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Le tireur du gala de Washington a écrit un manifeste, le voici

Dix minutes avant l’attaque à Washington, le suspect a envoié un manifeste à sa famille, dévoilant une cible politique et des motivations radicales.
Le tireur du gala était diplômé d'une prestigieuse université.Image: montage watson

«Pourquoi j'ai fait ça»: le tireur du gala s'explique dans un manifeste

Juste avant son acte manqué, l'assaillant du dîner des correspondants de la Maison-Blanche a envoyé un manifeste à ses proches dans lequel il explique ses motivations. Extraits.
27.04.2026, 09:5527.04.2026, 09:55
Nico Conzett
Nico Conzett

A la suite de son attaque lors du dîner des correspondants de la Maison-Blanche, les informations concenant Cole Tomas Allen, l'assaillant du Hilton de Washington, ont été révélées peu après son arrestation,

Ce jeune Californien a 31 ans, il a étudié le génie mécanique à la prestigieuse université de Caltech et a travaillé comme professeur particulier ainsi que comme développeur indépendant de jeux vidéo et d’applications.

Les autorités ont rapidement rendu son identité publique, et c'est son profil LinkedIn qui a notamment permis d’en savoir plus sur ses origines et son parcours professionnel.

Les motivations de l’assaillant, en revanche, sont restées floues dans un premier temps. Un manifeste, mentionné dans des déclarations par Donald Trump et d’autres responsables, apporte désormais de nouveaux éléments. Le document montre clairement que le suspect visait des membres du gouvernement américain.

Son authenticité est toutefois encore en cours de vérification. Le ministre de la Justice Todd Blanche avait déjà indiqué dimanche soir que tout portait à croire que l’attaque visait des représentants de l’Etat.

Une lettre d'excuses et d'adieu

Le manifeste aurait été envoyé à sa famille seulement dix minutes avant l’attaque à Washington. Le New York Post a publié l’intégralité du document. Le texte est parfois confus, mais laisse peu de doutes sur les intentions de l’auteur.

Cole Tomas Allen y commence par présenter ses excuses à des membres de sa famille, des amis et des personnes rencontrées lors de son déplacement à Washington, pour les mensonges qu’il leur a racontés sur son absence.

Il s'explique ensuite:

«Pourquoi je fais ça: je suis un citoyen des Etats-Unis, et ce que font nos représentants ont des conséquences sur moi»

Tout de suite après, il lance sur un ton agressif:

«Je n'ai plus du tout envie de laisser un pédophile, un violeur et un traître salir mes mains avec ses crimes»

L'homme ajoute qu’il n’était déjà plus disposé depuis longtemps à accepter cette situation, mais que c’était sa première occasion d’agir.

Sans citer son nom, on peut en conclure qu'il fait référence à Donald Trump, souvent visé par ce type d’insultes dans le cadre de l'affaire Epstein.

Une liste de personnes à tuer

Il décrit ensuite ses «règles d’engagement» et ses «objectifs». Il désigne comme cible prioritaire des responsables gouvernementaux, «du rang le plus élevé au plus bas, «sauf M. Pathel» , faisant sûrement référence au chef du FBI. Il écrit:

«Secret Service: ce sont des cibles uniquement si nécessaire, et à neutraliser sans les tuer si possible (en clair, j’espère qu’ils portent des gilets pare-balles, parce que viser le torse avec un fusil à pompe fait des dégâts).»

Il en va de même pour la police du Capitole, les membres de la Garde nationale et d’autres employés de la sécurité de l’hôtel. Quant aux convives invités du dîner:

«Absolument pas une cible»

Objections et réponses

Le suspect tente également de répondre à plusieurs objections qu’il anticipe face à son action. Point par point, il liste objection 1, objection 2, etc.

Il invoque des arguments religieux et écrit notamment:

«Tendre l’autre joue lorsque quelqu’un d’autre est opprimé n’est pas un comportement chrétien; c’est de la complicité dans les crimes de l’oppresseur»

Ces passages remettent en question l’interprétation de Donald Trump, qui avait déclaré dimanche sur Fox News que l’auteur «détestait les chrétiens». L'assaillant développe également des arguments plus personnels:

«Objection 3: Tu ne les as pas tous eus.»
«Réponse: Il faut bien commencer quelque part.»
«Objection 4: En tant personne à moitié blanche et moitié noire, tu n'es pas celui qui est censé faire ça.»
«Réponse: Je ne vois personne d’autre prendre le relais.»
«Objection 5: Rends à César ce qui est à César.»
«Réponse: Les Etats-Unis d’Amérique sont gouvernés par la loi, et non par une ou plusieurs personnes. Dans la mesure où les représentants et les juges ne respectent pas la loi, nul n’est tenu de leur céder quoi que ce soit qui aurait été ordonné illégalement.»

Il s'était préparé

Selon les informations de la Maison-Blanche, une sœur de Cole Tomas Allen a indiqué qu’il avait tendance à tenir des propos radicaux lorsqu’il était impliqué dans des cercles de la gauche à Los Angeles. Il se serait procuré des armes et aurait suivi plusieurs entraînements dans un stand de tir.

Le manifeste prend par moments la forme d’une lettre d’adieu. Allen y remercie de nombreuses personnes, en précisant qu’il ne pourra probablement plus leur parler. Il ajoute entre parenthèses:

«A moins que le Secret Service ne soit d’une incompétence remarquable»

Il conclut en adressant des remerciements à ses proches, «tant ma famille privée que ma famille d’Eglise, pour votre amour au cours des 31 dernières années», ainsi qu’à ses amis, collègues et élèves. Il signe le document Cole «coldForce» et «Friendly Federal Assassin» (en français «assassin fédéral amical»).

Dans un post-scriptum, il s’étonne encore des mesures de sécurité trop légères lors de la soirée («Mais qu’est-ce que fait le Secret Service?»).

Il dit s’attendre à des caméras à chaque coin, des chambres d’hôtel sur écoute, des agents armés tous les trois mètres et des détecteurs de métaux «à profusion». Il affirme n’avoir rien vu de tout cela et être entré à l’hôtel avec plusieurs armes sans que personne ne le soupçonne.

Selon lui, les dispositifs de sécurité de l’événement se concentraient uniquement sur l’extérieur et sur les manifestants arrivant sur place. Personne n’aurait envisagé la possibilité qu’un individu s’enregistre la veille.

Il décrit également son état émotionnel juste avant son passage à l’acte. Il dit se sentir mal, avoir la nausée et vouloir pleurer «pour tout ce que je voulais faire et que je ne ferai jamais».

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    Video: watson
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