur l'initiative de l'UDC «Pas de Suisse à dix millions», poursuit le journal. «Entre crainte de la migration pour les uns et tentation de la décroissance pour les autres, le résultat pourrait être tout autre» que lors de la votation sur l'initiative Ecopop, rejetée voici dix ans.

«Un scrutin imperdable»

Un avis partagé par les journaux du groupe de presse ESH, Le Nouvelliste, ArcInfo et La Côte, «ce 'non' aux bagnoles n'est pas un 'oui' au climat».

«Beaucoup n'ont pas cru que les embouteillages allaient être moins fréquents ou ne se sont simplement pas sentis concernés par le vote. D'autres ne veulent pas d'une Suisse plus grande qu'elle ne l'est déjà»

Car ce résultat n'est pas uniquement motivé par des considérations écologistes, remarque aussi Le Courrier. «L'oubli des cantons romands dans la politique d'investissements routiers et la fronde d'une partie minoritaire du monde paysan peu encline au grignotage des terres agricoles a aussi pesé», souligne son commentateur précisant que «les insupportables nuisances du trafic routier – le bruit en tête – empoisonnent la vie de larges pans de la population qui n'en peut plus».

Ce «non» est aussi un échec pour le camp bourgeois, constatent 24 Heures et la Tribune de Genève. «Car, sur le papier, ce scrutin était imperdable. Porté par le Conseil fédéral, adoubé par le Parlement, ce projet d’extension des autoroutes avait le soutien du Centre, du PLR et de l'UDC, dont les électeurs sont majoritaires en Suisse. Sans oublier qu'avec plus de 4 millions les partisans avaient plus d'argent que les opposants et leurs 2,7 millions».

Avec les autres récentes victoires de la gauche, dont celle sur la 13e rente de l'AVS, il faut voir dans le résultat de dimanche «une nouvelle remise à l'ordre du peuple face à une forme d'arrogance de droite», ajoute le commentateur des journaux alémaniques, pour qui c'est aussi un revers pour le conseiller fédéral Albert Rösti.

Une gifle à Rösti

Le Tages-Anzeiger parle même de gifle retentissante pour le ministre des transports. Il «a peut-être lui-même fait partie du problème». Si les plans d'extension ont été mis en place sous ses prédécesseurs, l'ancien lobbyiste du pétrole et de l'automobile était considéré comme «l'expéditeur», relève le journal alémanique.

Pour le portail alémanique blick.ch, le «non» à l'extension des autoroutes est dû à une «alliance contre nature». «Les milieux de gauche ont voté 'non' parce qu'ils veulent protéger le climat. Parce qu'ils ne veulent pas bétonner le pays. Et à droite, les UDC ont voté contre le projet: parce que les agriculteurs ne veulent pas sacrifier de terres. Parce que les électeurs de l'Union démocratique du centre sont convaincus que l'on peut aussi désengorger les autoroutes si l'immigration est limitée».

La Neue Zürcher Zeitung pointe, elle, la campagne intelligente, parfois limite, des opposants à l'élargissement des autoroutes. Ils ont mené une «campagne savamment orchestrée qui a fait des six projets une question de principe», constate le journal. A l'opposé, la campagne des partisans, «Avancer ensemble», «faisait penser à un séminaire de motivation».

L'affirmation, répétée comme un mantra par M. Rösti, selon laquelle l'extension profiterait aux communes et régions environnantes, est tombée dans l'oreille d'un sourd, remarquent aussi nos confrères alémaniques de watson. L'idée que plus de routes signifie tout simplement plus de trafic s'est imposée, ajoute-t-il. La perte de terres cultivables a sans doute également contribué au «non». (mbr/ats)

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