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Les oppositions aux mosquées concentrent les craintes liées à l’islam

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La mosquée du Petit-Saconnex à Genève.Keystone

Les oppositions aux mosquées concentrent les craintes liées à l’islam

En Suisse, les débats autour de la construction de mosquées cristallisent de nombreuses inquiétudes sur l’islam, alors que les soupçons de financement étranger restent limités à quelques cas avérés, selon un expert de l’Université de Fribourg.
18.04.2026, 09:3518.04.2026, 09:35

Directeur du Centre suisse pour l'islam et de la société de l'Université de Fribourg, Hansjörg Schmid bat en brèche l'idée d'un éventuel financement étranger des mosquées. Il relève en outre que toutes les craintes et les questions sans réponse concernant l'islam sont projetées contre la constructions de mosquées.

Depuis l'adoption de l'initiative relative aux minarets ern 2009, dix mosquées, facilement reconnaissables de l'extérieur, ont ouvert leurs portes en Suisse. Elles sont toutes situées en Suisse alémanique, indique Hansjörg Schmid.

En Suisse romande, la réticence à afficher sa religion en public est encore plus marquée. Cependant, les questions controversées et litigieuses liées au débat sur l'islam sont les mêmes partout en Suisse et au-delà, précise-t-il dans un entretien avec Keystone-ATS. L'expert note:

«Lorsqu'un projet de construction de mosquée est annoncé, le concept – par ailleurs relativement abstrait – de l'islam devient visible et tangible. Toutes les craintes et les questions sans réponse sont projetées sur le projet et ses acteurs: le rôle des femmes, la violence, la radicalisation, le fondamentalisme»
Hansjörg Schmid

Et d'ajouter que certains se sentent menacés ou craignent de perdre leur statut. «En apparence, les arguments portent sur le stationnement, les nuisances sonores et la hauteur des bâtiments, mais la réalité est bien plus complexe. Cette forte charge émotionnelle rend difficile un débat factuel», analyse l'universitaire.

Ce débat offre aussi, selon lui, l'opportunité de formuler des questions essentielles et de permettre aux communautés musulmanes de construire progressivement un climat de confiance. «Mais ce processus est long. Il est rare qu'un projet de mosquée soit approuvé et achevé en quelques mois».

Peu de financement étranger sont avérés

Dans la plupart des cas, l'argent provient de fidèles et d'autres donateurs suisses. Un important travail bénévole est également souvent fourni, affime Schmid. La construction de ces nouvelles mosquées témoigne aussi de la mobilité sociale: de nombreux musulmans ayant immigré depuis les années 1990 sont aujourd'hui des entrepreneurs prospères qui souhaitent affirmer leur identité religieuse et culturelle en Suisse et, ce faisant, contribuer à leur épanouissement spirituel, précise-t-il.

La mosquée de Netstal (GL), inaugurée en 2016, a publié ses comptes à l'époque afin de dissiper les soupçons de financement étranger. L'importance de ce financement est souvent surestimée. Fréquemment, les fonds circulent dans l'autre sens, les musulmans résidant en Suisse faisant des dons à leurs pays d'origine.

Actuellement, seuls quelques cas avérés de financement étranger existent en Suisse, comme celui de la mosquée de la Rötelstrasse à Zurich. L'acquisition du bâtiment a été financée par les Emirats arabes unis, de même que ses frais de fonctionnement. (tib/ats)

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source: musée national suisse
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