La santé de Trump interroge: «J'ignore comment il est encore en vie»
Une fois de plus, la santé du président américain fait parler d'elle: mardi, Donald Trump a effectué sa troisième visite médicale de contrôle. Le rendez-vous annuel à l'hôpital militaire Walter Reed, au nord de Washington, n'a en soi rien d'inhabituel à un détail près: Trump est le président américain le plus âgé à avoir pris ses fonctions.
A cela s'ajoute le fait que, ces derniers mois, il a alimenté les spéculations en apparaissant avec des bleus et en s'assoupissant lors de ses déplacements publics.
Des observations qui questionnent
La santé et la forme physique de Donald Trump constituent un élément central de son identité politique, notamment parce qu'il ne cesse lui-même de mettre ce sujet en avant. Lors de la campagne électorale de 2023 et 2024, il a particulièrement insisté sur son énergie, en comparaison avec l'ex-président Joe Biden, qu'il surnommait «Sleepy Joe».
L'expression «Sleepy Don» s'est désormais répandue sur internet, l'actuel président s'endormant régulièrement lors de conférences de presse devant les caméras.
En règle générale, les communiqués du bureau de presse de la Maison-Blanche se ressemblent toujours: Donald Trump est «en excellente santé» et, selon le rapport médical officiel, «en extraordinaire bonne santé». Ces affirmations seraient en grande partie crédibles sans internet et les images des jambes enflées de Trump et de ses ecchymoses sur ses mains qu'on y trouve. Ces dernières ont par ailleurs souvent été dissimulées sous un fond de teint épais et voyant.
Trump a expliqué la présence de ses ecchymoses par la fréquence de ses poignées de main. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a également invoqué des médicaments anticoagulants. Comme la Maison-Blanche l'a communiqué à la suite d'un examen complémentaire il y a environ un an, Trump souffre en outre d'une insuffisance veineuse chronique, c'est-à-dire une maladie des veines des jambes qui touche principalement les personnes âgées.
Plus sain qu'Obama et Bush
Trump fêtera ses 80 ans le 14 juin, mais cela ne l'empêche pas, avec son équipe, d'évoquer son état de santé comme s'il était un sportif professionnel au sommet de sa carrière. Ainsi, le républicain affirme que le médecin de son premier mandat à la Maison-Blanche lui aurait dit qu'il était en meilleure santé que ses prédécesseurs Barack Obama et George W. Bush. Ces deux-là étaient sensiblement plus jeunes lors de leur entrée en fonction et faisaient régulièrement du sport. Le programme d'entraînement de l'homme de 79 ans se limite actuellement au golf, avec caddie et voiturette.
Ses habitudes alimentaires ressemblent en revanche davantage à celles d'un adolescent qu'au régime d'un homme adulte en bonne santé. Le ministre de la santé, Robert F. Kennedy Jr., a avoué dans un podcast que Trump mangeait «vraiment mal, du McDonald's, des sucreries et du Diet Coke. Il boit constamment du Diet Coke.» Il a également plaisanté:
Les prétendus bons résultats de Trump aux tests cognitifs, comprenant notamment un test de dépistage de la démence, sont également régulièrement présentés par le président américain comme une preuve de sa forme. En février, il a répété qu'un médecin lui aurait dit qu'il était «l'être humain le plus sain qui soit».
Cette affirmation est soutenue par ses collaborateurs, qui parlent régulièrement de l'énergie du président, lequel travaillerait même le samedi.
Un manque de transparence
Aux Etats-Unis, il est de tradition dans le monde politique que les présidents rendent régulièrement compte publiquement de leur état de santé. Il ne s'agit cependant pas d'une obligation légale.
Après son dernier examen à l'hôpital militaire Walter Reed en octobre, Trump était non seulement en parfaite santé selon son médecin personnel, mais en nettement meilleure forme que ne le laisserait supposer son âge. Le médecin du président Sean Barbabella était alors parvenu à la conclusion que le républicain avait le cœur et le système vasculaire d'un homme de 65 ans.
Les détracteurs de Trump font valoir que les publications concernant la santé du président américain contiennent souvent des formules flatteuses, et peu de faits vérifiables de manière indépendante. Trump a en partie donné raison à ces critiques mardi. Au terme de sa visite médicale, il a écrit sur le réseau Truth Social:
Parallèlement, la Maison-Blanche réagit de plus en plus vivement aux rumeurs concernant la santé de Trump. Après que des spéculations sur une nouvelle hospitalisation du président avaient circulé en avril (car Trump n'avait pas été vu en public pendant plusieurs jours), le gouvernement a publié un «Wall of Shame» numérique, sur lequel figuraient les influenceurs, journalistes et médias ayant propagé ou relayé ces rumeurs.
