La tenue de Bad Bunny était pleine de symboles
Bad Bunny restera dans les souvenirs comme le maître incontesté des contrastes, lors de cette mi-temps légendaire du Super Bowl. Un show caliente et des messages politiques à gogo. Un doux baiser pour sceller des noces avant le show explosif de Lady Gaga. Une authenticité à fleur de peau mêlée au plus grand événement sportif et marketing des Etats-Unis. Une mi-temps entièrement chantée en espagnol, une première historique, dans un contexte social toujours plus tendu au pays de l'Oncle Sam.
Mais l'un des plus grands décalages est à chercher dans la tenue de l'artiste de 31 ans lui-même: celui-ci avait opté pour un look étonnamment sobre d'une marque ultra-accessible et populaire, de couleur crème. Celle-ci était accordée à une montre suisse en or, dont la valeur dépasse les 60 000 boules. Un choc thermique de prestige. Or, bien entendu, rien, dans ces choix, n'est dû au hasard.
Du Zara terre à terre
Pour son grand moment sur la scène du Levi’s Stadium de Santa Clara en Californie, Bad Bunny aurait pu opter pour une création de Schiaparelli, comme lors des Grammy Awards, ou une tenue excentrique d'un autre créateur de luxe - c'est, d'ailleurs, ce à quoi tout le monde s'attendait. Mais, au contraire, le chanteur a débarqué tout de Zara vêtu.
Bad Bunny just made Super Bowl history wearing Zara
— Complex Style (@ComplexStyle) February 9, 2026
His head-to-toe cream look was designed by Zara and styled by Storm Pablo and Marvin Douglas Linares pic.twitter.com/RprOqtBjhB
De façon détaillée, Bad Bunny portait une chemise à col et une cravate surmontées d’un maillot de sport, ainsi que d’un chino. Sa paire de baskets a été conçue en collaboration avec Adidas, tandis que l’ensemble a été réalisé par Zara, puis «stylisé par ses collaborateurs réguliers, Storm Pablo et Marvin Douglas Linares», nous apprend le média Madame Le Figaro.
Un choix que d'aucuns jugeront «cheap» et «lambda» au possible, mais qui, pourtant, cachait son petit lot de symboles. Après tout, quoi de mieux que la mode pour rappeler d'où l'on vient et à qui l'on doit allégeance, comme Kendrick Lamar et son pantalon «flare» rappelant la mode «Chicano» et le style «Lowrider» de la côte Ouest, lors de la mi-temps du Super Bowl 2025.
Avec son ensemble Zara, Bad Bunny a, de son côté, tenu à rendre hommage à ses racines latines et familiales.
Au dos de son maillot était inscrit le mot «Ocasio», son véritable nom de famille. Sur le devant apparaissait le nombre 64. Certains y ont vu une référence à l'année de naissance de sa mère, Lysaurie Ocasio, née en 1964. Plus tard dans la soirée, un deuxième look signé Zara a également fait son apparition, avec, notamment, un blazer croisé crème.
En choisissant le détaillant espagnol Zara, Bad Bunny semblait vouloir encore une fois renforcer son message identitaire, au diapason de son show interprété entièrement en langue espagnole.
Ses choix soigneusement étudiés démontrent également une véritable liberté de ton à laquelle il tient plus que tout. L'artiste avait notamment déclaré à Vogue US, en décembre 2025 : «Je n’aime pas quand j’ai l’impression de ne pas m’être habillé moi-même».
De la fast-fashion qui fait grogner
Ce choix détonnant n'a, cependant, pas plu à tout le monde. Le journaliste mode Matthieu Bobard Deliere regrette, par exemple, que l'artiste ait opté pour de la fast-fashion, réputée pour faire des dommages considérables à l'environnement. «Il aurait pu choisir un créateur portoricain pour mettre en avant son pays, lui qui en est si fier. Mais il y a forcément une histoire de gros sous derrière, c'est évident», a-t-il asséné.
Sur les réseaux, les réactions sont au contraire plutôt chaleureuses. En réponse, le coiffeur et influenceur Nicolas Waldorf opine:
Quoi qu'il en soit, qu'on apprécie ou pas, Bad Bunny est resté gentleman jusqu'au bout. Selon Hellomag, les employés du QG de Zara ont reçu une gentille note du Portoricain, qui a remercié l'équipe pour son soutien et sa créativité:
Une montre Audemars Piguet à plus de 60 000 francs
Bon, assez parlé de fast-fashion, et passons au plat de résistance, plus que luxueux. Pour accompagner sa deuxième tenue, Bad Bunny a opté pour une montre suisse en or 18 carats, de la marque Audemars Piguet. Et rien de subtil ou de sobre pour l'occasion: il s'agit d'un garde-temps d'une valeur de 75 700 dollars (environ 65 500 francs suisses), une Royal Oak d'Audemars Piguet en or jaune, selon le média QG.
La montre en question
V'là aut' chose! Pas de monochrome discret ni de pièce liée au prêt-à-porter de masse, comme le décrypte en détail GQ:
Bad Bunny n'a pas résisté à la tentation de taper dans l'unique et l'exclusivité haut de gamme. Une façon, peut-être, de rappeler à tout le monde subtilement, que, malgré les controverses et les nombreuses attaques dont il est la cible, il pèse son poids en or dans le game.
Oui, il œuvre à travers sa musique pour que les peuples se rassemblent. Oui, il s'en prend plein la tête de la part de la frange conservatrice américaine. Mais, avec sa montre hors de prix, qui contraste violemment avec son ensemble Zara, Bad Bunny a aussi voulu remettre les pendules à l'heure: il est aujourd'hui l'une des plus grandes stars de la planète. Il a accès au luxe ultime: ne plus rien avoir à prouver avec des costumes à 10 000 francs, tout en agitant le trophée ultime de l'ascension sociale, typique du bling hip-hop, à son poignet.
Bad Bunny n'a plus de temps à perdre avec ses détracteurs: il maîtrise les codes et s'en défait à sa guise. Avec ce mariage entre le populaire et l'élitiste, il nous a rappelé cette nuit que chaque minute de sa présence vaut de l'or. Et il était, cette fois encore, parfaitement à l'heure.
