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Ambulances électriques: pourquoi Zurich a abandonné le projet

An injured boy is receiving medical treatment in an ambulance after landing at Zurich Airport, Switzerland, on Friday, October 24, 2025. As part of a humanitarian operation, Switzerland has evacuated  ...
Dans le cadre de son objectif de neutralité carbone, Zurich a lancé en 2023 un test avec deux ambulances électriques.Keystone

Pourquoi Zurich abandonne les ambulances électriques

Soucieuse de réduire ses émissions, Zurich a testé des ambulances électriques. Le verdict est sans appel: elles se sont révélées inadaptées. Une conclusion que partagent d'autres villes, confrontées aux mêmes limites.
25.04.2026, 12:0225.04.2026, 14:29
Stefan Ehrbar

Si la voiture électrique s’est imposée et a largement fait ses preuves, tout comme les utilitaires, poids lourds et bus de ligne désormais bien intégrés au paysage routier suisse, la situation est très différente pour les véhicules spécialisés. Pompiers, police ou services de secours: dans ces domaines, la technologie en est encore à ses débuts. Zurich en a fait l’expérience de manière concrète.

L’organisation de secours zurichoise Schutz und Rettung (SRZ) exploite une flotte de 27 ambulances, qui doivent être remplacées d’ici 2030 en raison de leur ancienneté. Dans le cadre de son objectif de neutralité carbone, la ville a lancé en 2023 un test avec deux ambulances électriques: l’une issue d’une conversion d’un Mercedes, l’autre un modèle Iveco conçu directement en version électrique.

Le bilan est désormais connu — et il est négatif. Le véhicule Mercedes a présenté des «redémarrages incontrôlés empêchant les équipes de partir en intervention», selon un document de la ville. Le modèle Iveco, lui, a souffert de «conflits de charge entre la batterie et les consommateurs électriques», notamment les systèmes d’éclairage, les appareils médicaux ou la réfrigération. Le constat de la plus grande organisation civile de secours de Suisse est sans appel:

«Les concepts ne sont pas encore totalement au point»

Le véhicule du médecin urgentiste doit être rapidement rechargé

Le test mené par Schutz und Rettung Zürich (SRZ) a permis de tirer des enseignements importants, explique son porte-parole, Severin Lutz. Aucune acquisition d’ambulances électriques n’est toutefois prévue au cours des deux prochaines années. «Cela nous donne la possibilité d’observer de près le marché ainsi que l’arrivée de produits plus aboutis», précise-t-il.

A plus long terme, SRZ envisage une répartition hybride: un tiers des ambulances remplacées serait électrique, deux tiers resteraient à motorisation conventionnelle. Ce compromis doit garantir la disponibilité des véhicules, aussi bien en cas de pénurie d’électricité que de manque de carburant. Cette priorité est jugée centrale.

A Berne, les constats sont similaires. Des ambulances électriques n’y ont pas encore été utilisées, mais un véhicule de médecin urgentiste électrique a déjà été testé. Son comportement routier est salué par le personnel, indique Martin Müller, porte-parole de Schutz und Rettung Bern. En revanche, sa contrainte principale reste la recharge, qui doit être effectuée le plus rapidement possible.

Les Tesla de la police font leurs preuves

Pour les véhicules de type ambulances, dans la catégorie des poids intermédiaires, Schutz und Rettung Bern se dit «impatients de voir les solutions que proposera le marché». L’offre de véhicules d’intervention dans ce segment n’est pas encore suffisamment développée. A cela s’ajoute une limite technique: les infrastructures de recharge ne sont pas disponibles, notamment dans les services d’urgence des hôpitaux, ce qui empêche pour l’instant de recharger les ambulances électriques dans des conditions opérationnelles.

Martin Müller rappelle, par ailleurs, une contrainte fondamentale pour une organisation de secours: elle doit rester opérationnelle en cas de pénurie d’électricité ou de blackout. Elle doit également être en mesure d’intervenir hors des zones urbaines, «ce qui impose des exigences particulières aux véhicules».

A Bâle-Ville, aucun véhicule de secours électrique n’est encore en service. Les pompiers disposent en revanche de 18 véhicules entièrement électriques, allant des véhicules de transport de personnel aux véhicules de commandement et aux petits engins d’intervention. Le département de justice et de sécurité (JSD) ne constate pas de problèmes généraux, selon son porte-parole Toprak Yerguz. La collectivité a très tôt misé sur l’électromobilité, notamment au sein de la police cantonale. Depuis 2019, sept Tesla y sont en service et les retours sont jugés positifs.

Des véhicules diesel faute d’alternatives adaptées

«Nous avons toujours souligné que la garantie de la mission opérationnelle prime sur le type de motorisation», rappelle Toprak Yerguz. Lorsque les véhicules électriques ne répondent pas aux exigences, des modèles à moteur thermique sont privilégiés.

C’est notamment le cas pour les véhicules de transport de personnel de la protection civile et de la défense. Ceux-ci doivent fonctionner en cas de crise, de catastrophe ou de situation d’urgence, et servir à des interventions dans d’autres cantons. «Ils peuvent également être engagés pour des missions de plusieurs jours en région alpine», précise-t-il. Dans ces zones, des lacunes d’approvisionnement en infrastructures de recharge peuvent subsister. D’où le recours à des véhicules à combustion.

Ainsi, malgré la progression des véhicules électriques sur les routes suisses, les services de secours continueront, dans les années à venir, de fonctionner très largement au diesel. Une réalité qui importe peu, au fond, pour les personnes qui dépendent d’une intervention rapide: seule compte la capacité à arriver, et à arriver à temps. (aargauerzeitung.ch) (trad. tib)

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