Liberté de la presse: Le Pentagone se fait taper sur les doigts
Un juge fédéral américain a bloqué vendredi la nouvelle politique du Pentagone limitant l'accès de la presse. Celle-ci s'était soldée par le retrait des accréditations de la plupart des grands médias.
Saisi par le New York Times en décembre, un juge a conclu qu'une bonne partie de cette nouvelle politique en matière d'accréditations «viole» plusieurs amendements à la constitution américaine, notamment le premier, garantissant la liberté d'expression.
Le ministère de la défense n'a pas réagi dans l'immédiat, mais devrait faire appel de cette décision.
Dans un document publié en octobre et presque unanimement rejeté par la presse américaine et internationale, dont l'AFP, le ministère de la défense demandait aux journalistes accrédités de ne plus solliciter ni publier certaines informations sans autorisation explicite de sa part, au risque de perdre leur accréditation. Le juge écrit dans sa décision:
Il ajoute:
«Le tribunal est conscient que la sécurité nationale doit être protégée, de même que la sécurité de nos troupes et les plans de guerre», explique le magistrat. Il souligne:
Il a ordonné au Pentagone de rendre immédiatement à sept journalistes du New York Times l'accréditation dont ils bénéficiaient avant la mise en oeuvre de cette politique en octobre.
Ces nouvelles mesures s'inscrivent dans une offensive plus large, menée depuis le retour à la présidence des Etats-Unis de Donald Trump, restreignant l'accès des journalistes au Pentagone – le premier employeur du pays avec un budget annuel de plusieurs centaines de milliards de dollars.
Dans les mois précédents, le ministère de la défense a délogé de leurs bureaux dédiés au Pentagone huit médias, dont le New York Times, le Washington Post et CNN. Le ministère a également restreint les déplacements des journalistes à l'intérieur du bâtiment du Pentagone, en leur imposant d'être escortés en dehors d'un nombre limité de zones. (ats/afp)
