Divertissement
Cinéma

Le Rêve américain: Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi confient

Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, le duo que le cinéma français s'arrache.
Le duo au zénith du cinéma français, affublé de son plus sweat et t-shirt, s'est fendu de quelques confessions sur canapé.Image: watson

«Shaqiri n'est pas fort»: Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi se confient

A l'affiche du film Le Rêve américain, en salle cette semaine, le tandem incontournable du cinéma français Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi s'est fendu de quelques confessions sur canapé. Leur vision des Etats-Unis, leur modèle artistique, la bouffe, leurs rêves... Et leur opinion sur la Suisse, évidemment.
16.02.2026, 18:5816.02.2026, 20:49

Quand nous partons à la rencontre de Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi, par une belle matinée de février, glaciale et ensoleillée, nous sommes presque certain de passer un bon moment.

A l'écran comme à la vie, il se dégage quelque chose de particulier des deux chouchous du réalisateur Quentin Dupieux, omniprésents sur grand écran ces dernières années. Pendant que les mauvaises langues soupireront qu'on les voit trop, les autres se régalent: Après Coupez! (2022) et la comédie déjantée Fumer fait tousser (2022), ils ont partagé l’affiche de Pourquoi tu souris? (2024) et de l’événement cinématographique L’Amour ouf (2024).

Le duo revient cette semaine en tête d’affiche de la comédie Le Rêve américain (2026), inspirée d’une histoire vraie sur deux agents français, Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana, devenus incontournables dans le basket-ball américain. Un film cool, touchant, lumineux, à l'image de notre rencontre avec ces deux acolytes.

Il est midi passée. Vous avez déjà mangé? Ou vous savez déjà où vous allez grignoter à Lausanne?
Jean-Pascal Zadi: Non, pas encore! Mais je pense qu'on attrapera quelque chose au passage à l'aéroport. On doit partir juste après l'interview.

Oh non! Avez-vous déjà goûté à des plats typiquement suisses, au moins?
Jean-Pascal: La fondue, là?

Par exemple.
Jean-Pascal: J’ai goûté ma première fondue en Suisse sur le tournage du film Le Procès du chien. Et c’était vraiment trop bon. Je ne savais pas du tout qu’il y avait du vin dedans!

Raphaël, vous pouvez citer quelque chose?
Raphaël Quenard: Je suis originaire de Grenoble et j’allais jouer au foot à Annemasse, c’est tout proche. Du coup, j'ai goûté un peu tous les plats. Après... Je ne sais pas si c’est typiquement suisse. Je dirais que ce sont des plats de la région, qui débordent sur la Suisse. Pour moi, la fondue, la raclette, la tartiflette, tout ça, ce sont des plats français.

Ça va poser problème.
Raphaël: Vous dites que la fondue vient de Suisse?

Ah ben oui, évidemment.
Raphaël: Pour nous, c’est savoyard. Nous avons un petit différend. Vous écrivez pour un média de nourriture?

Non, mais je trouve que la nourriture dit beaucoup sur les gens.
Le duo, en choeur: Ahhhhhhhh.
Raphaël: Vous connaissez la Croziflette?

J’en ai entendu parler, mais je n’ai jamais goûté. Il paraît que c’est méchant.
Raphaël: Ça vient de Haute-Savoie. Il faut que vous goûtiez.

Je tenterai. Sinon, quels liens entretenez-vous avec la Suisse?
Raphaël: Jean-Pascal a des placements financiers (rires).
Jean-Pascal: Moi, le lien que j’ai avec la Suisse, c’est Lætitia Dosch, que j’adore. Nous avons tourné ensemble Le Procès du chien avec François Damiens.
Raphaël: La Suisse, c'est aussi la passion pour Roger Federer.
Jean-Pascal: C’est clair, il est incroyable ce gars-là! Et Djourou, le joueur de football.
Raphaël: Shaqiri aussi, tu disais que tu l’aimais bien.
Jean-Pascal: Ouais non, je le trouve pas... fort.

Les références suisses de Quenard et Zadi: Lætitia Dosch, Roger Federer et Xherdan Shaqiri.
Les références suisses de Quenard et Zadi: Lætitia Dosch, Roger Federer et Xherdan Shaqiri.getty

Je vous préviens, la vanne sur Shaqiri, ça va être le titre de l’interview!
Jean-Pascal: Oh non! J'avais oublié que les journalistes, vous aimiez prendre la phrase qui vous intéresse.

Toujours la pire possible.
Jean-Pascal: C’est fou!
Raphaël: La Suisse, c’est le meilleur pays du monde. C’est beau, c’est calme, ça inspire. Il y a une forme de paisibilité apaisante et bienfaitrice.

«La Suisse, c'est un pays dans lequel on se sent bien à tous niveaux»
Raphaël Quenard

Et quel est votre rapport aux Etats-Unis, qui se trouvent au coeur de votre film, Le Rêve américain? On a souvent les pro et les antis, mais rarement les entre-deux.
Raphaël: Ben là... C’est entre-deux (rires).
Jean-Pascal: Il faut savoir que Le Rêve américain, ce n’est pas du tout un rêve d'Amérique en tant que telle. Je pense qu'il (Anthony Marciano, le réalisateur, ndr) a choisi ce titre parce que c'est une expression. Dans le film, le «rêve américain», ça signifie rêver grand. Rêver à l'impossible, à l'inaccessible. C’est la résilience, la combativité, la passion, la quête et d'avoir un rêve qui sort du cadre dans lequel on se trouve. C'est en ce sens-là que le film me touche.

«Venant de Caen et Raphaël de Grenoble, pour nous, le cinéma, c'était à Paris. Nous venons d’un cadre populaire. Ce n'était pas du tout nos codes, nos environnements. On a essayé de faire notre chemin là-dedans»
Jean-Pascal Zadi

Sinon, mon rapport aux Etats-Unis est plus culturel: l'art, le rap, le cinéma. Je m'intéresse pas trop à la politique américaine.

Raphaël: Bien que tu sois fan d'un certain Do... (Il éclate de rire). Non, moi, ce que j'aime bien, c'est ce que ça véhicule. C’est le spectacle, le mensonge, le soft power stratosphérique qu’ils déploient. L’essence de l'Amérique, c'est l'absence de limites. Et la liberté qui peut atteindre des sommets. Par exemple, l'un des artistes qui m'apparaît comme étant le plus libre au monde, c'est Jim Carrey. Je sais que dans sa vie, tout n'est pas tout rose. Mais quand tu le vois faire quelque chose, tu dis: «Ah putain, on a le droit de faire ça?! Woah, il s’autorise à faire ça!»

«Au quotidien, Jim Carrey nous apprend à être un peu plus libre, à s'accomplir et à s'autoriser à s'inventer»
Raphaël Quénard
Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, le duo que le cinéma français s'arrache.
Les deux copains que les réalisateurs s'arrachent ont partagé l'affiche de six films depuis 2022. image: watson

Une personnalité américaine qui vous a marqués, au-delà de «celui dont on ne citera pas le nom»?
Jean-Pascal: (Rires) Moi, je dirais Tupac Shakur. C’était un modèle d'honnêteté, d’entièreté, d’intégrité dans son art, dans sa manière de voir la vie, dans son positionnement politique.

«Je suis vraiment, vraiment un adepte de Tupac»
Jean-Pascal Zadi

C’est un personnage très important dans ma vie. Je me rappelle que, la première fois que j'ai entendu une des musiques de Tupac, je devais avoir 12 ans ou 13 ans. C’était un peu l'époque où l'été, je traînais dans les caves. Et j'ai passé une journée entière à écouter une chanson de Tupac dans une cave tout seul.

Une cave et de la musique en boucle, ça fait un peu psychopathe... Vous aviez une tronçonneuse, aussi?
Jean-Pascal: Non, non! Une cave festive, pas une cave glauque! Avec un canapé, tout ça. J’ai passé toute la journée à écouter sa musique. Mes potes me demandaient de venir jouer au foot, je ne pouvais pas. J’étais touché par quelque chose de l'ordre de la spiritualité, de l'émotion. Alors que je comprenais pas un mot de ce qu'il disait! Mais je comprenais l’implication, la ferveur avec laquelle il rapait, la puissance son âme. Il avait réussi à me toucher. J’avais 12 ans.

«Quand Tupac est mort, le 13 septembre 1996, une copine qui était au lycée avec moi m'a rappelé que je n’avais pas parlé de la journée. J’étais prostré, vraiment particulièrement affecté»
Jean-Pascal Zadi

Le soir-même, j’étais chez un pote, on a fait une minute de silence. Complètement fou. D’ailleurs, quand je parle à mes enfants de cette guerre «East coast-West coast», ils ne comprennent pas! Ils me disent: «Mais papa, t’habitais à Caen...» Je ne sais pas, j’étais possédé.

Raphaël
: Et moi, je dirais Snoop Dogg. C’est la personne qui me fascine le plus par sa tranquillité. Je le vois nager comme un poisson dans l'eau. Il est drôle, fin, détendu. Il est iconoclaste et anticonformiste et, en même temps, intemporel. Il traverse les époques en gardant une forme de jeunesse qui fait de lui quelqu'un de plus jeune que les jeunes. C'est le meilleur personnage pour moi. J’adore sa mentalité, sa détente, son niveau d’aisance - et son talent, bien sûr.

Les Américains préférés de Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard: les rappeurs Snoop Dog et Tupac Shakur.
Les Américains préférés de Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard: les rappeurs Snoop Dog et Tupac Shakur.getty

La première scène du film m'a fait vraiment rire, quand vous faites ce truc avec la voiture que je ne vais pas spoiler. Vous avez déjà appliqué dans votre vie, ce truc très américain du «Fake il until you make it»?
Raphaël: Toute la journée! Même là, en ce moment. En fait, même quand quelqu'un nous dit: «Ah, t’es un acteur et tout, machin. Tu fais des films, t'es connu.» Mais nous, on se on se sent pas du tout comme ça dans notre vie privée.

«J’ai toujours peur. J’ai toujours le syndrome de l'imposteur»
Raphaël Quenard

Tu as toujours l'impression de faker, de prendre une posture. Au final, toute la vie, c'est fake it until you make it. Si tu veux séduire quelqu'un, quand tu veux un travail, quand tu veux inspirer quelqu'un à faire quelque chose, tu fakes.
Jean-Pascal: Ben, pas moi en tout cas.
Raphaël: Mais si! Tout en restant toi-même, évidemment. Tu essaies d'être toi-même en toutes circonstances. Mais quand t’es sur un film et qu’on te dit: «Je te vois bien dans ce rôle» et que même toi, tu t'y vois pas... (Jean-Pascal se marre), t'es bien obligé. Vous, en tant que journaliste, quand vous posez des questions, au fond, vous avez toujours 15 ans, non?

C’est clair. Je me suis fait pipi dessus en entrant tout à l’heure. Mais j'avais quand même un bon feeling. Je me suis dit que vous ne deviez pas trop être des connards, tous les deux.
Raphaël: Ah ouais. Pas trop, mais quand même un peu. (Rires)

Non mais, il arrive qu’on soit surpris en mal. Des gens censés être rigolos ou sympas et qui sont en fait très cons.
Jean-Pascal: Oui, c’est vrai, ça m’est arrivé à moi aussi.

Sinon, lequel de vous deux est le plus sportif?
Jean-Pascal: C'est Raphaël. Il va à la salle de sport, il court, il fait pleins de choses, il s’entretient, alors que moi, pas du tout. Ce qui ne m’empêche pas d’être élégant et d’avoir une belle posture. (Ricanement)

Exact. Et le plus névrosé, à l’instar de votre personnage dans le film, Jean-Pascal? En mode «Allez hop, debout à cinq heures du matin, y'a du boulot!»
Jean-Pascal: Je dirais qu'on l'est tous les deux. On travaille beaucoup, parce qu’au fond, on a ce désir d'autonomie et d'indépendance. Donc on est tout le temps en train de bosser.

C’est la première fois que vous incarniez des gens réels, encore vivants, Bouna Ndiaye et Jérémy Medjana. Pas trop de pression?
Raphaël: Ce n’est pas flippant, dans le sens où les gens ne les connaissent pas. Vis-à-vis du public, il n’y a pas une responsabilité effrayante de devoir rendre une retranscription exacte de ces hommes. C’est plus vis-à-vis d'eux, quand ils ont vu le film.

Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, le duo que le cinéma français s'arrache.
Qu'on se rassure, les deux acolytes ont prévu de collaborer ensemble encore très, très longtemps.image: watson dr

Justement. Ça, ça ne vous a pas foutu les jetons?
Raphaël: Seulement à la projection. C’est vraiment au dernier moment que tu réalises: «Ah putain, ils sont vivants et ils vont le voir, c’est ce soir!»
Jean-Pascal: Exact. Quand on travaille, on reste dans nos personnages, leurs trajectoires, les situations. Quand on tourne, on tourne. Personnellement, je n’ai pas le temps de réfléchir aux conséquences. Il faut que j'accède à mon plein potentiel à l'instant T. Ça ne laisse pas de place à la réflexion. Quand tu commences à réfléchir, c’est foutu.
Le travail d'acteur, c’est se rendre disponible. De vider totalement son cerveau. C’est juste à la fin, quand il y a la projection, qu'on se rend compte que «Ah ouais, en fait, ils sont là».

«Le rôle de l'acteur, en fait, c'est d'être teubé. Voilà»
Jean-Pascal Zadi

Raphaël: Ouais, on est deux débiles et je pense que ça nous aide.

Je pourrais aussi garder ça, comme citation, pour le titre.
Raphaël: Ça, c'est bien. On est deux débiles et je pense que ça nous aide.

Vous avez des rêves? A quoi aspire-t-on, quand on atteint les hautes sphères du cinéma français?
Jean-Pascal: Mon rêve, à moi, c'est la tranquillité. Le bonheur de ma famille, de mes proches.

«Mon rêve, c'est de continuer ma relation avec Raphaël. Très, très longtemps. Qu'on soit ami, qu’on se soutienne, qu'on se défende»
Jean-Pascal Zadi

Et de continuer à faire mon travail correctement et de mener de bons projets. Mais ça, ce n’est pas un rêve. Je vais le faire. Quoi qu'il arrive, je vais le faire. Mais si je dois vraiment citer un rêve, c'est la tranquillité. D’avoir du temps et de profiter de ce que je veux.
Raphaël: On pense toujours qu'un rêve, ça doit être grand. Alors que ça peut être banal. C’est juste l'équilibre, la stabilité mentale. Un bon logement, un bon entourage, et tout. Et c’est déjà dur.

Image

Le Rêve américain, d'Anthony Marciano avec Raphaël Quenard et Jean-Pascal Zadi, est en salle dès le 18 février 2026.

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