Le film de Matt Pokora n'est pas sorti qu'il fait déjà hurler
Le 10 juin 1944, 643 hommes, femmes et enfants ont été assassinés à Oradour-sur-Glane par une compagnie de Waffen-SS, avant que le village ne soit incendié. Plus de 80 ans plus tard, TF1 consacre une soirée spéciale à cette tragédie le 24 septembre prochain, avec une fiction en deux parties suivie d’un documentaire historique.
Dans Oradour, Matt Pokora incarne Philippe Gerbier, un officier des Forces françaises libres parachuté près du village quelques jours avant le massacre, où il retrouve un amour de jeunesse joué par Caroline Anglade.
Sur le papier, sujet grave, ambition mémorielle et gros dispositif. Dans les premiers extraits, en revanche, Internet a surtout découvert qu’en juin 1944, on pouvait apparemment déjà dire «t’as fait crasher notre plan.»
L'extrait:
La formule, prononcée par le personnage de Matt Pokora, a immédiatement fait hurler les réseaux sociaux. Comme le souligne un internaute…
Outre un jeu qui pourrait donner davantage envie de ne pas zapper, d’autres s’étonnent de dialogues écrits dans un vocabulaire un peu trop actuel pour une fiction qui se passe en 1944. Exemple encore avec la réplique «toi, t’as cru que je t’avais lâchée», jugée elle aussi un brin trop 21e siècle.
Et tant qu’à regarder l’extrait image par image, les internautes n’ont évidemment pas épargné le reste. La coiffure de M. Pokora a ainsi obtenu sa propre petite polémique. «Le dégradé pour un paysan en 1944, j’ai hurlé», s’est amusé un utilisateur.
Précisons tout de même avant d’envoyer tous les barbiers devant le tribunal de l’Histoire avec un grand H que plusieurs internautes ont rappelé que les coupes courtes et dégradées existaient bien à l’époque. Peut-être pas avec la même tondeuse, mais disons, sur ce point, Matt Pokora est peut-être moins coupable que son coiffeur ne le laisse penser.
Pour «crasher», en revanche, la défense s’annonce un poil (cheveux, poil, vous l’avez? Pardon.) plus compliquée. L’anglicisme existait certes déjà, notamment en lien avec les accidents d’avion, mais son utilisation au sens de «faire échouer un plan» est beaucoup plus contemporaine.
Même «OK», entendu dans l’extrait, a fait tiquer. Là encore, le terme existait depuis longtemps dans le monde anglophone, mais restait très peu répandu en France avant la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Wesh gros, on va faire des drifts avec le tank?
Sur X, les détournements se sont multipliés. Certains imaginent désormais les résistants commenter l’appel du 18 Juin à coups de «dinguerie» et «aura farming», tandis que d'autres attendent déjà que M. Pokora balance son célèbre «Everybody jump up, come on, ELLE ME CONTRÔÔÔÔLE!» avant de sauter en parachute.
Derrière les vannes des internets, qui ne sont manifestement pas prêtes de s'arrêter, le projet repose pourtant sur une intention très sérieuse. L’idée de la fiction a notamment pris forme après une rencontre, en 2022, entre Matt Pokora et Robert Hébras, l’un des derniers survivants du massacre. TF1 explique vouloir raconter «la petite histoire dans la Grande Histoire» et transmettre la mémoire d’Oradour aux jeunes générations.
Reste à voir si, le 24 septembre, les téléspectateurs réussiront à se concentrer sur cette ambition. Ou s’ils passeront la soirée à guetter le prochain «ça marche», «pas de souc’» ou «on se capte après la guerre».
