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«Berlin»: la série Netflix qui fait pire que «Emily in Paris»

Berlin est de retour avec une équipe dont il est le seul à avoir un nom de ville.
Berlin est de retour avec une équipe dont il est le seul à avoir un nom de ville.Image: Netflix

On a vu «Berlin» et c'est presque aussi mauvais que «Emily in Paris»

Netflix a jugé bon de produire un spin-off sur un des personnages de sa série La casa de Papel. Une série qui exploite avec talent tous les défauts de son ainée et qui laisse un arrière-gout de Sangria en berlingot.
09.01.2024, 19:0310.01.2024, 12:48
Sainath Bovay
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Berlin in Paris, cela aurait pu être le titre de la dernière production hispanique de Netflix. Ce spin-off de la série à succès La casa de Papel fait le choix de raconter le précédent casse de Berlin, un personnage extravagant et égocentrique toujours campé avec un certain charisme par l'acteur Pedro Alonso qui compte faire son larcin dans la capitale française.

On se souvient du plaisir coupable à la découverte en 2017 de La casa de Papel, une série qui sur le papier fonctionnait brillamment sur une saison. Malgré ses grosses ficelles et ses artifices tout droit venus des télénovelas (ces soaps espagnols qui défient toute logique), la série s'avérait véritablement addictive avec des cliffhangers dont la devise semblait être : «plus c'est gros, plus ça passe». Une série de braquages dont les plans millimétrés du Professeur étaient mis à mal par certains imprévus et surtout pas les mauvaises décisions de sa galerie de personnages, aussi attachants qu'insupportables.

Evidemment, lorsque le succès fût, il était inévitable pour Netflix d'épuiser le filon jusqu'à saturation, offrant ainsi plusieurs parties, et même une adaptation coréenne. Mais si on pensait que la corde était usée, c'était mal penser de l'Espagnol Álex Pina (White Lines, Sky Rojo). Le show runner de La Casa de Papel est visiblement capable de sortir des tas de scénarios de son chapeau avec une rapidité déconcertante puisqu'il en est déjà à sa quatrième série pour la plateforme au grand N.

La bande-annonce 👇

Vidéo: youtube

Mêmes ingrédients, mêmes défauts

C'est donc six ans après la série d'origine que Berlin débarque avec son propre spin-off alors que personne ne l'attendait au tournant. Ainsi, Berlin met en scène son personnage qui décide de se lancer dans l'ambitieux casse d'une maison de vente aux enchères pour se remettre de son mariage raté (logique).

C'est une référence aux Beatles si c'est pas assez flagrant.
C'est une référence aux Beatles si ce n'est pas assez flagrant.Image: Netflix

Quoi de mieux donc que Paris, capitale de l'amour, pour réparer les cœurs brisés, surtout lorsqu'il s'agit de mettre la main sur 44 millions d’euros de bijoux en une seule nuit ?

Et autant dire que de l'amour, vous allez en manger, puisque les relations sont au cœur de l'intrigue, que ce soit pour Berlin qui jette son dévolu sur l'épouse de l'homme qu'il compte voler, ou encore pour les membres de l'équipe qui vont connaitre romances et ruptures. En effet, passé un épisode d'introduction qui pose les bases, il n'en faudra pas plus à chacun pour que l’exploration des sentiments prenne complètement le pas sur l’intrigue, quitte à nous faire parfois oublier que l'on est devant une série de gangsters.

Une équipe qu'on pourrait surnommer : « Les bras cassés ».
Une équipe que l'on pourrait surnommer : «les bras cassés». image: netflix

Une nouvelle équipe qui remplace évidemment l'ancienne, avec des personnages construits sur les mêmes archétypes que les précédents, avec des ersatz de Denver et de Tokyo. Chaque personnage correspond à un stéréotype bien précis: entre la technogeek introvertie, le bad-boy benêt et séducteur, la femme fatale qui ouvre son cœur et le vieux briscard en plein divorce, tout y est. L'intrigue est construite de manière à créer plusieurs binômes et ainsi construire une romance entre chacun, ce qui donne à Berlin un arrière-goût de télé-réalité sur laquelle on ne va pas trop s'étaler de peur de donner des idées à Netflix.

Dans cette formule romantique digne des meilleures télénovelas, la série intègre bien évidemment d'ingénieux plans formulés autour de maquettes en carton, ainsi que des moments de suspens censés nous tenir en haleine et autres pirouettes scénaristiques, qui, à moins d'avoir la naïveté d'un enfant de 10 ans, peinent à nous surprendre.

Regardez plutôt ce film, c'est beaucoup mieux…

Bref, si vous êtes là pour voir une série sur un braquage audacieux, avec des plans techniques et un véritable jeu du chat et de la souris avec la police, comme le faisait si bien la série ainée, autant dire qu'il y a de quoi tenir un épisode. Au-delà, Berlin se résume par six longues heures de dramas sentimentaux. Voilà qui donne plutôt l'impression d'assister à un crossover avec Emilie in Paris, bien aidé par une image très carte postale de la capitale.

Les boules de Berlin

Pedro Alonso est un acteur charismatique et talentueux, à n'en point douter. Son personnage dans La casa de Papel était si marquant que les scénaristes sont allés jusqu'à le faire revivre dans des flash-back lors de la seconde saison, c'est dire. Berlin avait toute sa place dans une série où le personnage central était le Professeur, créant ainsi une balance nécessaire dans la relation fraternelle entre ces deux hommes que tout oppose.

Une combinaison qui visiblement ne protège pas de la bêtise.
Une combinaison qui visiblement ne protège pas de la bêtise.Image: Netflix

Cependant, sans son frère pour le contrebalancer, Berlin n'est ici qu'un simple criminel égocentrique doublé d'un romantique obsessionnel qui peine à convaincre en cerveau d'équipe puisque tous ses choix sont dictés par l'impulsivité. Il passera donc la moitié du temps isolé du reste du groupe, à courtiser la belle Camille qui n'a de Français que le nom, laissant son équipe faire le travail.

De plus, les noms de villes n'étant pas utilisés dans l'intrigue pour chacun des personnages, on se demande bien pourquoi Berlin s'appelle «Berlin».

« Il va falloir, pajer! »

Malgré son côté guimauve et romantique, Berlin reste l'héritière de La casa de Papel et fait preuve des mêmes atouts que sa grande sœur dans ce qu'elle faisait de mieux en usant de Deus ex machina. Un terme issu de la dramaturgie qui pourrait se traduire par : «Ta gueule, c'est magique !». Ainsi, la proportion d’événements improbables qui surviennent pour les seuls besoins du scénario fait disparaitre le moindre élément de crédibilité.

On va plutôt revoir «Oppenheimer»

Comble du visionnage pour les spectateurs francophones adepte de la VO: la série n'étant pas intégralement tournée à Paris, certains acteurs sont des Espagnols à qui l'ont fait réciter des répliques en français. Comment ne pas rire lorsqu'un gardien parisien commande une pizza dans une langue de Molière où les «R» sont roulés et qu'un des braqueurs la lui livre en lui demander d'être «pajer» à la place de dire «payer».

Un détail cependant dans un océan de lacunes, les mêmes qu'on pouvait retrouver dans la série originale - mais sans vraiment pouvoir bénéficier de la qualité de cette dernière. On restera sur une réalisation plutôt propre, sublimant un Paris qui n'existe nulle part ailleurs que sur Netflix. C'est à se demander si le véritable braquage n'est pas celui des heures que l'on a perdues à regarder cette purge.

Les 8 épisodes de Berlin sont disponibles sur Netflix.

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