Tuerie à Minneapolis: le profil du tireur se précise
Le suspect de 23 ans a agi seul, a précisé Brian O'Hara, le chef de la police de Minneapolis, lors d'une conférence de presse. Il était porteur de trois armes à feu et s'est suicidé sur le lieu de l'attaque.
De l'extérieur, il a tiré à travers les vitraux sur des dizaines d'écoliers qui assistaient à une messe pour célébrer leur rentrée scolaire, deux jours après la reprise des cours. Selon les enquêteurs, il a tiré à des dizaines de reprises en utilisant ces deux fusils et un pistolet. Des armes acquises «légalement», selon la police.
«Puis j'en ai entendu un autre. Je me suis jeté sous le banc et j'ai couvert ma tête». L'un de ses camarades, a-t-il poursuivi, l'a «sauvé» en s'allongeant sur lui. Et il «a été touché». Des images en direct ont montré des parents paniqués venant chercher leurs enfants dans un imposant déploiement policier.
Les deux enfants morts avaient 8 et 10 ans. Les victimes blessées par balle, 14 enfants âgés de 6 à 15 ans et trois paroissiens de plus de 80 ans, devraient survivre à leurs blessures, selon Brian O'Hara.
Le profil du tireur
Le FBI a ouvert une enquête pour «acte de terrorisme intérieur» et «crime motivé par la haine anticatholiques», a annoncé Kash Patel, patron de l'agence.
Les enquêteurs ont identifié la personne qui a tiré les coups de feu comme Robin Westman, une femme transgenre de 23 ans, qui selon les médias américains avaient fréquenté l'école comme élève.
Selon les enquêteurs, Westman a fait feu à des dizaines de reprises en utilisant deux fusils et un pistolet, à travers les vitraux de l'église de l'Annonciation. Ses armes avaient été acquises «légalement».
Robin avait préparé un manifeste qui devait être diffusé ultérieurement sur YouTube avant d'être «retiré» par la police. Deux vidéos, publiées mercredi matin et supprimées depuis, montrent quelqu'un feuilletant des dizaines de pages de notes datant de plusieurs mois, qui semblent contenir des gribouillis d'armes, des doigts d'honneur et des insultes. On y trouve également des références répétées à des meurtres.
Les vidéos, qui montrent des journaux manuscrits et une exposition d'armes de grande puissance, dressent le portrait d'une personne avec une vision décousue et profondément nihiliste, selon les analyses des forces de l'ordre et d'ABC News.
Les écrits dans les carnets et sur les armes à feu, qui sont rédigés dans un mélange d’alphabet cyrillique, d’anglais et d’autres langues, indiquent une série de griefs, de colère et d’idées de préjudice envers soi-même et envers les autres. Les écrits semblent également contenir des références explicites à d’autres fusillades et tireurs dans des écoles très médiatisées.
Selon ABC News, une page entière d'un carnet présente une vue aérienne, dessinée à la main, de l'intérieur d'une église avec ses bancs. Le dessin semble illustrer l'agencement intérieur de l'église de l'Annonciation. Dans l'une des vidéos, le tireur fait référence à une dépression personnelle et s'excuse auprès des membres de sa famille, indique encore la chaîne.
Cet ancien élève de l'établissement a été identifié comme étant «Robin Westman, un homme né sous le nom de Robert Westman», selon Kash Patel. Des documents judiciaires de 2019-2020, consultés par l'AFP, font état d'un changement de prénom, de Robert à Robin, de cette personne née de sexe masculin mais s'identifiant comme une femme.
C'est la mère de Robin Westman, Mary Grace Westman, qui a déposé cette requête pour changer le nom de son enfant en novembre 2019. Un juge l'a acceptée en janvier 2020. «L'enfant mineur s'identifie comme une femme et souhaite que son nom reflète cette identification.» A l'époque, Robin Westman avait 17 ans.
«Nous avons la confirmation que le tireur était un homme qui se disait transgenre», a quant à elle écrit Kristi Noem, la ministre de la Sécurité intérieure, évoquant un «monstre taré». L'administration Trump mène depuis des mois une offensive contre les politiques favorables aux personnes transgenres.
Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, a de son côté condamné les attaques contre les personnes transgenres et l'instrumentalisation par l'extrême droite américaine de la tuerie. Des centaines de personnes se sont rassemblées mercredi soir en banlieue de Minneapolis pour une veillée en hommage aux victimes. (mbr/ats)
