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Trump étrangle les républicains, 4 exemples qui le prouvent

Trump erstickt seine eigene Partei. Bild zeigt US-Präsident Donald Trump wie er in seiner Faust den Elefanten auf dem Logo der G.O.P. zerdrückt
Image: watson/keystone
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Trump étrangle son propre parti

Même chez les républicains, la résistance commence désormais à s’organiser face à Donald Trump. Voici quatre exemples qui prouvent un retournement au sein de son parti.
27.05.2026, 18:5827.05.2026, 18:58
Philipp Löpfe
Philipp Löpfe

Ken Paxton n’est pas exactement un homme irréprochable. Le procureur général du Texas a été inculpé, visé par une procédure d’impeachment et il tromperait également sa femme. Il a été accusé d’avoir escroqué des investisseurs et ses propres collaborateurs l’ont dénoncé au FBI, l’accusant d’avoir favorisé illégalement ses donateurs. Des membres de son propre parti, le Grand Old Party (GOP), ont tenté de le destituer par impeachment, sans succès.

Rien de tout cela n’a vraiment atteint Paxton, les républicains supportant très bien que leurs dirigeants se soucient peu de la loi et de la Constitution. Dans ce contexte, il n’est guère surprenant que Donald Trump ait soutenu Paxton lors des primaires républicaines pour un siège au Sénat, au détriment du sénateur sortant John Cornyn.

FILE - President Donald Trump walks with Texas Attorney General Ken Paxton, left, at Austin-Bergstrom International Airport in Austin, on Wednesday, Nov. 20, 2019. (AP Photo/Evan Vucci, File)
Donald T ...
Des âmes sœurs: Ken Paxton et Donald Trump.Image: keystone

Mais cette fois, Trump semble toutefois être allé trop loin. Même des soutiens inconditionnels du président se disent indignés, à l’image de Ron Johnson. «Quelqu’un a qualifié cela de faute galactique, et je pense qu’il a raison», a affirmé le sénateur du Wisconsin. Cynthia Lummis, sénatrice républicaine du Wyoming, s’est quant à elle dite tout simplement «très triste».

Et les républicains ont toutes les raisons de l’être. En soutenant Paxton, Trump a accru la probabilité que les démocrates remportent pour la première fois depuis des décennies un siège de sénateur au Texas. Avec James Talarico, les démocrates disposent d’un représentant jeune et charismatique qui pourrait réellement y parvenir.

Talarico ne pourra être stoppé – si tant est que cela soit possible – qu’à coups de moyens financiers massifs. Selon plusieurs initiés, il faudra au moins 100 millions de dollars pour propulser Paxton au Sénat. Cet argent manquera ensuite aux candidats républicains dans d’autres Etats.

Le soutien à Ken Paxton n’était que le premier coup porté par Trump au parti républicain. Le deuxième est son fonds destiné à acheter des silences, doté d’environ 1,8 milliard de dollars. Juridiquement, ce fonds défie toute description, et le fait que Trump ait non seulement gracié collectivement les assaillants du Capitole, mais leur promette désormais aussi des compensations à six chiffres, indigne, même parmi les républicains.

Sen. Tom Cotton, R-Ark., speaks to reporters following a classified briefing for top congressional lawmakers overseeing national security as they investigate how Defense Secretary Pete Hegseth handled ...
Tom Cotton est très critique avec Trump..Image: keystone

Tom Cotton, sénateur très conservateur de l’Arkansas, s’est ainsi agacé:

«Qui peut penser que c’est une bonne idée? Qui a imaginé un tel timing?»

Thomas Tillis, sénateur républicain de Caroline du Nord, est allé encore plus loin en dénonçant «une récompense pour des voyous» et «une absurdité monumentale». Notons que ce dernier ne se représente plus et peut donc se permettre de s’opposer au président.

Ensuite, Trump inflige un troisième revers à son propre parti avec sa politique erratique envers l’Iran. Son dernier plan de paix – depuis abandonné – est un désastre politique. Même Ted Cruz, le tenant de la ligne dure au Texas, l’a qualifié d’erreur catastrophique, estimant qu’il permettrait à l’Iran «de continuer à enrichir de l’uranium, à développer des armes nucléaires et à contrôler le détroit d’Ormuz».

Lindsey Graham, fidèle soutien de Trump et partisan d’une ligne interventionniste, s’est lui aussi dit consterné. Même si les forces armées étasuniennes viennent de mener plusieurs frappes contre l’Iran malgré le cessez-le-feu, celles-ci restent surtout symboliques. «Personne ne croit que Trump veut encore déclencher une véritable guerre», constate l’historien Robert Kagan dans The Atlantic, qualifiant sans détour le véritable objectif du président de «capitulation».

Le quatrième coup porté par Trump à son camp concerne l’interminable affaire des Epstein Files. Les démocrates ont désormais popularisé l’expression «classe Epstein» et comptent l’exploiter jusqu’à l’épuisement pendant la campagne électorale. Trump leur a d’ailleurs offert un argument de premier ordre en déclarant lors d’une interview que la situation financière des Américaines et des Américains «ne m’intéresse absolument pas».

Rep. Thomas Massie, R-Ky., gives a thumbs-up on stage during an election night watch party after losing the Republican party's nomination at the Marriott Cincinnati Airport, Tuesday, May 19, 2026 ...
Thomas Massie: déchu, mais toujours heureux.Image: keystone

Les démocrates peuvent ainsi associer deux figures repoussoirs: les pédophiles et les ultra-riches. Trump a enfin dit la vérité, affirme d’ailleurs Jim McGovern, élu démocrate du Massachusetts, dans le Financial Times:

«Les milliardaires de la classe Epstein défendent leurs propres intérêts, et ce sont eux qui signent les chèques des campagnes électorales. Eux se portent à merveille, mais pour tous les autres habitants du pays, l’économie de Trump est une catastrophe.»

Trump est ainsi parvenu à retourner contre lui plusieurs de ses anciens alliés les plus proches. Le représentant Thomas Massie, battu lors de ses primaires à cause de Trump, attaque désormais le président et ses soutiens milliardaires dans le podcast de Tucker Carlson. «Ce sont ces gens qui ont désormais l’oreille du président. Ce sont les milliardaires, et ce sont aussi les personnes dont les noms apparaissent dans les Epstein Files.» Des critiques similaires émergent également chez son ancienne alliée Marjorie Taylor Greene ou chez des podcasteurs influents comme Joe Rogan et Megyn Kelly.

A cela s’ajoute une colère croissante face à la corruption sans limites du clan Trump et aux fantasmes de toute-puissance du président, qui semble désormais ne plus s’intéresser qu’à ses projets de prestige personnels – salle de bal, arc de triomphe, etc. Le fait que son état de santé rappelle désormais celui de son prédécesseur et qu’il a déjà dû subir un troisième examen médical n’arrange rien.

Tout indique dès lors que même le gerrymandering, c’est-à-dire le découpage arbitraire des circonscriptions électorales, et toutes les manœuvres douteuses imaginables, ne suffiront pas à empêcher une victoire démocrate lors des prochaines élections de mi-mandat. (trad. hun)

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source: corbis news / view press
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