L'administration Trump porte plainte contre Harvard
Donald Trump a lancé une offensive contre les grandes universités américaines. Le président les accuse de laisser le champ libre sur leurs campus aux mouvements de soutien aux Palestiniens face à l'offensive israélienne dans la bande de Gaza, qu'il assimile à des manifestations antisémites, ou, plus généralement, d'être des foyers de contestation progressiste.
«Les enseignants et la direction de Harvard ont fermé les yeux sur l'antisémitisme et la discrimination envers les juifs et les Israéliens», affirme vendredi le ministère de la Justice, qui avait engagé en février une procédure similaire contre l'université publique de Californie.
«Harvard a laissé des manifestants anti-Israël occuper ses bibliothèques. Harvard a laissé perdurer un campement anti-israélien pendant 20 jours en violation de la politique de l'université», ajoute-t-il dans sa plainte déposée devant un tribunal de Boston (nord-est des Etats-Unis).
Milliards en jeu
L'administration Trump demande au tribunal de déclarer Harvard en violation de son contrat avec l'Etat fédéral et en conséquence de le libérer de ses obligations de lui verser les «milliards» de fonds fédéraux et d'exiger la restitution de ceux déjà versés.
«Harvard se soucie profondément du sort de notre communauté juive et israélienne et reste déterminée à garantir que ses membres soient pleinement acceptés et respectés et puissent s'épanouir sur notre campus», a réagi l'université dans un communiqué, rappelant sa politique active de lutte contre l'antisémitisme et toute forme de harcèlement ou de discrimination.
«Nous continuerons à faire de ce travail important une priorité tout en défendant l'université contre cette procédure, qui constitue un prétexte et une nouvelle action de représailles pour notre refus de céder le contrôle de Harvard à l'Etat fédéral», ajoute-t-elle.
Résistance
Il s'agit de la dernière salve en date dans l'offensive de l'administration Trump visant la plus ancienne université américaine, qui a pris la tête de la résistance à sa volonté de contrôler les recrutements, le contenu des programmes ou encore les orientations des universités dans le domaine de la recherche.
En septembre dernier, une juge fédérale saisie par Harvard avait ordonné l'annulation du gel par le gouvernement des 2,6 milliards de dollars de subventions fédérales à l'université.
Donald Trump s'était alors dit proche d'un accord aux termes duquel Harvard payerait environ 500 millions de dollars, destinés à ouvrir des écoles professionnelles. Mais en février, il a changé de ton, annonçant sur son réseau Truth Social réclamer désormais à Harvard un milliard de dollars de dommages et intérêts.
Cette annonce, qui ne s'était pas immédiatement traduite en actes, faisait suite à un article du New York Times affirmant que le président américain avait renoncé à sa demande initiale d'obtenir plusieurs centaines de millions de dollars de la part de Harvard, face à la résistance opposée par l'université. (sda/ats/afp)
