Il assassine ce film français en direct et c’est très cruel
Jusqu’où peut-on et doit-on aller pour avertir le public qu’un film est un immense désastre? Le débat est sans fin. D'autant qu'il s’agit souvent des longs-métrages les plus populaires qui ont droit aux critiques les plus assassines. De quoi agacer les spectateurs qui ont pris du plaisir. Et de quoi satisfaire l’appétit des passionnés de joie malveillante, lorsque l’avis des spécialistes se montre immensément cruel.
Un exemple mémorable? Astérix aux Jeux olympiques, démonté par les critiques et une bonne partie du public en 2008, mais qui écoulera tout de même plus de trois millions de tickets de cinéma.
En ce début d’année, un autre film français se retrouve littéralement dépecé sans la moindre pitié: Marsupilami, de Philippe Lacheau, sorti ce mercredi.
Le pitch du film?
Marsupilami est typiquement un blockbuster à la française. De ceux qui dépensent un gros tas de pognon et qui alignent les stars prestigieuses pour espérer un retour sur investissement.
Le retour de la bestiole jaune version Philippe Lacheau a coûté près de 30 millions d’euros et largue une lourde cargaison de vieilles gloires pour tenter d’aimanter le public, de Jena Reno, à Jamel Debbouze, en passant par Didier Bourdon et Gérard Jugnot.
Alors... Houba, houba? Pas le moins du monde. Mercredi, les missiles en direction de cette clinquante nouvelle production ne se sont pas fait prier pour siffler au diapason. «Le résultat est affligeant de vulgarité», balance Le Figaro. «Marsupilami ressemble à la pire chose qui soit: une comédie de Philippe Lacheau», largue Les Inrocks. «Philippe Lacheau rate son coup», déclare plus sobrement Télérama. Plus près de chez nous, Le Temps se montre lui aussi implacable.
Une grande salade manifestement imbouffable, gorgée d’adjectifs tous plus négatifs les uns que les autres. Mais il faut se tourner vers la Belgique, patrie de la bande dessinée et d’André Franquin, papa de la peluche surexcitée, pour avoir droit aux critiques les plus agressives. Parmi elles, celle de Hugues Dayez fait actuellement frissonner les réseaux sociaux, tant sa lourde charge contre cette nouvelle adaptation tient quasiment de l’œuvre d’art.
Sur les ondes de la radio publique belge, ce grand spécialiste du cinéma et de la BD (aïe, aïe, aïe) ne s’est pas remis de cette expérience, qu’il compare à «un navet richement doté, une catégorie particulière du navet, c’est du navet très riche». Mais ce n’est rien à côté des balles dont il crible absolument tous ceux qui ont osé participer à ce film, à commencer par son cinéaste, Philippe Lacheau.
Voici les attaques les plus violentes:
Voici la critique dans son intégralité:
Toute cette haine qui vole en escadrille depuis 24 heures est-elle justifiée? A vous de juger, pour autant que vous osiez franchir les portes du cinéma le plus proche. Pourtant, loin des cris d’effroi, un média français (et pas des moindres) fait quasiment cavalier seul. Le Monde considère que «Philippe Lacheau enchaîne les bons mots et les gags à un rythme haletant avec une maîtrise du crescendo».
Ironie du sort, avec Marsupilami, le cinéaste et présentateur de LOL: qui rit, sort se retrouve aujourd’hui dans la même situation que Frédéric Forestier et Thomas Langmann, les réalisateurs du tristement célèbre Astérix aux Jeux olympiques. Pourquoi? Ces deux adaptations défoncées par la critique ont été précédées d’une version qui, elle, confine au génie et réalisée par notre maître à tous... Alain Chabat: Sur la piste du Marsupilami et l’inoubliable Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre.
Morale de l’histoire? Surtout ne jamais tenter de succéder à Alain Chabat.
